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Edito

Les relations entre la MJC et la commune . (16/06/2009)

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J'assistais samedi à une rencontre avec des présidents de MJC sur la question des relations entre celles-ci et les communes. Les MJC s'inscrivent dans une histoire longue, défendent des valeurs, et ne souhaitent pas être réduites à de seules structures de loisirs. La vie associative est revendiquée mais « c'est dur d'être libres ».

Leurs relations avec leur communes sont diverses, souvent ambiguës. Certains se sentent isolés, pas suffisamment financés ni assez associés par la commune. D'autres au contraire se sentent corsetés  dans une série de conventions, noyautés, ou encore vivent mal les moyens de plus en plus « fléchés », voire une municipalisation rampante de tout ou partie des services.


Deux sortes de contraintes régissent ces relations :

- des contraintes juridiques : le statut des élus politiques n'est pas le même que celui des élus associatifs, même s'il peut y avoir des ressemblances dans leur fonctionnement. Les relations passent par des conventions et de l'évaluation, nécessitant de la transparence de part et d'autre.

- des contraintes politiques : le risque d'instrumentalisation (quand l'élu rentre trop dans les détails) ; la professionnalisation (on considère que les MJC doivent être gérées comme des entreprises) ; le mille-feuilles des dispositifs existants (contrats enfance-jeunesse, etc.) ; la transversalité, la dimension intercommunale...

La nature de la relation entre la ville et telle ou telle structure susceptible d'exercer une mission de service public relève du choix des élus de la commune (démocratie élective). C'est le projet qui doit primer et qui devrait induire ensuite le choix du meilleur mode de gestion : convention avec une association, ou bien régie ou DSP (délégation de service public).

Avec parfois le risque pour la collectivité d'avoir une prestation correctement remplie, mais où, au bout d'un certain temps, on se rend compte que semblent avoir été perdus le dynamisme, le caractère d'animation locale et de lien social, et l'implication dans la cité que peuvent apporter des militants associatifs.

Cette relation commune/association relève en définitive d'un équilibre fragile, d'une tension permanente dont on n'a pas à s'effrayer en soi, pour peu qu'on sache éviter de part et d'autre de trop grandes frictions (ce qui est souvent le cas quand l'association est perçue comme un « contre-pouvoir » politique).

Pourtant... rappelons-nous que de très nombreux élus locaux doivent leur formation citoyenne à leurs engagements précédents dans des pratiques associatives (sociales, socio-éducatives, culturelles).

Ne jetons donc pas le bébé avec l'eau du bain ! Si le modèle associatif a été battu en brèche durant toute une période parce qu'il pouvait provoquer « une gestion de fait » de la collectivité et apparaître comme un démembrement de celle-ci, on a constaté depuis qu'il avait encore toute sa place comme mode de gestion d'un service public local (de la jeunesse par exemple), pour peu qu'on prenne les précautions juridiques qui s'imposent.

L'important, quand l'association conventionne avec la ville, c'est qu'elle le fasse démocratiquement sans trahir ses valeurs, en ayant le sentiment d'être reconnue comme favorisant le bien public.

François Deschamps

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Extrait de Lettre d'information du réseau culture - N° 213 (16/06/2009)
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