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Edito

Musiques actuelles, enjeux actuels. (16/06/2010)

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Faisant suite aux concertations territoriales mises en place depuis 2006 dans certaines Régions (ex : Aquitaine, Limousin) et Départements, les Solima (schémas d'orientation de développement des lieux de musiques actuelles) se voudraient "dégager des perspectives pour l'ensemble des lieux de musiques actuelles sur un territoire (...) en garantissant la diversité des œuvres et des initiatives, et en assurant un développement territorial cohérent et équitable". Une première réunion a inauguré, le 2 juin dernier au Brise-glace à Annecy, des « Rencontres territoriales des lieux de musiques actuelles », dont je voudrais brièvement me faire l'écho, sans avoir l'intention d'être exhaustif.


Un premier atelier s'intitulait « pourquoi et avec quelles propositions accompagner les nouvelles pratiques et les populations ». Ont été évoqués :
-l'association et la formation des élus en amont de tout projet, afin d'éviter un blocage initial sur la question du coût ;
-les risques de récupération des grands équipements déjà reconnus, sans prendre en compte le fait que les lieux et équipements sont complémentaires.
-l'importance de travailler ensemble, notamment avec les conservatoires de musique, même s'il y a affrontement de cultures et temporalités différentes
-la pluri-activité dans ces lieux, qui peut être problématique (ex : il faut un vrai savoir-faire pour accueillir un groupe de hard-rock)

Un deuxième atelier portait sur les enjeux politiques et socio-économiques de la diffusion des spectacles sur les territoires.
L'économie du secteur est très large, elle englobe autant des gros intérêts financiers (tendance au gigantisme avec les Arénas pouvant assécher l'aménagement du territoire, tendance à la concentration  avec des multinationales aux mains de quelques uns), tout autant que les petits lieux qui permettent la découverte de groupes. Par ailleurs, on observe une dérégulation avec l'effritement des normes françaises (directive Services) pouvant remettre en cause par exemple  la licence d'entrepreneur de spectacles. La législation relative à la question de la diffusion des amateurs est quant à elle en suspens.
L'enjeu des lieux de musiques actuelles, c'est de s'inscrire dans la diversité (en terme artistique) et dans une proximité, un vivre ensemble avec leurs publics ;
L'éventualité de créer un  statut "d'art et d'essai", qui reconnaitrait les missions d'intérêt général poursuivies par les lieux notamment en matière de découverte et d'accompagnement (d'amateur à professionnel), n'a pas fait l'unanimité, certains y voyant un cloisonnement possible.

Un troisième atelier s'intitulait : Rural/urbain : des lieux de musiques actuelles aux projets territoriaux. On a constaté que le rural avait moins qu'autrefois de spécificité culturelle (hormis peut-être en zone de montagne), et que la question du lieu ne pouvait répondre seule à une politique (il faut un projet en lien avec un territoire). Ont surtout été abordées dans cet atelier les questions de coopération (entre les acteurs des musiques actuelles et entre les collectivités), de structuration dans le temps (le temps des élus est un temps court), de transversalité, d'innovation.  Question entendue : Comment les collectivités peuvent-elles obtenir des grands équipements qu'ils ne fassent pas le désert autour d'eux et s'ouvrent  davantage ?

Reprenant les propos conclusifs de Jean-Pierre Saez, je conclurai en indiquant que la mouvance des musiques actuelles est complexe en raison de sa composante mixte (publique/privée), de l'enchevêtrement des acteurs et de la diversité des projets (qui vont du territoire local à l'international). En construisant progressivement les règles régissant l'organisation de leur secteur  en relation avec les pouvoirs publics (encore insuffisamment mobilisés), les différentes organisations professionnelles (la Fédurock, la Fneijma, le SMA, etc.), conscientes des enjeux culturels, économiques et sociaux de leur secteur d'activités (et des paradoxes qui en résultent), font preuve d'une maturité et d'une responsabilité certaine qu'il convient de saluer.

François Deschamps

Cliché ODAC74 : Raspail (ex Fred K) et le quatuor Byron

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Extrait de Lettre d'information du réseau culture - N° 261 (16/06/2010)
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