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La crise impacte déjà les CCAS

Article du numéro 369 - 15 novembre 2008

Leader

Denis Guihomat est président de l'Association nationale des directeurs de CCAS (ANCCAS) et directeur du CCAS de Tours.

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La crise actuelle:impacts sur les CCAS ?

Denis Guihomat est président de l'Association nationale des directeurs
de CCAS (ANCCAS) et directeur du CCAS de Tours.

La crise, ou la dépression, nous interpelle ­directement au quotidien. La question est de savoir dans quelle mesure elle va contraindre nombre de citoyens à se tourner vers nous pour faire face aux besoins des quotidiens. Les centres communaux d'action sociale sont les sentinelles de l'action sociale, des guichets de proximité, qui ressentent immédiatement les conséquences de la dégradation du climat économique et la multiplication des fins de mois difficiles. C'est là qu'on vient pour trouver des solutions aux problèmes basiques du quotidien : la nourriture, l'électricité, la cantine des ­enfants, les loyers... Nous le voyons immédiatement au nombre de personnes qui ­déposent des demandes de secours auprès de nos services. La plupart d'entre nous ressentent déjà ces difficultés. Notre grande inquiétude porte sur la ­manière dont nous pourrons faire face à une massification de la demande, dans une période où les finances publiques ne nous offrent que peu de marge de man½uvre. Le pire n'est jamais sûr, mais nous nous préparons déjà à gérer avec rigueur dans la solidarité.


Des éléments chiffrés de l'augmentation de la demande ?

La pente sur laquelle nous sommes déjà ­engagés est une augmentation des ­demandes de 10 à 20 %. Ceci est logique à partir du moment où le chômage et la précarité augmentent, notamment pour les ­emplois précaires et les intérimaires, dont la situation est fragile et qui se retrouvent très vite avec le minimum pour vivre. Ils se ­retournent vers les CCAS pour la prise en charges de certaines dépenses du quotidien. Cette grande difficulté est donc accrue par une situation financière des communes qui se dégrade, même si l'action sociale est une priorité pour les élus et que ce n'est pas là que l'on commencera à faire des économies. Mais déjà pour nous, qui gérons des établissements médico-sociaux, des crèches, des maisons de retraites... les dépenses alimentaires se sont envolées cette année. Comme pour l'énergie,il n'est évidemment pas possible de répercuter cette augmentation des tarifs sur le public. Cela entraîne de fortes contraintes budgétaires pour les CCAS.


Que va changer le RSA pour les CCAS ?

Cette mesure est un outil dont il faut s'emparer pour permettre à certains publics d'améliorer leur situation. Au-delà, ce ­dispositif nous pose certaines difficultés. Avec les RMI, les CCAS avaient une obligation légale d'instructions, puis conventionnaient avec les conseils généraux pour le suivi des bénéficiaires. Avec le RSA, en l'état actuel du texte, les CCAS ont disparu : ils ne sont plus les services instructeurs obligatoires. Nous cessons donc d'être les partenaires privilégiés des départements.

Chaque CCAS devra donc discuter avec son conseil général : certains voudront nous ­associer, mais cela sera fonction de la ­volonté politique des départements. L'ANCCAS est favorable à ce que les CCAS continuent à conventionner avec les conseils généraux : les bénéficiaires sont des publics que nous connaissons bien, car ils ont l'habitude de ­venir dans les CCAS. Mais nous devrons ­rediscuter avec les départements, en fonction des objectifs qu'ils se sont fixés et des moyens qu'ils voudront nous ­allouer.