consultation guide des usages, du protocole et des relations publiques

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I • L’installation du conseil municipal

Fiche pratique n° 4 ORGANISER LE PROTOCOLE RELATIF À UNE SIGNATURE DE CONVENTION

 

Les signatures de conventions, de contrats, de partenariats, de documents de référence sont fréquentes dans le monde des collectivités. Il s’agit, sans nul doute, du temps protocolaire par excellence, et ce quelle qu’en soit la forme. Parfois solennelles, officielles, avec des institutions, des partenaires extérieurs, des syndicats locaux, des opérateurs (téléphonie, distributeurs d’énergie), elles peuvent revêtir des dimensions fort différentes, qui exigeront souvent un protocole minutieusement étudié. Même quand elles sont internes, avec un impact plus limité, ces signatures de conventions devront obéir à des règles minimales pour en assurer une valorisation.

De la rédaction de la convention elle-même au lancement des invitations, en passant par la signature elle-même, chacune de ces phases nécessite de s’appuyer sur un protocole éprouvé. Le diable se nichant souvent dans les détails, on sera particulièrement attentif à des éléments qui feront la différence (choix de la salle, parapheurs et stylos en nombre suffisant, présence de la presse pour la photo, cocktail le cas échéant). Le choix d’une salle de taille adaptée au nombre de personnes que l’on attend permettra de montrer que l’objectif est atteint en termes de public. Nous avons, ici, récapitulé les fondamentaux propres à toute signature de convention.

 

1. Nature des délégations, statut des signataires

 

Il n’est pas inutile de rappeler que, dans les collectivités, nombre d’actes ne transitent pas par une signature du premier magistrat ou de ses adjoints. Sont ici sommairement rappelés quelques aspects juridiques liés à ces questions. Ces règles juridiques ne dispensent pas de souligner que la signature d’une convention par le maire représente aussi fréquemment un véritable enjeu symbolique comportant une dimension évidente de communication.

L’article L.2122-18 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) prévoit l’hypothèse des délégations de fonction, qui se distinguent des délégations de pouvoir et de signature. Le juge administratif rappelle régulièrement l’importance du respect des règles applicables aux différentes délégations.

 

En temps normal, le maire peut organiser des délégations de pouvoir et de signature :

- la délégation de pouvoir, accordée à une autorité de façon abstraite, opère un véritable transfert juridique de compétence ; le déléguant se trouve dessaisi de cette compétence ;

- la délégation de signature est, quant à elle, consentie à une personne nominativement désignée qui représente une simple mesure d’organisation interne du service permettant à l’autorité publique de se décharger matériellement de certaines tâches, sans qu’elle soit dessaisie de ses pouvoirs. L’auteur d’une délégation de signature peut, à tout moment, « évoquer » les dossiers gérés par son délégataire et, éventuellement, décider lui-même en lieu et place du délégataire. Cette délégation de signature ne dessaisit pas l’autorité administrative d’une partie de ses compétences. Elle a seulement pour objet de permettre à une autorité subordonnée de signer certaines décisions relevant de l’autorité délégante en son nom, sous son contrôle et sa responsabilité. La délégation est personnelle et peut être retirée à tout moment. La délégation de signature n’emporte normalement que le droit de signer les documents ouverts par l’arrêté de délégation dans tel ou tel domaine. On la trouve plus fréquemment pour les fonctionnaires de la collectivité considérée, bien qu’elle soit concevable également dans le cas des élus. L’arrêté organisant les délégations de signature en direction des fonctionnaires est transmis non seulement au représentant de l’État mais aussi au procureur de la République près le tribunal de grande instance dans le ressort duquel se trouve la commune ;

- la délégation de fonction a pour objet la régulation des relations entre élus. Le CGCT prévoit en effet la possibilité, pour les exécutifs locaux, de déléguer, sous leur surveillance et leur responsabilité, l’exercice d’une partie de leurs fonctions.

 

a) Délégation au maire

 

Le maire peut se voir attribuer par le conseil municipal certaines délégations et ce, pour la durée de son mandat. La liste des délégations autorisées est fixée par l’article L.2122-22 du CGCT ; elle comporte notamment le fait de représenter la commune en justice et de la défendre, ou celui de passer les contrats d’assurance et d’accepter les indemnités de sinistre correspondantes. Le maire est tenu de rendre compte des décisions prises dans ce cadre à chacune des réunions obligatoires du conseil municipal, soit au moins une fois par trimestre.

