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II • Honneurs militaires

Fiche pratique n° 11 POLITIQUE DU DEVOIR DE MÉMOIRE AGIR POUR LE RESPECT DE L’HYMNE NATIONAL : « GÉNÉRATIONS FOOT » À ÉPINAY-SUR-SEINE

 


 

Avant chaque rencontre sportive entre les sélections nationales, l’hymne de chaque pays est joué. Dans le domaine du football, lors des rencontres telles que France-Algérie 2001, France-Maroc 2007 et France-Tunisie 2008, la Marseillaise a été sifflée. Ces actes ont été perçus par l’ensemble des institutions comme un manque de respect envers toute une nation, une atteinte aux valeurs de la République.

Différentes mesures ont été annoncées pour répondre à ces dérives, souvent en réaction à une situation, mais il n’a guère été question jusque-là de prévention et d’éducation.

 

C’est pourquoi il faut transmettre à la jeunesse l’histoire de notre passé afin que de telles tragédies ne se produisent plus jamais. En partenariat avec les associations (club de foot, l’Union nationale des combattants, l’association Foot citoyen, la Fondation pour la mémoire de la déportation), la ville d’Epinay-sur-Seine a décidé de présenter aux jeunes du club de foot des situations qui favorisent leur réflexion et leur permettent de comprendre comment les institutions humaines s’efforcent d’inscrire les devises de notre République dans la réalité.

À ce titre, un projet est né : Générations foot.

 

A - Objectifs de l’action

 

Ces objectifs sont :

- assurer le relais entre les anciens combattants et les jeunes générations par des témoignages et des rencontres. Cette action permet de mettre en place un dialogue intergénérationnel.
Les anciens combattants apportent aux jeunes les chaînons essentiels de la mémoire, notamment ce que signifie l’hymne national, « la Marseillaise », et pour quelles raisons il ne faut pas la huer. En effet, lors de la seconde guerre mondiale, des femmes et des hommes de toutes origines (Spahis marocains, tirailleurs sénégalais, etc.) se sont battus au prix du sacrifice ultime pour que les devises de la République – Liberté, Égalité, Fraternité – puissent perdurer ;

 

- participer à la cérémonie locale de la commémoration du 62e anniversaire de la victoire des alliés. Ce sont les jeunes qui ont invité la population et les différents acteurs locaux à participer à cette commémoration. Ainsi ils ont été « les maîtres de cérémonie » ;

 


Avec Raymond Aubrac lors du 62e anniversaire de la victoire des Alliés

 

- contribuer à l’évolution de la citoyenneté des jeunes : cette action permet aux jeunes de s’interroger sur le monde contemporain et par la même occasion de prendre conscience de la défense des droits de l’Homme. En effet, le sport, et notamment le football, sont porteurs de messages clairs contre les fléaux qui rongent la société du monde entier tels que les inégalités, l’intolérance, les conflits, les discriminations, l’antisémitisme, le racisme… De plus, le fair-play est reconnu comme un concept de responsabilité sociale.
Dans cet esprit, établir le lien entre la jeunesse et les associations patriotiques permet de poursuivre le rapprochement intergénérationnel.

 

B - Préparation

 

1. Établir des partenariats

 

Partenaires de l’opération d’Epinay-sur-Seine :

 

- Foot Citoyen est un projet social où le média football est prétexte à la transmission de valeurs éducatives et citoyennes à tous, pratiquants, passionnés… Pour ce faire, outre un travail médiatique, l’association crée des outils pédagogiques et réalise des actions de terrain. L’histoire de Foot Citoyen, créée en septembre 2003 par Arsène Wenger et Didier Roustan, démarre d’un constat et d’une volonté : dans un climat social difficile, à une époque où de nombreux jeunes souffrent d’un cruel manque de repères aussi bien familiaux que scolaires, l’un des moyens les plus efficaces pour les captiver et leur transmettre des valeurs est de le faire à travers leur passion. Le football, sport « passion » et populaire, véhicule des notions éducatives (respect de la règle et de l’autorité, persévérance, abnégation, don de soi, ouverture vers l’autre, éveil, sens des responsabilités, contrôle de soi, etc.), même si elles ont parfois tendance à être, aujourd’hui, galvaudées. C’est pourquoi l’association Foot Citoyen s’est donnée pour mission d’aider les éducateurs, entraîneurs et bénévoles à posséder de réels outils pédagogiques dans leur mission d’épanouissement de l’individu, et en particulier des jeunes.

