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Le projet ambitieux de l'usine de méthanisation de Seine-Saint-Denis, prévu pour 2015, qui devrait retraiter les déchets de 900 000 Franciliens pour en tirer du compost et du biogaz, suscite la méfiance des riverains et de la mairie de Romainville, qui craignent en particulier que cet équipement génère de mauvaises odeurs. Un moratoire a été décidé.
« On a finalement acté l'idée d'un moratoire de la part du Syctom pour laisser le temps de faire un audit indépendant sur les conditions de sécurité et environnementales », a expliqué à l'AFP Corinne Valls, maire de Romainville. Le moratoire sur ce projet lancé en 2006, a été concédé par le Syctom le 1er février à l'issue d'une première réunion publique, à l'ambiance houleuse, avec 700 participants soutenus par des comités de citoyens et l'association Arivem des riverains de l'usine à Romainville et les communes voisines Bobigny, Pantin et Noisy-le-Sec.
Principal grief des opposants: le procédé prévu pour la méthanisation est celui du tri mécano-biologique (TMB), qui risque de générer des odeurs nauséabondes alentour. « Sur 80% de la surface de l'usine ces déchets circulent sur des trémies, tables à rebond, et tapis aimantés pour en extraire les matières fermentescibles susceptibles de rentrer dans les digesteurs où la fermentation prend alors plus de deux semaines », s'est ainsi inquiété, auprès de l'AFP, François Mouthon, président de l'Arivem.
Le responsable du Syctom, François Dagnaud, conseiller municipal de Paris, admet « qu'il y a peut-être eu des erreurs ici et là, mais la méthanisation c'est propre, il n'y a pas d'apport chimique et ça s'inscrit dans la lutte contre le réchauffement climatique ».
Le contrat pour ce projet de 240 millions d'euros devrait être prochainement formalisé avec l'entreprise espagnole Urbaser qui s'engage à produire 80 000 tonnes de compost par an et une quantité de biogaz équivalente au chauffage annuel de 6 800 logements. Mais la norme européenne sur la qualité du compost va changer fin 2012, rappellent les opposants, donc les débouchés ne sont pas garantis et au final le compost produit risque de finir à la décharge.
Sceptique devant cette solution, la maire de Romainville a proposé de mettre à profit le moratoire pour explorer de nouvelles pistes. Notamment auprès de jeunes entreprises de biotech implantées dans la région et travaillant sur des procédés à base de micro-algues. « En Afrique du Sud des usines de méthanisation fonctionnent avec ces micro-algues capables de donner davantage de méthane et à la sortie un compost de qualité », souligne-t-elle.

Extrait de
La quotidienne de Techni.Cités - N° 745
(10/02/2012)
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