Compléments rédaction.

Accueil > Magazines > Compléments rédaction.

Emmanuel Cattiau au prix de l'Ethique 2010

987 - 29/11/2010

LN-LCT 412

M. le Président du jury, chers collègues membres du jury, mesdames, messieurs,

Ce prix de l'éthique est le fruit d'une volonté d'un groupe de presse professionnel des collectivités territoriales et de professionnels des collectivités.

J'ai le plaisir, en tant que membre de ce jury, d'ouvrir à nouveau cette remise de prix et j'ai le devoir de formuler ce propos introductif au nom des 1 800 000 agents des collectivités qui œuvrent au côté des élus locaux pour apporter les services nécessaires aux habitants de nos communes et aussi pour mettre en œuvre ce que l'on appelle la solidarité de proximité avec et aux côtés du mouvement associatif.

Cette solidarité de proximité tente de répondre par des solutions locales à des désordres globaux et essaye de rompre les spirales de marginalisation : pas de travail, pas de logement, pas d'accès aux soins, pas d'accès au savoir. Nous sommes pourtant la 5ème puissance économique mondiale et le sentiment de fragilité domine dans nos quartiers pudiquement qualifiés de difficiles... même dans ma commune « pas pauvre », le budget total 2010 des aides du CCAS a été « consommé » en 5 mois, il a fallu rajouter de l'argent, la crise est toujours là alors que l'on parle de reprise...

Notre lauréate, Florence Aubenas a donné des prénoms à cette crise et a décrit les conditions de travail de notre prolétariat des temps modernes... en France, au 21ème siècle. Son travail de journaliste s'est centré sur les gens, pas les « people ».

Il vient étayer les craintes que nous avons de voir la paupérisation s'installer durablement.

Même si nous sommes des fonctionnaires, presque une insulte dans la bouche de certains, notre engagement dans le service public n'est pas étranger pour un grand nombre à la notion d'altérité. C'est l'un des moteurs de notre motivation et je le retrouve parmi de jeunes cadres qui intègrent nos collectivités.

Florence Aubenas décrit « l'inadmissible ordinaire » qui sévit dans notre pays riche et moderne. Son livre va plus loin que son travail ou plutôt rappelle l'éthique de sa profession, éthique pas éloignée, je pense, de l'éthique de ceux qui défendent les services publics vitaux pour une démocratie.

Loin de moi l'idée de récupérer quoi que ce soit, car avant de passer la parole à Hugues Périnel, j'avais simplement besoin de dire merci à Florence Aubenas, merci pour ce livre qui nous rappelle à une réalité vitale, celle de la fraternité, troisième terme de notre devise républicaine.

Et je citerai Martin Luther King : "Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons ensemble comme des idiots"