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Vous avez dit service civique ?

Article du numéro 406 - 01 septembre 2010

Tribune libre

L'État, pour montrer qu'il avait compris la crise des jeunes, notamment ceux des quartiers défavorisés qui ont déserté le système scolaire, a cru bon de suspendre le « service militaire », contesté par une certaine classe sociale qui n'avait pas conscience des réels problèmes de la jeunesse. Et pourtant !

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Rina Dupriet
Administrateur territorial (h.c.)


Depuis la suspension du « service militaire », l'État ne sait pas comment répondre au malaise des jeunes de 16 à 25 ans. Après avoir proposé en 2006 le « contrat de service civil », le ministre délégué de la Jeunesse et des Solidarités actives vient de créer le « service civique ».
Cette période de la vie des jeunes depuis des générations n'était-elle pas un lien d'appartenance entre eux ? Combien de fois ai-je entendu : « Où as-tu été incorporé ? Dans quelle armée ? Terre, Marine, Air et dans quelle spécialité ? » Et combien de fois ai-je entendu ces réponses : « J'ai eu beaucoup de chance d'être incorporé dans une région que je ne connaissais pas : quelle découverte ! » ou « J'ai pu choisir un métier ou réorienter ma formation professionnelle grâce à l'officier conseil ». On ne peut que constater que cette période favorisait une véritable égalité ainsi qu'un dialogue entre les jeunes issus de milieux différents, d'origines et de religions différentes. Les valeurs portées par la Nation et déclinées par les militaires ressemblaient à ce que l'on appelle aujourd'hui souvent l'égalité des chances, le respect de l'autre, la reconnaissance du travail, la mixité sociale, l'apprentissage du « vivre ensemble ».


Une espérance déçue

Aujourd'hui, chacun s'accorde à penser que le service civique doit être la solution à la réponse des jeunes en détresse et sans emploi. S'est-on assuré que ce service civique correspond bien à la demande de la jeunesse ? Ce que l'on sait assurément, c'est que certains hommes politiques rêvent d'accrocher leur nom à une loi ou à un dispositif ! Ils vivent au rythme de l'événementiel sans se préoccuper du c½ur même des problèmes et de l'évolution de la société ! Une fois de plus, les réponses apportées restent à la remorque des besoins des jeunes, de l'évolution des mentalités et d'un monde qui change !
Le moment n'est-il pas venu de se reposer la question de l'opportunité d'un service militaire adapté, dans un esprit de pérennisation des valeurs de la République, mais aussi pour redonner - aux jeunes les plus fragilisés surtout - un nouveau sens à leur vie. N'est-ce pas non plus le moment de s'attaquer au fond du problème que représentent le système éducatif lui-même et son adéquation avec le système économique et social mondial. Qui a l'énergie suffisante pour s'y consacrer ?
Au lieu d'accorder 530 millions d'euros par an à un dispositif déjà dépassé, l'État ferait mieux de réformer son système éducatif, de favoriser l'apprentissage et la formation des jeunes sur des emplois déficitaires ou vacants, et de dispenser les cours de langues dès l'école primaire, ce qui permettrait aux jeunes d'être bilingues, voire trilingues dès la sortie des écoles. Aujourd'hui, l'économie se joue aussi en Chine, en Inde, en Amérique, en Australie... La pratique de ces langues est indispensable. Aussi, l'apprentissage de l'anglais « de tous les jours » devrait être généralisé dès l'enseignement primaire.
Le chemin à parcourir semble encore bien long pour arriver à ces objectifs et les réponses sont loin d'être apportées ! Nous sommes donc responsables face aux attentes d'une jeunesse, dans un pays dont la situation économique et sociale se dégrade.