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Edito

Les Verts sont-ils mûrs ?. (18/03/2010)

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Et de deux ! Même s'il est plus contrasté que le résultats des européennes, le verdict du premier tour des régionales a confirmé le regain de forme des listes Europe Ecologie. Surfant sur l'effet Daniel Cohn Bendit, les écolos n'en finissent pas de peser sur le paysage politique français. Sauront-ils éviter le sort traditionnellement réservé aux partis incarnant la "troisième voie", dont le Modem vient de faire les frais ?


L'écologie politique française est-elle durable ? Les résultats d'Europe Ecologie au premier tour de scrutin des élections régionales apparaîssent "mi-figue, mi-raisin".

Les listes écologistes obtiennent en effet de très bon score en milieu urbain alors que des régions plus rurales abaissent leur moyenne nationale. Dans certaines grandes villes, la sociologie des votes est à observer de près: les quartiers "branchés" votent massivement pour l'écologie, les quartiers populaires ou plus traditionnels ont plus de mal à franchir le pas.

Alors peut-on comparer le vote Europe Ecologie à celui du Modem dans les scrutins précédents ? La sociologie des votants peut être mise en parallèle. La plupart sont des personnes sensibilisées au fait politique (d'ailleurs, au regard de l'abstention, il est à croire que dimanche dernier la quasi-totalité des votants faisaient partie de cette catégorie !), plutôt issus de milieux intellectuels, désabusés par le Parti Socialiste ou par la droite et désireux d'apporter du sang neuf au microcosme politique.

Alors, avec un corps électoral relativement équivalent, l'avenir d'Europe Ecologie est-il lié aux mêmes finalités que les tristes derniers résultats du Modem ? Non, si la composante principale des listes (le parti des Verts) parvient à éviter les écueils traversés par le parti de François Bayrou.

Il faudra tout d'abord aux écologistes éviter le culte du chef unique. La tentation est grande avec un Daniel Cohn Bendit plus "in" que jamais, client médiatique extraordinaire et qui dispose d'un franc parler qui plaît à l'opinion. Le grand avantage de Dany le Vert ? Ne pas se mêler pour le moment aux affres de la présidentielle. Son plus grand inconvénient ? Il n'est pas à proprement parler un homme d'appareil et l'on connaît l'énergie qu'il faut pour convaincre les Verts d'une démarche d'ouverture, notamment vers le Parti Socialiste. Or, le leader d'Europe Ecologie semble porter un projet détonnant qui peut heurter l'appareil des Verts.

La perspective des élections nationales est sans doute le principal danger qui guette Europe Ecologie. Car il s'agira de mettre en avant plus qu'un programme, c'est à dire une personnalité. On peut créer une diversion en affirmant que ce qui compte dans ce scrutin particulier, c'est le programme. Mais il est démontré que la personnalité influe plus que tout le verdict des urnes. Ce virage sera le plus dur à négocier pour Europe Ecologie. Car les bons résultats acquis l'ont été lors de deux élections à l'abstention record et sans que le parti des Verts n'ait à mettre en marche sa machine de désignation, toujours confuse et opaque.

En fait, la survie d'Europe Ecologie comme une troisième voie crédible réside dans le fait de ne pas devenir un parti politique. Or, pour une élection nationale, la logique des partis dispose d'autant de faiblesses que d'avantages. Reste à savoir si les écologistes pourront surmonter cette difficulté, là où la plupart des formations précédentes se sont cassées les dents.

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Extrait de Lettre d'information du réseau politique - N° 250 (18/03/2010)
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