En matière de marchés publics et d’accords-cadres, le maire peut aussi recevoir délégation du conseil municipal en vertu de l’article L.2122-22 du CGCT.

L’article L.2122-23 prévoit en outre que la signature du maire peut être déléguée à l’un de ses adjoints ou à un conseiller municipal, « sauf disposition contraire dans la délibération portant délégation ». Mais cet article spécifie aussi que, « sauf disposition contraire dans la délibération, les décisions relatives aux matières ayant fait l’objet de la délégation sont prises, en cas d’empêchement du maire, par le conseil municipal ». La délégation de signature donnée par l’édile à toute personne autre que celles nommées à l’article L.2122-23 doit donc avoir été prévue dans la délibération du conseil municipal donnant délégation au maire.

 


b) Déléguer des signatures et des fonctions à des fonctionnaires

 

Il est assez peu fréquent que le maire d’une commune de quelque importance se déplace pour signer lui-même, au nom de sa commune, les actes impliquant cette dernière. Il en est de même des exécutifs des autres collectivités locales. Le maire a la faculté de déléguer sa signature au « directeur général des services et au directeur général adjoint des services » (article L.2122-19 du CGCT). Il peut également déléguer sa signature aux responsables de services communaux. Selon l’article R.2122-8 du CGCT : le maire peut donner délégation de signature à des fonctionnaires pour les actes suivants : délivrance des expéditions, des délibérations et arrêtés, certification de la conformité et de l’exactitude des pièces justificatives produites à l’appui des mandats de paiement. Cette délégation ne peut être exercée qu’en l’absence des adjoints.

La délégation de fonctions peut s’exercer pour le maire au profit d’un ou plusieurs fonctionnaires titulaires de la commune (à l’exclusion des stagiaires et des contractuels, pour les fonctions qu’il exerce en tant qu’officier d’état civil en matière de mariage, pour la réalisation ou la transcription de l’audition commune ou des entretiens séparés ; en matière d’actes d’état civil, pour la réception des déclarations de naissance, de décès, d’enfants sans vie, de reconnaissance d’enfants et l’établissement des actes en découlant ; en matière de changement de nom de l’enfant, la déclaration parentale conjointe, le consentement de l’enfant de plus de seize ans ; en matière de changement de filiation, le consentement de l’enfant majeur ; en matière de registres d’état civil, la transcription, la mention en marge de tous actes ou jugements ; en matière de délivrance de copies, d’extraits de tous les actes d’état civil (CGCT, article R.2122-10).

Cette délégation de fonctions peut aussi s’exercer au bénéfice des fonctionnaires de la filière police municipale, dans le domaine de la police des funérailles et des lieux de sépulture. Les actes ainsi dressés portent la seule signature du fonctionnaire municipal délégué.

 

c) Déléguer des fonctions à ses adjoints

 

Le maire peut déléguer, par arrêté, une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l’absence ou en cas d’empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d’une délégation, à des membres du conseil municipal. La délégation peut être faite pour un objet spécial ou comprendre la mention d’un ou plusieurs services tels que l’état civil, l’entretien général de l’ensemble des installations sportives, le suivi des contrats d’entretien des bâtiments (extincteurs, chauffage, ascenseurs…).

La délégation de fonctions est particulièrement employée au sein des collectivités territoriales. Dans cette hypothèse, le maire conserve ses prérogatives de premier magistrat de la ville. Le maire dispose d’une grande liberté : celle de se substituer à son délégué, ou celle de lui retirer à tout moment sa délégation. La délégation de fonctions emporte délégation de signature. Une telle délégation n’entraîne pas transfert de compétence et s’exerce sous la surveillance et la responsabilité du maire, et au nom de celui-ci (Réponse ministérielle n° 10-284, JO Sénat Q du 4 mai 1995).

 

À noter
Un conseiller municipal peut recevoir une délégation de fonction, quel que soit son rang dans l’ordre du tableau et elle ne modifie pas ce dernier (Réponse ministérielle n° 34226, JOAN Q du 26 novembre 1990). Elle ne lui donne pas préséance sur les autres conseillers municipaux (Réponse ministérielle n° 29640, JOAN Q du 6 août 1990).


