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Culture et divertissement, le mélange des genres (28/04/2010)

Cela démarre un peu mal : le titre du livre dont je souhaite parler semble laisser entendre qu'il est intraduisible: Mainstream. Mais l'auteur de l'ouvrage (1), Frédéric Martel  (chercheur et journaliste à France culture et NonFiction.fr) a estimé qu'il fallait aussi se faire comprendre en français, aussi a-t-il rajouté en sous-titre : « Enquête sur cette culture qui plait à tout le monde » ... partout dans le monde. L'auteur de « De la culture en Amérique » (Gallimard, 2006) s'est attaqué à la...

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A propos de Meanstream
Envoyé par evalehalle le 28/04/2010 à 12:22

 

Votre article sur Meanstream est bien, mais trop de contre -vérités à mon goût, sur ce nouveau livre de Frédéric Martel

1)      Indéfinissable, le mot ? Pourtant, pour Mainstream, les lecteurs du livre ont pourtant le choix, dès la  page de couverture :  en sous titre « Cette culture qui plait à tout le monde ».  Au dos de la couverture, culture   Grand-public, ou dominante, ou populaire

2)      Les USA détruisent les cultures du monde :  ils n'ont pas le temps, à mon avis, et FM l'explique très bien, tous occupés qu'ils sont à créer des agences locales ( Médias, insustries « creatives »...) avec des talents locaux, vite repérés, vite englobés. D'ailleurs vous en convenez, comment le nier, car c'est un fait : l'Amérique latine, le Moyen Orient, l'Extrême Orient développent leurs propres culture et leurs propres médias. ( Votre paragraphe 3)

3)      FM ne parlerait que des stratégies et du marketing, pas des contenus : en fait il prend des exemples systématiquement,  pour expliquer le passage des talents dans la mega industrie, comme pour les comédies musicales (Le  Roi Lion) et  la littérature, ou comment Tarentino, Spielberg ou Michael Moore, amis aussi les artistes de la pop musique sont sollicités. Comme contenus cela se pose là, tout de même...

4)      L'anglais : votre mini-phobie des mots anglais est surprenante, car vous êtes jeune et devriez lire aussi bien l'anglais que moi le latin ou le grec...Vous savez bien que quand il n'y a pas de mots correspondants, nous avons, mais le monde entier a aussi, l'habitude de ne pas le traduire, comme pour les spaghetti, les impresarios, le café ou les toubibs...

5)       On aurait cessé en Europe de vouloir être mainstream : FM démontre plutôt que on n'a jamais été des grands défenseurs de la culture populaire, et que cela continue encore aujourd'hui. Et donne les causes, tout au long de l'ouvrage, en nous présentant une culture beaucoup plus démocrate que républicaine, au sens français de ces deux mots, et parce que la République s'est construite sur une élite (guidant le peuple). Que et l'Etat, l'élite( mais il pourrait aussi ajouter les moins abstraites subventions du ministère...) filtrent la culture populaire et font honneur à la culture classique, celle des créateurs qu'ils ont passé au tamis de leur jugement esthétique, ou labellisé.

 

6)      Enfin, dans votre conclusion, vous dires que nous apprenons beaucoup de ce livre, ce qui est juste. Mais on pourrait aller plus loin, et se demander, en tant que lecteur et acteur culturel,  à mon avis,  « Comment combattre l'ennemi si on ne connait pas ses stratégies, ses objectifs, des façons de faire la guerre, la guerre douce du (Soft Power)? » Ce livre est un véritable petit arsenal d'armes pour comprendre, donc pour mieux lutter, et surtout mettre ses préjugés et ses représentations à la poubelle, ils ne sont pas de grand secours pour lutter, ou seulement pour avancer.

