consultation guide des usages, du protocole et des relations publiques

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I • Le discours : tout un art

Fiche pratique n° 1 PEUT-ON SE DÉBARRASSER DU TRAC À L’ORAL ?

 


Le trac est le fait de la plupart des orateurs qu’ils soient ou non chevronnés. Pourtant, chacun d’entre nous se sent bien seul aux prises avec le trac. Pire, on se croit coupable de ne pas arriver à s’en débarrasser. Or la première des choses à savoir est que celui-ci est un réflexe avec lequel on ne peut que négocier.

 

Il faut donc faire le deuil de l’idée selon laquelle le trac est à éliminer. Tout le monde en est victime. C’est le dosage et l’intensité de celui-ci ainsi que notre capacité à le gérer qui fait la différence. En d’autres termes, nous ne sommes pas égaux devant le trac même si personne n’est épargné. Avant une intervention en public, mieux vaut se dire une bonne fois pour toutes que le trac, le stress vont arriver et s’y préparer plutôt que s’enfuir… Quelques pistes.

 

A - Le responsable est le cerveau reptilien

 

Autrefois, l’enjeu vital était au centre des préoccupations de l’Homme. Du lever au coucher, son unique job était de « rester en vie » : ne pas tomber dans un trou ou dans un ravin ; ne pas se faire croquer par un fauve au détour d’une forêt ; ne pas avoir le crâne défoncé par un individu de la tribu voisine. Toute nouvelle rencontre était donc source de très grand stress : il en fallait des doses d’adrénaline pour courir vite, frapper fort, sauter haut pour échapper à l’adversaire.

Aujourd’hui, l’enjeu vital s’est déplacé sur des activités bien plus civilisées et bien plus cérébrales, essentiellement d’ordre économique : garder son job, être compétent voire compétitif, gagner de l’argent en suffisance, se développer économiquement. Pourtant les termes et le stress qui y sont liés sont les mêmes. On est un « tueur », on va « dégommer » un concurrent, Untel est considéré comme « mort » par ses collègues. Personne n’en meurt pourtant.

Ces belles capacités de survie sont le fait du cerveau reptilien toujours aussi actif de nos jours quoique fort domestiqué par les contraintes juridiques et morales de notre monde moderne. Néanmoins, il continue de « faire des siennes » dans des situations aussi décalées qu’une réunion de travail où l’on doit prendre la parole devant un supérieur ou bien lors d’une présentation devant plus de cinq personnes.

Lorsqu’on prend la parole devant un groupe, le cerveau reptilien nous envoie le message suivant : « Attention ils vont se jeter sur toi et te manger car tu es seul face à un groupe, ils sont plus forts. ». Ce qui aurait pu être vrai dans une forêt de l’ère paléolithique ne l’est plus du tout (ou si peu) dans la salle du conseil d’une collectivité locale. Mais tous les raisonnements du monde ne peuvent rien contre un réflexe vieux de milliers d’années.

Dès lors, sur la commande du reptilien, les surrénales vont injecter de l’adrénaline dans le corps afin de le rendre plus performant en cas de lutte ou de fuite. Cependant aucun agent digne de ce nom n’ira agresser ses collègues ou s’enfuir de la salle de réunion, il restera donc poliment en place, sauf que l’adrénaline déversée dans son sang, et s’accumulant, aura rapidement l’effet contraire à ce pourquoi elle a été secrétée : elle deviendra un vrai poison. La liste des effets secondaires de l’excès d’adrénaline est imposante (voir encadré).

 

Qu’est-ce que le cerveau reptilien ?
 
Le Dr Paul Mc Lean, chef du laboratoire sur l’évolution et le comportement du cerveau à l’Institut national pour la santé mentale à Bethseda (États-Unis), a proposé une théorie du cerveau à trois étages. Selon cette théorie, le cerveau humain est en réalité composé de trois cerveaux, chacun superposé au précédent, comme les poupées russes emboîtées l’une dans l’autre. Le premier est le cerveau reptilien primitif, ainsi appelé parce qu’il ressemble au cerveau des reptiles préhistoriques, et à celui des alligators et des lézards de nos jours. Dirigé par l’instinct, ce cerveau contient le savoir ancestral de l’espèce et une partie du système involontaire. Le second est le limbique qui regroupe nos émotions, souvenirs, sentiments, et le troisième est le cortex, la fameuse « matière grise », plus entraînée à mémoriser, compter analyser, synthétiser, bref, la plus intelligente des trois parties.

