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Lyon, Copenhague : leçons sur l'espace public

Article du numéro 406 - 01 septembre 2010

Repères

L'espace public n'est pas un supplément d'âme, un thème spécifi que que l'on pourrait embrasser ou non. Il est d'abord le lieu de vie de la majorité des humains et celui où s'exercent des fonctions. Il est donc consubstantiel avec l'urbanité, au même titre que l'habitat ou les transports, et ne peut être ramené à un simple embellissement.

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Jean-Pierre Charbonneau
http://jpcharbonneau-urbaniste.com
charbonneau.consultant.paris@wanadoo.fr


L'espace public est complexe, support de fonctions mais aussi d'enjeux autant sociétaux, que politiques ou techniques. Et il doit être aussi confortable, agréable pour une pratique individuelle ou collective de la vie en ville. Du fait de cette complication, des contradictions qu'il génère, il demande des savoirs, des méthodes. On a affaire à une discipline « savante », qui va au-delà de la construction d'une chaussée, du dessin d'un mobilier urbain ou du choix d'un arbre. Elle mobilise la politique car il faut choisir entre des logiques qui souvent s'affrontent, la sociologie pour savoir comment les gens vivent, la culture reflet des valeurs, de la vivacité du territoire. On a besoin de technicité car l'espace est sollicité et intègre des réseaux qui innervent et font vivre la ville. Des partenariats sont à mener avec ceux qui utilisent l'espace ou agissent sur lui, avec les citadins. Des méthodes de gestion, de concertation, de décision doivent être créées... Et par le projet conçu par un concepteur, il faut faire surgir de ce tissu de contradictions, de ces lieux souvent laids et inconfortables, un équilibre qui répond à l'enjeu de qualité urbaine.


Un besoin de maîtrise d'ouvrage

À Lyon, un savoir-faire en maîtrise d'ouvrage d'espaces publics a été construit, qui alimente les chefs de projet quels que soient le thème (les trams, les grands ensembles...) et le territoire du Grand Lyon. S'est également constitué un corpus de maîtres d'œuvre (paysagistes, bureaux d'études...) capables de répondre au besoin des collectivités en études et réalisations : Lyon, comme d'autres villes au monde, s'est construit les moyens de gérer son évolution, de traiter localement ceux des problèmes de la société qui pouvaient l'être.
Des similitudes existent entre Lyon et Copenhague. Ainsi l'attention aux valeurs du territoire telles que l'eau : les fleuves à Lyon, le port et la mer à Copenhague. Une différence cependant : la stratégie de développement des déplacements et sa conséquence sur le partage de l'espace public. Lyon privilégie les investissements sur les transports en commun avec le projet REAL - qui connecte la région à l'agglomération avec le TER, puis accueille dans des gares rénovées les usagers qui poursuivent leurs parcours dans un réseau dense de bus, de trams et de métros - complété par le système de vélo en libre-service Vélov, inventé à Lyon, et par la marche à pied dans des espaces publics confortables.
À Copenhague, le vélo est l'instrument des trajets quotidiens depuis les années soixante (en 2007, 30 % des déplacements). Il occupe une place symbolique et physique forte dans les espaces qui ne sont pas envahis comme ailleurs par les voitures. La municipalité a décidé de faire grimper son taux d'utilisation à 40 %.
Priorité lui est donc donnée dans l'espace de la rue, au côté de la marche à pied, et tout nouveau projet doit l'intégrer. Les investissements qui lui sont consentis sont très importants et, constituant une approche radicalement autre par rapport à la France, l'accessibilité aux nouveaux quartiers est calculée à partir de l'usage du vélo et non de la voiture.