 

2. Rédaction de la convention : le préalable indispensable

 

On ne signe généralement pas un document qui n’est pas finalisé, même si les modalités du partenariat trouvent (parfois) à s’appliquer avant cette signature, simplement parce qu’il ne manque que la date de signature (sur laquelle il faut se mettre d’accord).

En règle générale, la signature marque l’officialisation d’un partenariat, sa mise en place. Tout repose donc sur sa rédaction. En droit, la convention est un accord de volontés conclu entre des personnes (des groupes sociaux ou politiques, des États) et destiné à produire des conséquences juridiques. Une convention est signée entre des structures (association, société ou autre organisme), et non entre des personnes physiques. Les signataires sont donc les représentants des organismes ou des institutions. Une convention est un instrument essentiel pour le bon déroulement d’une collaboration autour d’un projet commun. Mieux elle définit le projet, et ce jusqu’aux plus petits détails, plus celui-ci aura de chances de voir le jour dans les meilleures conditions, les engagements de chacun étant précisément établis. Il faudra être très précis lors de l’élaboration d’une convention avec un ou plusieurs partenaires : plus vous serez concret, plus les conditions de réussite de toute collaboration seront réunies.

Une simple question de détail et de précision dans le contenu de la convention peut donc avoir un impact important. Les termes employés doivent s’avérer clairs et aucun doute ne doit subsister. Pensez également à regrouper tous les items traitant d’une thématique dans un même article, pour que la convention soit la plus lisible possible.

La rédaction marque donc le véritable point de départ de l’enchaînement des différentes étapes allant des invitations à la signature. Un rétroplanning rigoureux est un gage de sérieux : il convient d’être assuré que la rédaction de la convention définitive sera achevée avant la cérémonie et, compte tenu du nombre de signataires potentiels, cela peut être un point délicat. Cette phase rédactionnelle – si elle n’appartient pas à proprement parler au protocole – le conditionne étroitement. Il convient donc d’être très vigilant sur ce point, de s’assurer du suivi de la rédaction et des allers-retours de validation pour éviter toute mauvaise surprise le jour J.

 

Notre conseil
Appuyez-vous sur un référent juridique (direction générale, service des marchés publics…), qui vous tiendra au courant de l’avancement de cette phase essentielle. L’ensemble des étapes en découlent en effet.


 

3. Choisir la date et l’heure

 

L’organisation d’une cérémonie officielle au cours de laquelle un texte ayant une valeur juridique (convention, avenant, contrat, accord, etc.) sera signé entre différents partenaires, par des personnes habilitées à le faire, ne s’improvise pas !

La recherche d’une date commune à plusieurs représentants institutionnels – maire ou adjoint, président du conseil départemental, régional ou leurs représentants, préfet – est un préalable essentiel. Elle doit déboucher sur une proposition faite suffisamment en amont pour que les invitations puissent être lancées dans le bon timing. C’est un point crucial, qui se traduit parfois par un véritable décalage dans le temps, tant les agendas peuvent s’avérer difficiles à concilier. Il est recommandé de faire des propositions aux cabinets respectifs (s’il s’agit de signataires publics), aux secrétariats concernés dans d’autres cas et de suivre l’établissement de la date – on voit parfois des signatures qui finissent par se « perdre » dans les méandres de ces délais. La rédaction de la convention peut d’ailleurs se poursuivre durant le processus de calage des agendas pour déboucher sur une proposition de date raisonnable, proche de l’aboutissement de la convention.

Les organismes signataires mettent ensuite au point ensemble la date, le lieu et l’heure de la cérémonie. Rien n’impose cet horaire, mais il est d’usage de signer les conventions en fin de matinée, vers 11 heures ou midi, pour des raisons de disponibilités. Ce créneau horaire présente aussi un intérêt pour la couverture de l’événement par la presse avec une possibilité de publication dans la presse quotidienne régionale dès le lendemain. Notons que, fort logiquement, les veilles de week-end et les congés scolaires sont à proscrire si on attend une affluence importante.

