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Les villes se transforment en continu

Article du numéro 461 - 01 avril 2013

Repères

Les études urbaines commencent en général par un état des lieux, un diagnostic. Sauf que les villes sont en évolution continue. Alors devons-nous travailler sur elles comme si elles étaient figées ou tenter d'intégrer ce mouvement ?

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Maintenir un équilibre

La matière avec laquelle travaillent les acteurs de l'urbain est une matière changeante. Il ne s'agit pas de le regretter ou de faire comme si de rien n'était, mais seulement d'en tenir compte et d'adapter nos pratiques. Quelques exemples illustrent ce propos. L'arrivée d'une station de métro, de tram ou simplement de bus, change le mode de déplacement avec des conséquences locales souvent immédiates. L'accès des usagers est transformé, de nouvelles pratiques s'installent. Il faut savoir les favoriser : des parkings de rabattement, des parcours piétons attractifs et confortables, des services adaptés sont des compléments nécessaires. Or, les maîtres d'ouvrage ne sont parfois pas les mêmes ou les budgets ne sont pas mobilisés en même temps. Alors la station reste un objet insolite, inconfortable et qui n'est pas utilisé comme il le devrait.
Les collectivités établissent des priorités et c'est heureux. Or il faut au minimum 5 ans pour réhabiliter un quartier, 10 ans pour en construire un nouveau. Pendant ce temps, le reste du territoire évolue, en bien ou en mal. Tel site, pourtant à l'origine sans problème, se dégrade tandis que dans tel autre les prix explosent. L'attractivité de l'un augmente du fait de la création d'un parc, l'augmentation de la délinquance ou une mauvaise gestion en minent un autre. C'est que l'on n'aura pas fait le nécessaire pour maintenir un équilibre : des réparations, un entretien soutenu, une attention à la sécurité, un embellissement simple... Il faut exercer une veille sur l'ensemble d'une ville et apporter au bon moment une réponse adaptée au bon endroit.


Imaginer le temps

L'image que nous avons des territoires fonde une partie des projets politiques qui y sont élaborés. Or, elle se construit souvent à partir de la seule vision historique, voire des projets nouveaux considérés dans leur seul périmètre. L'on peine à imaginer les mouvements que le temps va opérer. Or les centralités bougent, ce qui était les portes de la ville se retrouve à l'intérieur, les pôles d'activités changent de contenu et de lieu, les lignes de transport induisent une vie urbaine qui ne se cantonne pas aux seules villes constituées, le numérique font évoluer les pratiques...
Il ne faut pas se contenter d'une vision superficielle, comme si les territoires procédaient d'un temps arrêté. La visite d'une ville par sa partie historique raconte une permanence. Mais la réalité urbaine est ailleurs. Elle est mouvante et ce que nous en voyons aujourd'hui est une étape vers ce qui sera demain. J'ai été frappé de voir, lors d'un voyage récent à New York, combien l'image que j'en avais était fragmentaire. La ville n'est bien sûr plus ce que je connaissais jadis, mais elle n'est pas non plus ce que j'avais sous les yeux. En effet, les projets en cours à l'ouest sont en train d'en transformer le corps vivant : elle est déjà autre.
Doit-on regretter ce mouvement ou s'en trouver démuni ? Bien sûr que non. Mais il faut continuer à professionnaliser notre métier et ses acteurs afin d'ouvrir à des approches qui nous feront mieux intégrer ce qui peut advenir.