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La France n'est pas la Grèce... jusqu'à quand ?

Article du numéro 426 - 20 juillet 2011

Repères

Face à une dette publique en constante augmentation et un déficit record, l'État français doit prendre conscience de sa réelle fragilisation. On espère des mesures indispensables au sortir des urnes l'année prochaine...

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De « droite » ou de « gauche », un impératif - celui de la lucidité - et une exigence - celle de la responsabilité - s'imposent pour les élections de 2012. Bien sûr, dit-on, la France n'est pas la Grèce qui a voulu vivre au-dessus de ses moyens. Ah bon !


Une menace centrale

Fin 2010, la dette de l'État s'élevait à 1 260 milliards d'euros, soit 18 944 euros par Français. Avec la dette sociale, la dette publique (hors emprunts des collectivités) atteint 1 490 milliards, soit 22 343 euros par habitant. Cet endettement devrait atteindre près de 90 % du PIB en 2012 contre 64 % en 2006. La charge annuelle de la dette de l'État ne cesse de s'alourdir : 40,5 milliards en 2010, c'est-à-dire plus 2,9 milliards (+7,7 %) par rapport à 2009. Elle rogne sans cesse le produit fiscal destiné à la réalisation des politiques publiques de l'État. Quant au déficit du budget de l'État, toujours croissant, il a atteint le record de 92 milliards d'euros.
Cette évolution de nos finances publiques représente une menace centrale pour notre société qui navigue dans une zone dangereuse, même si l'actuelle pérennité du triple A donné à l'État français - mais pour combien de temps ! - entretient l'illusion de sa solidité. Il faut donc, à marches forcées avant que la confiance des prêteurs ne s'effrite, diminuer l'encours de la dette et revenir rapidement à un déficit structurel inférieur à 3 % du PIB. Agir et ne pas escompter, comme le fait pourtant le programme de stabilité, une croissance annuelle régulière de + 2,5 % du PIB...


Agir

Agir sur les dépenses de l'État ? Certes, comme depuis cinq ans, et avec une efficacité de plus en plus marginale car les dépenses incontournables ou inéluctables croissent régulièrement : intérêt de la dette, masse salariale, pensions, comblement des déficits sociaux. Et elles sont les plus lourdes. Quant aux autres « économies », leur effet a été érodé par la diminution des recettes : la réduction quinquennale de 135 000 fonctionnaires a permis d'économiser ce qu'a coûté la baisse de la TVA pour la restauration. Penser régler le problème par la diminution globale des dépenses de l'État est illusoire, sauf à programmer une déflation drastique des moyens affectés à ses services publics.

Agir sur les recettes ? Oui, mais en respectant autant les finalités de notre modèle social que les réalités économiques. C'est possible en revenant sur certaines réductions de recettes : droits de succession, TVA restauration, suppression de la TP, « niches fiscales », baisse de l'impôt sur le revenu, « bouclier fiscal », exonérations de charges sociales... ces diminutions régulières des recettes de l'État ont laminé ses marges de man½uvres et augmenté le poids de la dette et le déficit structurel. Seule la voie des recettes, à emprunter de façon cohérente financièrement, continue temporellement et équilibrée socialement, peut éviter l'effondrement.

Bien sûr, la France n'est pas la Grèce. Mais jusqu'à quand ? Il faut arrêter cette folle course vers le précipice... La voie est étroite et les risques certains : politiques, mais à court terme, si les responsables issus des urnes en 2012 ont l'intelligence et le courage de concevoir et de faire adopter des mesures indispensables et impopulaires ; nationales - et à long terme - si tel n'est pas le cas. Espérant qu'enfin, après tant d'années d'atermoiements, voire de tromperies, un choix historique judicieux sera effectué.