 

S’il y a lieu, il est également important de tenir compte de la période de réserve électorale. À l’occasion des élections présidentielle et législatives de 2017, cette période a par exemple débuté le 24 mars pour prendre fin le 18 juin de cette même année. Cette tradition républicaine ne résulte d’aucun texte. Pendant cette période, le gouvernement et les préfets doivent limiter au maximum leurs interventions publiques, sauf en cas d’urgence (catastrophe naturelle ou industrielle, accident, attentat…). Les signatures de convention ne sont bien entendu pas proscrites pendant cette période, mais vous ne pourrez pas compter sur la présence d’un représentant de l’État, ce qui amoindrira l’impact de toute cérémonie. Autant attendre un moment mieux approprié.

Cette période est fixée par le ministère de l’Intérieur pour chaque élection et transmise aux préfets. Son rôle est de garantir la neutralité de l’État et des services publics dans le cadre de la période de campagne électorale en imposant une obligation de « réserve d’usage » à l’égard des agents publics dans l’exercice de leurs fonctions. Ainsi, cette période de réserve s’applique aux agents publics et plus spécialement à ceux qui sont amenés à participer, dans l’exercice de leurs fonctions, à des cérémonies ou à des manifestations publiques. Elle a notamment pour objectif de s’assurer qu’aucun fonctionnaire ou agent public ne fera usage de sa fonction à des fins de propagande électorale.

En dehors de leur service, les agents publics peuvent, comme chaque citoyen, participer aux élections et à la campagne qui les précède. Ils sont cependant soumis à un devoir de réserve « classique », qui s’impose à tout agent public en vertu de la jurisprudence.

 

4. Un lieu judicieusement choisi

 

Le choix d’un lieu revêt une grande importance. À l’hôtel de ville, la salle des mariages ou du conseil sont d’usage – celle du conseil s’avérant adaptée, avec la présence de tables propice à la bonne tenue de la signature.

N’oublions jamais que le lieu choisi porte en lui un premier message sur la fréquentation attendue, l’importance attachée à la signature. C’est un aspect tout sauf anodin.

Le stationnement est un aspect non négligeable lié au choix de la salle. La desserte en transports en commun devra être précisée sur l’invitation, en particulier pour les personnes venant de l’extérieur. Quelques places pourront être matérialisées – avec discrétion – pour les deux ou trois personnalités d’envergure (préfet…). La présence de la police municipale est bienvenue pour assurer cette mission. Il n’est jamais inutile de faciliter le stationnement des associations invitées par exemple. C’est une forme de courtoisie.

 

À noter
La forme de la cérémonie, le choix d’une salle doivent s’adapter à la nature de la convention signée, aux objectifs fixés par les élus (fréquentation), à l’importance que l’on lui veut donner dans la presse. Le protocole doit être au service de cette ambition.


 

5. Lancement des invitations

 

Trois semaines avant la signature (au minimum, mais les dates sont souvent trop tardivement fixées), il s’agira de finaliser votre liste d’invités, croisée avec celles des cosignataires pour éviter au maximum les doublons. Faites imprimer un carton d’invitation, une fois celui-ci validé par tous les signataires de la convention – une attention particulière sera portée aux logos et aux titres des élus (qui est la puissance invitante ? quels sont les signataires ? quelles sont les personnalités à nommer ?). Complétez l’envoi des invitations par une version numérique par mail. Certaines collectivités substituent progressivement le support dématérialisé à l’envoi papier, ce qui s’avère pratique, notamment quand les délais sont courts.

 

Il est important de déterminer la jauge attendue lors de la signature, qui peut se tenir en petit comité ou nécessiter un public plus important. Il faut alors prévoir de convier, en se basant sur des fichiers mis a jour régulièrement :

- tous les élus de votre collectivité (majorité et/ou opposition selon les pratiques en vigueur) ;

- les directeurs des services concernés, les cadres administratifs ;

- le personnel communal intervenant dans le champ de compétence de la convention ;

- les associations départementales, municipales, régionales intervenant dans le champ de compétence de la convention ;

- les personnalités locales incontournables ;

- la presse locale et la presse nationale spécialisée (idéalement), surtout si des retombées particulières sont attendues de la convention ;

- les habitants repérés intervenant dans le champ de la convention (ils seront sensibles à cette marque d’attention) ;

- les financeurs, qui auront été préalablement associés à la rédaction et à la mise en forme de l’invitation.

 

Les pratiques diffèrent selon les collectivités concernées, selon le nombre de puissances invitantes aussi.

