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Hommage à Augustin Girard. (10/03/2010)
Le Comité d'histoire du Ministère de la Culture et le DEPS ont eu la bonne idée de rééditer certains écrits d'Augustin Girard, sous la forme d'un n° spécial de Culture prospective (32 p.).
Rappelons qu'Augustin Girard (1926 - 2009) fut chef du Service des études et recherches du ministère et président du Comité d'histoire du ministère de la Culture, mais aussi qu'il participa à la réflexion puis à la création, en 1989, de l'Observatoire des politiques culturelles, dont il devint le vice-président fondateur.
Philippe Chantepie, chef du Deps, souligne dans son avant-propos que la « prospective culturelle », dont on peut dire qu'Augustin Girard fut l'un des inventeurs, se nourrit de la détection de tendances, de l'invention de méthodes, du regard sans complaisance sur les politiques publiques et de leur évaluation, et plus encore de la libre réflexion que ces enjeux suscitent.
Il est intéressant de constater que des questions posées depuis de longues années sont toujours d'une brûlante actualité, même si elles seraient posées aujourd'hui d'une manière un peu différente. Philippe Chantepie donne 6 exemples :
La manifestation organisée en 1993 à l'occasion de son départ à la retraite donna à Augustin Girard l'occasion de souligner l'évolution de la société durant les 30 années précédentes (la montée de «la consommation individuelle de masse » dont parle Paul Yvonnet ), en faisant sienne cette réflexion de Jean-Marie Domenach : « Une culture qui ne serait pas une insurrection permanente de l'esprit ne serait qu'une industrie de plus ».
Il parla aussi des conditions d'exercice de la recherche au sein de son administration. Outre la peur d'échouer (ce qui soude aussi une équipe), le combat, explique Augustin Girard, était d'abord contre les idées préconçues et les clichés erronés. « Mais c'était aussi une lutte contre des structures administratives incroyablement vétustes (...) gravement inadaptées à l'invention, et qui semblent avoir principalement pour objet de mettre les bâtons dans les roues d'un bout à l'autre du travail, depuis la conception des travaux jusqu'à la publication et la promotion des résultats. Il nous fallait « utiliser » ces structures, mais avec beaucoup de ruse et parfois de l'audace, parfois même les contourner jusqu'aux limites de la légalité. Sans cependant tromper, je le souligne ici, le contrôleur financier ! ».
Augustin Girard, qui faisait partie d'une grande famille de résistants, était doté du sens du service public et d'une vraie éthique professionnelle. Il savait s'inspirer de l'héritage intellectuel de ceux qui l'avaient précédé, cherchait à comprendre le présent mais surtout à détecter les nouveaux enjeux de demain. C'est grâce à des personnalités telles que la sienne que le Ministère de la culture était reconnu dans les milieux professionnels, et c'est en pensant à elles que l'on peut encore être fier d'être fonctionnaire aujourd'hui.
François Deschamps

Extrait de
Lettre d'information du réseau culture - N° 247
(10/03/2010)
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