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Je crois aux centres de gestion

Article du numéro 408 - 01 octobre 2010

Tribune libre

Les centres de gestion sont des institutions essentielles au monde des collectivités. Leur expérience, leur capacité de mutualisation, leur place au centre du monde territorial en font un outil précieux.

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Jean-Laurent Nguyen-Khac
andcdg@cigversailles.fr
Président de l'ANDCDG (Association nationale des directeurs et directeurs adjoints des centres de gestion), Directeur général des services du CIG grande couronne.

Je crois aux centres de gestion. Sûrement parce que ma fonction de DGS fait que j'y consacre une partie de ma vie, mais surtout parce qu'après de longues années d'observation, je suis convaincu que les CDG sont le résultat d'un des meilleurs compromis institutionnels que l'on ait pu trouver dans les collectivités.


Au milieu de tout

Sur toutes les échelles, ces établissements se trouvent à mi-chemin entre les extrêmes : entre la décentralisation éparpillée et la centralisation tentaculaire, entre la carrière et l'emploi, entre la dispersion et la pensée unique, entre le coût unitaire et la centrale d'achat nationale, entre la gabegie et la mutualisation de moyens... Mais ne nous y trompons pas, les CDG sont des organismes décentralisés, administrés par des élus locaux et financés par les collectivités. Ils doivent le rester car c'est la clé de leur succès. Leur compétence départementale leur permet à la fois une mutualisation significative et un rapprochement au plus près des besoins.

Par ailleurs, ce compromis ne s'est pas fait en un jour. Il est le fruit de nombreuses voies patiemment explorées dont certaines sont tombées dans l'oubli. Cette construction par l'expérimentation a rendu nos institutions solides et adaptées à nos collectivités. Pour mémoire, les premiers syndicats de communes pour le personnel ont presque 60 ans... On ne dure pas si longtemps en tant qu'institution sans avoir une certaine utilité. Bien sûr, en ces périodes de réformes, il est tentant de cataloguer les centres de gestion dans telle ou telle catégorie et, en matière de caricature et de procès d'intention, les clichés ont la vie dure.


Jugeons les CDG sur pièce

Ainsi, nous ne serions de bons interlocuteurs que pour les « petites » collectivités par exemple. Comment expliquer alors que la plupart des « grosses collectivités » conventionnent avec les CDG, pour les concours, la médecine, la paie des agents, les contrats d'assurances groupe, entre autres ?
Nous ne serions pas non plus capables d'organiser les concours ni de gérer des catégories A. Les agents qui sont en train de traiter les 9 000 dossiers du prochain concours d'attaché apprécieront. Je propose qu'on leur laisse une chance avant de les clouer au pilori et qu'on attende la fin des concours de cette année pour se faire une idée. En toute confidence, cela fait quand même quelques dizaines d'années que nous organisons des concours, mais bon...
Je crois aussi à la spécificité d'un management public. Non, une mairie ne se gère pas comme une entreprise privée. Ceux qui s'y sont essayés, nouveaux élus ou jeunes fonctionnaires, s'y sont douloureusement cassé les dents. Oui, le management public est même devenu une affaire de spécialistes.

Par ailleurs, il n'est plus possible aujourd'hui de se passer de mutualisation. Les CDG ont ainsi toute leur place dans la réforme aux côtés des intercommunalités. D'abord parce qu'au-delà d'une certaine limite, la flexibilité, au départ nécessaire, devient de la dérégulation, ce qui est sans aucun doute la dernière chose dont les collectivités locales ont besoin. Mais aussi parce que, malgré tous leurs défauts (!), les CDG présentent quand même, en matière de mutualisation des missions internes, un atout majeur face aux intercommunalités : ils sont politiquement neutres.