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N°448 - 09/11/2015

Edito

Connaissez vous Félix Arnaudin, ethnographe et artiste landais (1844-1921) ?
A moins que vous soyez landais ou passionné de photographie, je ne pense pas que vous le connaissiez. Un bel album vient de sortir aux Editions Confluences sur son oeuvres photographique. Je n'écris pas cet éditorial pour vous en faire part, mais pour évoquer la question des langues régionales. Félix Arnaudin a été le témoins d'une double révolution qui a marqué les Landes, plus particulièrement la Grande Lande, à la fin du XIXème siècle : la culture agro-industrielle du pin maritime et l'arrivée du chemin de fer dans son village de Labouhyère. Il a été le témoin de la fin d'une civilisation rurale, agro-pastorale, de ses rites, de ses traditions et de ses paysages. Il a tenté par son travail de sauver de l'oubli cette culture, sa langue, ses histoires et ses chansons, son histoire, son mode de vie...
Sans le savoir, il a été le témoin du début de la fin du parler gascon sur ce territoire. La langue a continué à se parler longtemps encore. J'ai connu une vieille tante qui ne parlait que le gascon dans les années 70. Il reste des locuteurs plus ou moins quotidiens, un ensemble de mots que l'on retrouve mélanger au français courant, et un apprentissage de cette langue dans des écoles (Calendreta) et aussi des poètes qui l'ont magnifiée tel Bernard Manciet. Mais, mais...
Le sénat a donc décidé de ne pas ratifier la charte européenne des langues régionales, promesse 56 du candidat François Hollande. Le débat sénatorial, sous couvert d'élection régional, s'est enferré dans toujours les mêmes piques : risque de communautarisme, atteinte au modèle républicain, respect de la constitution (le français est la langue de la République)...
Les sénateurs, de droite mais pas que, on manqué là une belle occasion de conforté ce qu'ils avaient réussi à inscrire dans la loi NOTRe « le respect des droits culturels énoncés par la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles du 20 octobre 2005. »
Vous allez me dire que j'y reviens souvent...
La question des langues régionales est évidemment un des éléments essentiels de l'expression de la diversité des expressions culturelles. Sans diversité linguistique le risque d'uniformisation culturelle s'accentue. Sans diversité linguistique le dialogue interculturel perd de son sens et le « globish », cet anglais approximatif devient le sabir de l'humanité. Bref sans diversité linguistique pas ou peu de diversité culturelle tout simplement.
Dans un livre paru aux éditions Odile Jacob en 2000, Halte à la mort des langues, le professeur au Collège de France Claude Hagège écrivait dans son introduction ceci :
« A-t-on pris garde à un phénomène effrayant ? Sait-on, oui, sait on qu'n moyenne, il meurt environ 25 langues chaque année ? Il existe aujourd'hui dans le monde, quelque 5000 langues vivantes. Ainsi, dans cent ans, si rien ne change, la moitié de ces langues seront mortes. A la fin du XXIe siècle, il devrait en rester 2500. Sans doute en restera-t-il beaucoup moins encore s'il on tient compte d'une accélération, fort possible, du rythme de disparition. »
Certes la ratification d'une charte ne fait pas tout mais elle peut participer du moins au ralentissement de ces disparitions. Cela me rappelle autre chose, le changement climatique, la COP21, les 2°... Bon, continuez ainsi mesdames et messieurs les sénateurs la richesse du français vient de la relation avec ces langues régionales, et avec les autres langues, ne lui coupez pas ses racines, il pourrait en pâtir et la diversité culturelle de notre pays aussi !

Allez ! Comme on dit dans les Landes, Adishatz ! (Au revoir)

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Vincent Lalanne, Consultant

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