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Culture : Un acte de refondation proposé par l'ensemble des associations d'élus. (16/08/2010)
Il nous faut revenir sur l'importance - au moins du point de vue de son caractère symbolique - du Forum des associations d'élus qui s'est tenu le 16 juillet lors du Festival d'Avignon, car c'est une première dans leur histoire. Huit associations d'élus ont en effet joint leurs forces et affiché leur unité pour affirmer qu'elles sont conscientes de leurs responsabilités en matière culturelle.
Elles s'engagent, dans un dialogue avec l'Etat et les professionnels, à porter réellement la culture au c½ur de leurs politiques, en souhaitant voir s'approfondir le processus de décentralisation culturelle, dans le cadre d'une réflexion partagée pour redéfinir le sens de l'action politique culturelle territoriale, qu'elles entendent concevoir et pas seulement financer.
Elles se disent conscientes que cela nécessite une reconnaissance des acteurs et des logiques combinées (ce Forum a d'ailleurs failli s'intituler : « les chemins de la reconnaissance »), qui doit ensuite se traduire par une concertation accrue :
- des collectivités entre elles (on pense notamment aux couples Région/Départements ainsi que Villes centre/communes périphériques, dans le cadre de la Réforme territoriale),
- des collectivités avec l'Etat dont tous souhaitent qu'il reste un partenaire (et non un prescripteur) actif, qui garantisse l'équité territoriale.
- des collectivités et de l'Etat avec les artistes, dont le rôle est indispensable dans notre société.
A l'initiative de la FNCC, une série d'entretiens avait permis de recueillir au préalable les réactions de 26 acteurs (élus, professionnels, artistes, public) sur un texte dont la teneur dépasse la question des financements et du désengagement de l'Etat. Ce texte aborde en effet l'articulation complexe entre les logiques artistiques et politiques, mai aussi (ce qui est innovant) une reconnaissance des politiques culturelles dans leur teneur poétique même (nouer l'intelligence et la sensibilité), et la question de la valeur esthétique des personnes (la reconnaissance de la densité culturelle de chacun).
Les incertitudes liées à la crise des financements et à la réforme des collectivités a sans nul doute accéléré cette idée de retrouver le sens - le sens politique dans sa version noble - de l'action culturelle, et la légitimité de la dépense publique, « dans le contexte de dérive vers un consumérisme culturel qui délite peu à peu notre rapport actuel à l'art et à la culture » (Georges Buisson (1)).
Cette volonté d'engagement solidaire est précieuse. Comme le dit Laurent Le Bon (2), « quels que soient les résultats concrets ultérieurs, c'est toujours important de dire simplement ensemble les choses ».
« La culture, c'est comme l'air : c'est quand on en manque que l'on sait qu'elle est vitale, dit André Laignel (3): n'attendons pas d'en manquer pour réagir, car alors nos territoires seraient probablement proches de l'asphyxie ».
Bien que la raison d'être des associations d'élus ne consiste pas à éditer de prescriptions, puisse cet engagement commun aider les élus à construire une volonté culturelle territoriale forte, qui se traduise par une réelle solidarité sur le terrain. Puisse-t-il contribuer à aider les élus chargés de la culture à se battre au sein de leurs assemblées sans se décourager, et à faire en sorte qu'ils soient en mesure de se faire entendre de leurs exécutifs. Puisse-t-il se prolonger par d'autres temps forts et des propositions concrètes (le Syndeac continue à demander une loi d'orientation pour la culture, tandis que l'ADCF par la voie d'Olivier Bianchi (4) plaide pour des Etats généraux de la culture territoriale).
L'avenir nous dira si cette rencontre aura été une première étape pour poser les conditions d'une nouvelle politique culturelle pour les décennies à venir...
François Deschamps
(1) Georges Buisson est administrateur du Palais Jacques C½ur et de la Maison Georges Sand
(2) Laurent Le Bon est directeur du Centre Pompidou-Metz
(3) André Laignel est maire d'Issoudun, président de la commission culture de l'Association des maires de France (AMF)
(4) Olivier Bianchi est maire-adjoint à la culture de Clermont-Ferrand, vice-président au développement culturel de Clermont-Communauté, représentant de l'ADCF.
Photo F. Deschamps

Extrait de
Lettre d'information du réseau culture - N° 267
(17/08/2010)
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