Inviter largement à une signature permet de valoriser l’existence de cette convention ou son objet, son originalité, son caractère novateur. Certaines puissances invitantes peuvent légitimement souhaiter une certaine discrétion (cf. signature de convention avec un opérateur de téléphonie, avec des représentants syndicaux, avec des représentants des forces de sécurité…). Il conviendra de s’être préalablement mis d’accord sur ce point, pour éviter toute mauvaise surprise le moment venu. On considère a priori qu’une signature de convention offre un moment de visibilité et d’affichage partagé, mais cela peut ne pas s’avérer le cas. Une réponse souhaitée – par téléphone ou mail – quant à la présence des invités permet d’adapter la réception au public. C’est un aspect important : rien de pire qu’une trop grande solennité si elle ne s’accorde pas avec le public ! Inversement, prendre à la légère une signature face à une salle comble peut être mal perçu.

 

La table de signature est installée sur le podium pour deux ou trois signataires ou à côté du podium ou de l’estrade s’il y a plus de signataires (en cas de grand nombre, on adaptera la formule).

 

6. Signature de la convention : un décorum à soigner

 

La signature de la convention proprement dite n’est pas forcément un temps très long, plutôt un moment symbolique. Il s’appuie sur une mise en scène soignée sans être ostentatoire : salle joliment décorée (plantes), table des signatures propre, bouteille d’eau devant les signataires, dont le nom apparaît sur les porte-noms qui jouent un rôle d’identification et de placement. Quand on se trouve dans une salle des mariages, ou du conseil, le décorum institutionnel produit généralement son effet et ne nécessite pas d’être alourdi.

Les porte-noms posés sur la table précisent la place de chaque signataire (qui pourra être guidé discrètement vers la table ou le pupitre s’il y a des prises de parole). Celui qui reçoit a à sa droite l’autre signataire, s’ils sont deux. Il peut être au milieu de la table, s’ils sont plus nombreux.

Avant la signature, chacun des partenaires peut être invité à dire un mot : il faudra veiller à avoir déterminé (et communiqué aux entourages) un temps de parole identique pour chacun.

 

Exemple
S’il y a 8 signataires, trois minutes par personne représentent déjà un joli « tunnel » de prise de parole. Ce temps de parole devra être respecté pour ne pas lasser l’auditoire.


 

Les signataires prennent la parole dans l’ordre inverse de l’ordre protocolaire défini par le décret n° 89-655 du 13 septembre 1989 relatif aux cérémonies publiques, préséances, honneurs civils et militaires (cf. Annexe I de cet ouvrage). La personnalité la plus importante est celle qui conclut. Généralement, il s’agit du représentant de l’État. Celui qui accueille ouvre les prises de parole.

Un parapheur contenant la convention est posé devant chaque signataire. Prévoir des stylos en nombre suffisant. Quand la convention comporte plusieurs pages, le parapheur sera ouvert à la page où apparaissent les noms des signataires.

Un exemplaire supplémentaire signé est généralement destiné à la préfecture, faisant office de dépôt officiel. Des exemplaires signés sont photocopiés pour les signataires qui repartent ainsi symboliquement avec une convention.

Quand le nombre de signataires est très important (au-delà de 6 par exemple), il est recommandé de faire signer un parapheur unique par tous les signataires qui se succèdent à la table de signature. Les autres exemplaires seront signés plus discrètement ensuite.

Les responsables du protocole veillent à aider les signataires. Le moment de la photo sera précisé, permettant aux photographes de n’être pas entravés au moment de la prise de vue.

Quand la signature se tient en présence d’une haute personnalité, il est d’usage que celle-ci demeure debout derrière les signataires. Charge au protocole que cela ne soit pas trop long !

 

À noter
Maître de cérémonie ou non ? Trop de signatures de conventions empruntent – alors même qu’il y a peu de monde – un formalisme un peu désuet. Un maître de cérémonie (ou une hôtesse) doit livrer les informations essentielles (objet de la convention, nom des signataires…) ; si le ton est pompeux ou excessivement révérencieux, l’exercice s’avérera contre-productif. donner un coup de jeune à ces cérémonies n’est pas un objectif inutile, sans tomber dans le trop peu. tout est question de dosage…


 

7. Cocktail, buffet ou apéritif

 

Selon l’horaire retenu (généralement en fin de matinée), un moment convivial clôt la réception sous la forme d’un verre de l’amitié, qui ne doit pas être un repas. Rien n’interdit aux signataires d’aller ensuite déjeuner, mais le cocktail doit être adapté, sans lourdeur ou formalisme trop excessif. C’est juste une manière conviviale de clore la signature.