 

- La Fondation pour la mémoire de la déportation est la plus ancienne des fondations de mémoire issue de la seconde guerre mondiale. Elle s’est voulue, dès sa création en 1990, comme le souhaitaient ses fondateurs, représentative des différents courants historiques de la déportation et donc porteuse de plusieurs mémoires. La composition de son conseil d’administration traduit cette volonté puisqu’il est constitué de déportés dits de répression (résistants, otages, communistes, syndicalistes, militaires, etc.) et de déportés dits de persécution (parce que juifs selon les critères établis par le régime de l’État français de Vichy et les nazis).
En outre, le dosage équilibré des sensibilités politiques de ses administrateurs favorise l’expression des différents courants de pensée qui ont animé la résistance et l’opposition au nazisme et à l’État français de Vichy, puis alimenté la mémoire de l’après-guerre.

 

- L’Office national des anciens combattants
Au quotidien, l’ONAC a pour mission de coordonner les actions suivantes :

* reconnaissance et réparation ;

* solidarité ;

* mémoire ;

* hébergement pour personnes âgées dépendantes ;

* reconversion professionnelle.

 

- Union nationale des anciens combattants
L’UNC accueille toutes les générations du monde combattant sans distinction d’opinion, de race ou de religion pour :

* rassembler les hommes et les femmes qui ont porté l’uniforme pour la défense de la France pendant les conflits ou au titre du service national, les veuves d’anciens combattants et les veuves et orphelins de guerre,

* maintenir et développer les liens de camaraderie, d’amitié et de solidarité qui existent entre tous ceux qui ont participé à la défense de la patrie,

* agir pour la défense des intérêts du monde combattant,

* perpétuer le souvenir des combattants morts pour la France,

* contribuer au devoir de mémoire et à la formation civique des jeunes générations,

* participer à l’esprit de défense par son témoignage et ses réflexions.

 

2. La répartition des tâches

 

Avant toute chose, il faut réserver :

- le stade municipal : les quatre terrains de foot ont été coupés en deux permettant de faire jouer deux matches par terrain soit huit terrains ;

- la salle pour le petit-déjeuner, et transmettre une note technique auprès du restaurant municipal. 300 jeunes étaient présents. Le petit-déjeuner et le déjeuner ont été pris en charge par l’Union nationale des combattants. Les membres de l’Union nationale des combattants se chargeaient d’accueillir les participants et de leur distribuer les bons-repas (ci-joint un exemple).

 

 

 

- les bénévoles de l’association patriotique (soit 45 personnes) s’occupaient du barbecue, du petit-déjeuner, etc. Un membre de l’Union nationale des combattants était affecté à une équipe de foot ;

- voitures et chauffeur pour les personnalités ;

- ne pas oublier de faire appel à la Croix rouge dans le cadre d’un poste de secours ;

- ne pas oublier d’installer un mât dans le cadre de la levée des couleurs + une sono et un lecteur CD. Faire appel à un jeune DJ de votre commune pour la diffusion de la Marseillaise et également la diffusion de musique. Il en sera honoré (attention, bien déclarer la diffusion des musiques à la SACEM). Pour notre part et dans le cadre de notre partenariat, c’est le célèbre journaliste footballistique Didier Roustan qui a commenté les matches des jeunes ;

- commander les médailles et les coupes : dans le cadre de cette action, c’est la Fondation pour la mémoire et la déportation qui a pris en charge les récompenses ;

- outre les médailles et coupes, la ville a imprimé 300 Marseillaises en A3 cartonné. Chaque Marseillaise était enroulée et maintenue par un ruban aux couleurs de la France et le sceau de la Marianne ;

- le club de foot s’occupait de gérer les équipes, l’arbitrage et la table de marque. De plus, il fournissait les arbitres, ballons, chasubles, etc. Et surtout, il gérait l’inscription des jeunes.

 

C - Déroulement

 

De 9 h 00 à 10 h 00 : dialogue intergénérationnel autour d’un petit-déjeuner au restaurant municipal :

- intervention de M. Rabah Serraï, président du CSME Football et membre de l’association Initiatives des jeunes spinassiens ;

- intervention de M. Norbert Lison, président de la section locale de l’Union nationale des combattants ;

- intervention de Mme Marie-José Chombart de Lawe, présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation (Grand-Croix de la Légion d’honneur) ;

- intervention de M. Raymond Aubrac, (grand-croix de la Légion d’honneur, croix de guerre 1939-1945, médaille de la résistance avec rosette, chevalier du mérite social, officier de l’Ordre Ouissam alaouite, ordre de l’amitié de la République socialiste du Viêt Nam) ;

- intervention de M. Babacar N’Diay, tirailleur sénégalais (croix de guerre) ;

- intervention de M. Didier Roustan, président de l’association Foot citoyen.

 

De 10 h 00 à 12 h 30 :

- Sur deux terrains sont joués les matches de poules qualificatives pour les quarts de finale.

