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Défendre concrètement la liberté de la presse

Article du numéro 417 - 01 mars 2011

Leader

Safia Otokore est deuxième vice-présidente du conseil régional de Bourgogne, en charge des sports et de la coopération décentralisée.

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Une Maison des journalistes sera créée prochainement à Dijon. Comment est né ce projet ?

Il y a un an, la Région Bourgogne a répondu à l'appel de Reporters sans frontières (RSF), qui souhaitait accueillir trois journalistes iraniens qui fuyaient le régime d'Ajmaninejad. Sous l'afflux soudain de journalistes contraints de quitter l'Iran, la Maison des journalistes de Paris que gère RSF (la seule en France) était complète. Avec le concours du conseil général de Côte-d'Or et de l'OPHLM, Orvitis, nous avons pu loger ces journalistes et les accompagner dans leurs démarches d'obtention du statut de réfugié politique. Il y a quelques mois, RSF nous a fait part de son souhait de voir cette opération ponctuelle déboucher sur la mise en place d'une maison des journalistes permanente, et donc en mesure d'accueillir sur la durée des journalistes contraints de fuir leur pays.


Comment fonctionnera cette Maison ?

La Maison des journalistes sera financée par la Région, en collaboration avec la ville de Dijon. Son maire, François Rebsamen, a donné son accord pour la mise à disposition d'une maison pour une durée longue, via l'office de l'habitat. RSF en sera locataire et y logera les journalistes de son choix. La première fois, il nous a fallu répondre dans l'urgence. Aujourd'hui, nous souhaitons offrir un logement, mais également proposer aux journalistes exilés un accompagnement complet en termes de démarches administratives, d'apprentissage du français, de formation professionnelle... et de soutien à la reconstruction personnelle.


Cette maison aura la particularité d'être dédiée à l'accueil de femmes. Pourquoi ce choix ?

C'est une demande de RSF qui, fort de l'expérience de la Maison des journalistes de Paris, a observé qu'un accueil dédié pourrait constituer un élément favorisant la reconstruction des personnes en exil. On peut comprendre facilement qu'il est déjà assez difficile de quitter son pays, contrainte et forcée pour des problèmes de sécurité et liés à la liberté d'expression, sans que l'on doive rajouter la problématique de la mixité. C'est également un choix politique. Dans de nombreux pays en effet, la liberté d'expression des femmes est inexistante et leur travail de journaliste quasi impossible. On ne peut qu'y être sensible.


Droits de l'homme, solidarité internationale... est-ce le rôle des collectivités ?

La diplomatie étatique a ses limites. La manière dont la France a géré les événements récents en Tunisie et en Égypte le démontre largement. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d'une diplomatie étatique qui s'adresse à des gouvernements qui, souvent, ne sont pas légitimes dans leur pays. Si nous conservons encore, en Afrique notamment, une légitimité à porter haut les valeurs des droits de l'homme et de la solidarité internationale, c'est certainement le fait de l'engagement des ONG et des associations qui se mobilisent sur le terrain. C'est pourquoi nous les soutenons dans le cadre d'une coopération décentralisée que nous voulons opérationnelle et concrète, au plus près des besoins et des populations. Nous sommes dans un monde globalisé, c'est un fait, mais également un appel à agir quand on en a la possibilité. Pour la Région, la Maison des journalistes s'inscrit dans cette double logique : défendre concrètement les valeurs de liberté de la presse et d'expression, et démontrer que notre territoire est une terre d'accueil et d'ouverture.


Reporters sans Frontières

RSF est une ONG de défense des journalistes emprisonnés et de la liberté de la presse dans le monde. Elle dispose d'un statut consultatif auprès des Nations unies. En 2005, l'association a été lauréate du prix Sakharov décerné par le Parlement européen.
www.rsf.org