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Retour sur le Rapport Balladur. (06/04/2009)
Le Rapport Balladur (cf. mon édito du 3 mars) provoque peu de réactions dans le milieu culturel. Sans doute parce qu'il propose de préserver les financements croisés en ce qui concerne la création artistique et qu'il ne semble pas au premier abord bouleverser grand chose, hormis la gestion du patrimoine pour les Départements, qui serait du ressort des Régions (hormis les archives et les musées).
Dans un article intitulé « Rapport Balladur : la culture dans le flou », Dominique Bourzeix, Responsable de l'action culturelle et éducative au Conseil général de Seine-Saint-Denis, estime cependant que la création des métropoles, la disparition des cantons et surtout la suppression de la clause de compétence générale, bouleverseront bel et bien les politiques culturelles locales. Pour lui, non seulement ce rapport manque pour le moins de précision en ce qui concerne la culture (ex : la notion de patrimoine), mais il ne prend pas en compte le sens des politiques culturelles et la richesse des réponses apportées dans ce domaine par les collectivités territoriales.
Jean-Michel Lucas, qui dans une récente contribution a jeté « un premier regard interrogatif et critique » sur ledit Rapport, partage ce même sentiment. A savoir qu'à travers ce document, la politique culturelle, non seulement n'est pas définie, mais semble réduite à des catégories anciennes, notamment la gestion d'équipements (musées, archives, bibliothèques). Faut-il en conclure que pour les membres de la Commission Balladur, les enjeux de politique culturelle sont « négligeables, mal cernés, indéfinis », se demande Jean-Michel Lucas. Si la politique culturelle fait partie du paysage, sa finalité propre demeure invisible.
En effet pour lui les enjeux purement territoriaux de la culture sont bien sûr importants. Mais ils ne peuvent être détachés :
Rappelons que le Comité Balladur n'avait pas souhaité auditionner le « Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel », mais seulement la Ministre de la Culture. Par ailleurs, cette vision fonctionnaliste consistant à ne considérer la culture que comme un secteur de l'action publique et non comme une dimension plus large, dépasse de loin le Comité Balladur...
Ce Comité comprenait de « grands élus locaux »... D'où l'importance maintes fois rappelée de sensibiliser ceux-ci aux finalités des politiques culturelles, et à leur aspect fondamental et nécessaire au-delà des justifications sur leurs finalités extrinsèques, qu'il ne faut pas nier pour autant (rôle sur l'image et l'attractivité, sur l'aménagement du territoire, dans l'éducation, etc.).
François Deschamps

Extrait de
Lettre d'information du réseau culture - N° 203
(06/04/2009)
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