 

Les effets secondaires de l’adrénaline : le trac
 
- Accélération du cœur ;
- Respiration plus forte ;
- Sueurs ;
- Bouche sèche ;
- Voix trop basse ou trop haute ;
- Nausées ;
- Diarrhée ;
- Sensation de jambes coupées, paralysie ;
- Confusion mentale (trous de mémoire).

 


B - Que faire pour limiter les effets du trac ?

 

On l’aura compris, il est inutile de vouloir éradiquer le trac : il n’est que l’expression d’une peur ancestrale fortement ancrée en nous. Par contre, le réduire et le canaliser sont possibles. Les pistes sont autant mentales que physiques.

Il est important de se dire que l’essentiel du travail antitrac se situe en amont de l’intervention orale. Une fois le trac installé, il est trop tard. Imaginez-vous une casserole de lait débordant sur la cuisinière, même si l’on pense pouvoir empêcher la catastrophe en la retirant du feu de justesse, il est toujours trop tard et le lait passe, à tous les coups, par-dessus bord. Suivant cette métaphore, pour éviter que le lait ne déborde, il aurait fallu réduire la chaleur sous la casserole bien avant… Pour le trac c’est la même chose, il faut s’en préoccuper activement, toute l’année, en continu.

Physiquement, il est important de pratiquer un sport, de préférence de type cardiovasculaire, afin d’entraîner le cœur. Un cœur de sportif est plus lent et donc « pompera » moins vite cette dangereuse adrénaline dans le sang, vous donnant ainsi une précieuse avance sur l’arrivée des symptômes invalidants. Par ailleurs, le sport favorise l’oxygénation du corps dans son entier (y compris les tissus cérébraux). Cette meilleure oxygénation apporte des idées plus claires et une meilleure résistance à la fatigue induite par le stress.

Même si « boire un petit coup » donne, sur le moment, un certain courage, l’alcool est, à la longue, un très mauvais conseiller en image. Outre le fait qu’il réduit les compétences intellectuelles (et ce dès le premier verre), il entraîne sur la durée des idées dépressives qui génèrent à leur tour un désir de boire. Le piège se referme ; nombreux sont les acteurs qui en sont victimes. Ils boivent pour pouvoir entrer en scène mais ne peuvent s’arrêter de boire car ils doivent entrer en scène pour travailler… On peut tenir le même raisonnement sur les drogues licites ou illicites. De fait, l’usage des psychotropes devrait être réservé à des personnalités d’une émotivité extrême (le trac peut entraîner l’évanouissement, par exemple).

Par contre, exercer son mental de toutes les manières (relaxation, yoga, pensée positive, hygiène de vie mentale…) constitue sur le trac un levier de premier plan. On aura soin avant toute chose d’être moins exigeant avec soi-même : les deux tiers des angoisses des orateurs viennent du fait qu’ils mettent la barre trop haut. De la même manière, il est inutile de penser à mettre son trac en veilleuse si on n’a pas au préalable une estime de soi suffisante. Apprenez, seul ou avec l’aide d’un coach, à voir les choses – et surtout vous-même – autrement.

 

9 mesures physiques et mentales à prendre contre le trac
 
La bonne nouvelle est qu’il est possible de réduire le trac à très peu de chose pour peu qu’on y travaille ; la mauvaise nouvelle est qu’il faut beaucoup et longtemps y travailler :
- pratiquer un sport (plus spécialement les entraînements cardiovasculaires) ;
- pratiquer la relaxation, le yoga ;
- éviter alcool et psychotropes ;
- positiver ;
- renforcer l’estime de soi ;
- faire le deuil de l’exhaustivité ;
- faire le deuil de la perfection ;
- faire le deuil d’être aimé par TOUT LE MONDE ;
- se créer des « arrimages » mentaux lors de l’intervention (personnes sympathiques à chercher du regard).

 


À savoir
Une étude réalisée par le centre de recherches en communication de l’université de Palo Alto en Californie démontre que dans la plupart des cas, moins de 10 % de la salle devant laquelle vous vous exprimez vous est défavorable à neutre, les 90 % restants vous sont potentiellement ou réellement tout acquis. Alors, détendez-vous !


 


Marie-Jeanne Marti

Consultante spécialisée en expression écrite et orale

Créatrice de Coachforleaders (http://www.coachforleaders.fr)

 

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