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Date de mise en ligne : 27/10/2008.
Edito
Par manque de temps, j'ai traîné un peu pour acheter le premier numéro de Vendredi le jour de sa sortie. Ce nouvel hebdo, dont je vous avais annoncé la parution en début de mois, s'inscrit clairement dans ce mouvement de "journalisme de liens" actuellement en train de s'amorcer et dont Guillaume Narvic est l'un des fervents défenseurs et animateurs (voir notamment la création récente de MediaLinks avec dix-neuf autres blogueurs-veilleurs).
J'ai tout de même acheté le numéro 1 au cours de la semaine, car j'étais vraiment curieuse de voir à quoi pouvait bien ressembler le web sur papier, à défaut d'avoir pu me procurer Tous les médias, définitivement introuvable dans ma capitale de province... Je dois reconnaître que j'avais quelques réticences à m'emballer pour ce projet, auquel je ne trouvais qu'un intérêt limité : qui peut bien s'intéresser à une forme d'information "alternative" tirée de la blogosphère sans en être déjà familier ? Autant la valeur ajoutée du Courrier International (précédent "bébé" de Jacques Rosselin) semble évidente (la compilation et la traduction d'articles de presse du monde entier), autant celle de Vendredi (la compilation de billets de blogs francophones) saute nettement moins aux yeux de l'internaute moderne. Quelle erreur ! Si l'on met de côté le format vraiment pas pratique du journal (format "tube" soit environ 30 x 60 cm), Vendredi est plutôt une réussite. Le contenu repose sur des valeurs sûres de la blogosphère, dont certaines sont bien connues des lecteurs de cette newsletter (Jean-Marie Le Ray, Olivier Ertzscheid, Maître Eolas ou Guillaume Narvic). On y retrouve également des journalistes (John-Paul Lepers, Jean-Michel Aphatie...) et des sites d'information comme Rue89, Bakchich ou non-fiction.fr. Le journal n'est pas qu'un simple empilement de billets glanés ça et là sur le Net. On y trouvera notamment une "Netenquête", synthèse du Web réalisée par un journaliste à partir de sources mentionnées en fin d'article ; dans le n° 1, Christine Tréguier (Politis) s'est intéressée aux enjeux économiques du déploiement des éoliennes. Mais il y a surtout une vraie ligne éditoriale dans Vendredi, qu'on pourrait d'ailleurs rapprocher de celle du Courrier International.
Même si j'avais déjà lu quelques uns des billets reproduits ou résumés dans Vendredi, j'ai pris un réel plaisir à parcourir les colonnes de l'hebdo, qui se lit un peu comme le Canard enchaîné. La mise en page est dynamique et claire, et on saute de billet en billet comme on naviguerait en hypertexte dans un Web balisé dont on aurait sorti le meilleur, en part infinitésimale, certes, mais il faut bien faire des choix et le temps de lecture n'est pas élastique.
Alors à qui s'adresse Vendredi ? A vous, à moi, à l'internaute qui n'a pas le temps de veiller ou de se laisser entraîner par la sérendipité, à celui qui veut s'informer autrement que par les canaux habituels mais ne connaît pas ou très mal la blogosphère, au non-internaute (oui, il en existe encore et même plus qu'on ne l'imagine) soucieux lui-aussi d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte. J'y vois aussi un outil particulièrement riche pour nos collègues de l'Education nationale, même si l'on tend à leur contester toute fonction pédagogique. Il y a en effet dans Vendredi de quoi nourrir de nombreuses séquences avec les élèves autour de la presse, d'Internet, de la hiérarchisation et de la validation des informations. J'y vois également un titre qui mérite une bonne place sur les présentoirs des bibliothèques publiques et dans les animations des Espaces publics numériques. Et puis ce serait tellement mieux que la presse people dans les porte-revues des salles d'attente de médecins !
Sur le Web :
- Le site de Vendredi et sa sélection au jour le jour
- "Vendredi ou l'entorse creative", les états d'âme d'Olivier Ertzscheid qui a jusqu'alors toujours écrit sous licence Creative Commons
- L'interview de Jacques Rosselin sur le site de Télérama.

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