 

8. Une conférence de presse en clôture ?

 

Il faut, bien entendu, adapter la formule du point presse, dans la mesure où les journalistes ont déjà récupéré leurs images (la signature) et les documents nécessaires comme le texte de la convention. Le point presse est à intégrer au temps de la signature de la convention lui-même.

Inutile de prévoir un formalisme trop lourd : dans l’hypothèse où vous compteriez peu de journalistes, une mise en scène « guindée » serait du plus mauvais effet. Les présentations doivent être aussi concises et illustrées que possibles : une bonne formule (dont on sait qu’elle sera sans doute reprise telle quelle dans la presse) vaut souvent mieux qu’un discours lu, qui n’apporte aucune valeur ajoutée au texte fourni dans le dossier ! La séance de questions-réponses est indispensable (elle peut se faire au moment des signatures) : c’est souvent à ce moment-là que les journalistes puisent la matière de leur article.

 

Que remettre aux journalistes présents ?
 
Même si plusieurs personnes s’expriment et que les journalistes prennent des notes, la remise d’un dossier de presse est quasiment indispensable. C’est à la fois un gage de sérieux et l’assurance que les participants disposeront d’informations dont vous maîtrisez le contenu. En effet, au moment de rédiger, le journaliste peut souhaiter vérifier la justesse d’une information et le dossier de presse sera alors sa référence. Celui-ci pourra être remis dès l’arrivée, ce qui permet d’enregistrer les présences effectives. Ce dossier de presse sera ensuite adressé sans délai aux médias absents pour tenter d’obtenir des retombées. Ce dernier aspect est à ne pas négliger, dans la mesure où une absence purement conjoncturelle n’induit pas forcément un désintérêt pour l’initiative de la collectivité territoriale.
 

Notre conseil
Une convention n’est pas un document communicant pour celui qui n’en maîtrise pas les subtilités. Un communiqué synthétique voire un dossier illustré sont un vrai plus surtout s’il s’agit de faire de la signature un moment de communication.


 

En conclusion

 

Il n’existe pas à proprement parler de modèle de signature de convention. Selon la forme et les attentes, le formalisme à adopter varie. Solennité, simplicité, modestie de la cérémonie de signature peuvent être des réponses différentes selon la nature de ce temps.

On soulignera l’importance toute particulière du travail en amont de la signature proprement dite, de la rédaction de la convention au lancement de l’invitation (dématérialisée ou pas).

La signature elle-même exige un protocole attentif, qui ne soit pas inutilement dispendieux, même si une telle réception est porteuse de retombées intéressantes en termes d’image pour les principaux signataires.

Tout dépendra également de la force que l’on entend donner à ce genre de moment de la vie locale : une signature de convention de coordination des polices par exemple peut donner lieu à un coup de projecteur sur la collectivité concernée, qui souhaite valoriser son investissement sur ce thème. Dans ce cas, il pourra y avoir un véritable intérêt à médiatiser l’événement.

Signalons aussi la problématique particulière du public : nombre de conventions territoriales sont signées sans que cela ne passe par un formalisme particulier (le conseil municipal autorise…). Dès lors, celles que l’on souhaite formaliser lors d’un temps de signature présentent généralement un intérêt du point de vue de la communication.

Il est rare que les signatures de conventions sortent d’un cadre un peu convenu. Elles sont même parfois associées à des moments existant dans la vie locale, mais on peut tout à fait imaginer leur donner un écho plus vaste . Par exemple : parapher une convention de coopération culturelle lors d’une présentation de saison dans un équipement culturel, auquel cas il faudra s’intégrer – intelligemment – à l’initiative prévue. Cela permet aussi de s’appuyer sur un spectacle, un moment vivant qui donnera plus de relief à l’événement.

Finalement, les signatures de conventions sont souvent ce que nous décidons d’en faire. Elles résultent d’une démarche volontariste de la collectivité signataire. Il faut donc organiser un moment ramassé, pas trop lourd, à la solennité adaptée… pour créer les conditions du succès, dont les retombées profitent à tous.

 

Bruno Cohen-Bacrie

Directeur de la communication de la ville d’Échirolles

 

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