 

7)      Ce que vos ne dites pas, c'est, par exemple,  la question posée par le livre : Quand la France s'ouvrira-t-elle réellement aux restes du monde? Pour le lecteur et bien que les derniers chapitres sur l'Europe évitent le sujet, on observe que les USA, mais aussi les grandes régions du monde ( Chine et Inde, par exemple, 2,5 milliards d'habitants) ont  surtout les yeux rivés sur les autres, en permanence, considérés comme des concurrents ou des partenaires. Ils les observent, leurs « piquent des marchés », ou des artistes, s'y installent ou projettent de s'y installer. Avec ou sans « modèles », d'ailleurs...Ils tentent le coup ! En France ( 60+ millions d'habitants) c'est une toute autre Histoire ! On veut exporter un « modèle », une « exception », une Grandeur, un Passé via des Ambassades, en plus. Ce que Mainstream démontre, c'est que des pays plus conquérants envoient chaque jour à la conquête des milliers de petits gremlings, qui, quittent à bluffer, tentent leur chance pour s'infiltrer dans les marchés des restes du monde. On pourrait aussi ajouter que  notre fréquentation des cinémas en France  a bondi en 2009, c'est grâce aux films blockbusters - pardon, poids lourds - des US.      La bataille s'annonce tout de même inégale...Il faudrait en parler et se bouger, plutôt que s'arc-bouter, camper,  se raidir sur des positions défensives?

Et, à nous lecteurs, FM pose sans cesse une question : dans ces conditions, Comment faire ?

Un exemple concret d'ouverture aux autres:

un exemple très concret du manque d'ouverture sur les autres ( Autres personnes, mais aussi autres points de vue, méthodes, partenariats, mode de gestions, TIC, financements...) subis avec  le tourisme culturel (Cf sur mon blog  la présentation du livre Meanstream, de Frédéric Martel,  sur mon site : www.nouveautourismeculturel.com.) Mélanger Culture et le Tourisme, mélanger Culture et industries du Transport, de l'hébergement ou d'autres activités, prendre le pouls de la « demande », faire des produits cultuels adaptés, tout cela    est un peu « meanstream », donc très souvent  suspect. Et pourtant, les chiffres sont là : 80 % des moyens de la culture dédiés à la diffusion  secteur public sont ciblés, en France, sur les seuls « Publics de Proximité ». Ceux qui habitent et vivent dans la région, ou le département, ou la ville. Les   équipes, leurs directeurs, les subventions, la formation des professionnels, initiale et continue, l'accompagnement des visiteurs, la médiation culturelle, les enquêtes sur les visiteurs comme Pratiques culturelles des français...Tout cela, de nature très différente, mais qui « fait système »,   est à l'œuvre pour les seuls « publics de proximité », français. Au moins pour tout ce qui peut faire l'objet d'une visite culturelle, soit  le Théâtre, le spectacle vivant, le patrimoine, le livre et la lecture, le cinéma d'art et d'essai, les arts plastiques, pour reprendre les terminologies habituelles.  On raffine même l'accès et la médiation de cette offre de proximité avec des programmes plus ou moins ciblés, dirait le marketing : les publics « empêchés » (Prisons,  Hôpitaux, Handicap),  les publics scolaires+ l'enfant hors du milieu scolaire+ l'enfant dans la Politique de la Ville, les étudiants,  etc..... Et pourtant 50% à 90% des publics de la culture, selon les sites culturels,  ne sont pas des publics de proximité mais des touristes français ou étrangers. « Dormir en dehors de chez soi 48 heures », la définition du Touriste,  est donc un gros défaut, en France, car on n'est pas invité  du club. Il est  logique de consacrer les fonds publics de chaque territoire à ses habitants, et de développer, encore et encore, la fréquentation des sites, lieux et évènements culturels à leur adresse, il faut continuer. Ne serait-ce que parce que cette action permet de redistribuer les contributions des habitants. Mais, selon moi, il faudrait aussi  voir les réalités en face (les fréquentations), évaluer nos procédures, nos dizaines de dispositifs, empilés au cours des 20 dernières années, enchevêtrés.  Et  nous ouvrir aux autres et au futur. Pour inventer. Même si cela suppose de faire son deuil de pratiques habituelles, mais, c'est un vieux débat, sont-elles toutes évaluées ? Donnent-elles globalement satisfaction, du point de vue de la démocratisation culturelle ?   

 

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