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METIERS

Ces fermetures de bibliothèques tant redoutées. (13/07/2015)

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Manifestement, fermer une bibliothèque, même vétuste, reste, dans les esprits, synonyme de renoncement. Preuve en est l'émotion qui s'est emparée, en juin, des bibliothécaires et des usagers, après l'annonce des projets de fermeture des bibliothèques Gabriel Péri à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) et du Tauzin, à Bordeaux (Gironde).
L'avenir des bibliothèques est-il menacé ? Nombre de professionnels se sont posé la question en juin, tandis que pétitions en ligne et messages postés sur les réseaux sociaux enflammaient les discussions, au risque même de perdre de vue le contexte local. Le contexte budgétaire rend tout projet de fermeture épineux, car il est interprété comme la volonté de la collectivité concernée de passer  la lecture publique - et plus généralement la culture - par pertes et profits.

[Photo : Enokson, CC BY 2.0]


« La bibliothèque Gabriel Péri est un équipement de 1958, vétuste, non conforme aux normes d'accessibilité, et dont la ville n'est pas propriétaire », assure Sophie Perrusson, directrice adjointe de l'action culturelle en charge des bibliothèques, à Levallois-Perret.. L'équipe sera répartie dans les deux autres sites du réseau, et, contrairement à ce qui s'est répandu sur les réseaux sociaux, nous maintiendrons les livres en grands caractères, tout comme le fonds « musique ». La bibliothèque Gabriel Péri fermera ses portes le 31 juillet.
Scénario similaire à Bordeaux, dans le quartier du Tauzin, où un plateau de 110m2 dans une maison de quartier (installée dans une chartreuse) est abandonné, la bibliothèque se repliant sur un relais-lecture un étage plus bas. «Pour rendre la bibliothèque accessible aux personnes handicapées, il aurait fallu casser l'escalier, pour ensuite installer un ascenseur», détaille Estelle Gentilleau, conseillère municipale déléguée à la Politique du livre, la lecture publique et l'équité culturelle. Les relais-lecture sont intégrés au schéma de lecture publique, qui prévoit, par ailleurs, la création d'un nouvel équipement en 2018 avec la médiathèque de Caudéran. "Le public scolaire continuera d'être accueilli y compris, avec une bibliothécaire présente 14 heures par semaine, poursuit l'élue. Les fonds resteront en accès libre pendant les heures d'ouverture de la maisond de quartier."

Même si elles trouvent leurs justifications, ces situations restent pénibles à vivre pour les professionnels. « Le plus douloureux, ce sont les fausses informations et leur effet sur les équipes qui risquent de se diviser, reconnaît Sophie Perrusson, qui a dû affronter deux samedis de grève. Entendre que la lecture publique est remise en cause, alors que nous allons ouvrir 4 à 5 heures de plus par semaine, que nous nous mobilisons pendant les révisions des examens pour ouvrir 52 heures et que nous avons de nombreux projets, c'est vraiment dur ! »

Du côté de l'Association des bibliothécaires de France (ABF), faire montre de vigilance sans stigmatiser telle ou telle collectivité ni envenimer un conflit local tient de l'exercice d'équilibriste. Comme le montre son communiqué publié le 19 juin : l'association rappelle aux élus leurs responsabilités à l'égard d'un « service public essentiel ». En se gardant de citer le moindre nom de ville, l'ABF évoque « ça et là des fermetures de bibliothèques, des diminutions d'horaires, des modifications de tarif d'inscription ». « Il s'agit d'apporter notre soutien à des collègues confrontés à des situations risquant de remettre en cause la lecture publique, et d'affirmer qu'elle est un investissement d'avenir », souligne Xavier Galaup, trésorier de l'ABF. L'association propose aux collectivités «des éléments d'appréciation » pour « discuter des solutions potentielles ».

Lettre d'information du réseau documentation
Extrait de Lettre d'information du réseau documentation - N° 428 (27/07/2015)
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