 

De 12 h 30 à 14 h 30 : Dialogue intergénérationnel autour d’un barbecue pour l’ensemble des équipes :

- Dialogue entre les jeunes et M. Hervé Chevreau, Maire d’Epinay-sur-Seine, Mme Marie-José Chombart de Lawe, de M. Boubakar N’Diaye, M. Didier Roustan, M. Norbert Lison, M. Rabah Serraï.

 

De 14 h 30 à 17 h 30 :

- reprise des matches ;

- dialogue avec les anciens combattants.

 

17 h 30 :

- remise des prix ;

- levée des couleurs ;

- la Marseillaise par M. Hervé Chevreau, Maire d’Epinay-sur-Seine, Mme Marie-José Chombart de Lawe, M. Boubakar N’Diaye, M. Didier Roustan, M. Norbert Lison, M. Rabah Serraï.

 

D - Conclusion

 

Les Français entretiennent avec leur histoire des liens intenses, polémiques parfois, indifférents jamais. Au terme d’une longue période de refoulement, de remises en cause et même de batailles juridiques, une seule certitude semble perdurer : c’est en écoutant les anciens que l’on comprend les raisons qui ont poussé tant de gens à s’engager dans la résistance, au nom d’une certaine idée de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, pour que puisse retentir à nouveau, dans une France occupée par les nazis, le refrain victorieux de la Marseillaise.

La manifestation Générations foot a contribué à souder les relations entre les plus jeunes et les plus anciens d’entre nous.

Elle a également contribué à réfléchir sur la manière de vivre pleinement, chaque jour, les trois mots de notre devise républicaine, qui expriment la même conception des droits de l’homme. Sur un terrain de football, une expression traduit bien cet état d’esprit, elle nous a été donnée par nos amis anglais : c’est le fair-play, le jeu juste, l’amour du sport dans son acception la plus épurée.

 

C’est justement cette attitude faite de combativité, de générosité et de dépassement de soi qui a permis à notre équipe de football de devenir cette année championne de la Seine-Saint-Denis et d’être promue en championnat régional.

 

Quel est le jeune qui n’aime pas le foot aujourd’hui… ?

 

Croire que l’on peut le faire est possible. Normalement cette action est assez facile à mener grâce aux liens privilégiés tissés par les chargés du protocole avec les associations patriotiques et les différents services de la collectivité territoriale (service des sports, service technique, service jeunesse).

Aujourd’hui le bilan de cette action qui s’est reconduite jusqu’à mon départ de cette ville est très positif :

- les jeunes ont appris que des personnes, d’origines diverses, ont défendu les valeurs de la République. Ils savent maintenant pourquoi il ne faut pas huer la Marseillaise ;

- le lien qui s’est établi entre les anciens et les jeunes a perduré. En voici la preuve. Raymond Aubrac est décédé le mardi 10 avril 2012. Ces jeunes d’Epinay-sur-Seine étaient présents lors de l’hommage national rendu le lundi 16 avril aux Invalides. Ils étaient protocolairement et avec accord de la famille placés dans le carré réservé à la famille à 1,50 mètre du président de la République. Ils sont venus avec des bleuets (le bleuet de France est le symbole de la mémoire et de la solidarité envers les anciens combattants et les autres victimes de guerre). Ces bleuets ont accompagné M. Raymond Aubrac dans sa dernière demeure.

Ce sont les jeunes qui sont allées dès 6 h 30 du matin chercher Marie-José Chombart de Lawe chez elle en voiture pour l’accompagner à la cérémonie nationale.

 


Avec Marie-José Chombard de Lauwe le 16 avril 2012

 

Voici le mail de remerciement :

 

De : Elisabeth Helfer Aubrac
Envoyé : mercredi 18 avril 2012 09 h 54
À : Nordine Chouf
Objet : cérémonie d’hommage à Raymond Aubrac
 
« Comme promis, les bleuets étaient sur le cercueil. Leur présence a permis de trouver la force de finir les prises de parole familiales en expliquant d’où ils venaient. Merci et belle vie à tes jeunes ». Elisabeth Aubrac

Je terminerai par une citation de M. Raymond Aubrac à l’attention des jeunes :

« Voici ce que je dis aux jeunes : si vous partez battus, vous n’arriverez à rien ; si vous vous battez, alors vous aurez peut-être une chance d’arriver à quelque chose. »

 

À vous de juger si ces jeunes et ce club de foot d’Epinay-sur-Seine sont parvenus « à arriver à quelque chose » dans le cadre de la citoyenneté, et du respect de nos anciens.

 


Nordine CHOUF

Directeur des relations publiques et du protocole de la ville de Puteaux

nordinechouf@voila.fr

 

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