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Offrir le WiFi à ses concitoyens

Article du numéro 446 - 01 juillet 2012

NTIC

Certaines collectivités, à l'image de la ville de Bordeaux, souhaitent proposer un service inédit à leurs concitoyens : le WiFi gratuit. Mais le montage juridique et financier d'un tel projet mérite réflexion.

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Ainsi, les habitants et les citoyens pourront rester dans les lieux publics pour surfer sur internet via leur appareil mobile (ordinateur portable, Smartphone, tablette). Pour une collectivité, disposer de son propre réseau WiFi permettra aussi de le mutualiser.


Pourquoi offrir du WiFi gratuit à ses concitoyens ?

Actuellement, dans la plupart des villes, bénéficier d'un accès internet gratuit par le WiFi nécessite soit de disposer d'un fournisseur d'accès internet qui propose un accès WiFi à ses abonnés, soit de se rendre dans un lieu privé qui propose un accès WiFi gratuit (un restaurant par exemple).
Pour une ville, offrir un réseau WiFi permet donc de rendre l'accès à internet vraiment public. Les citoyens peuvent rester dans les lieux publics (parcs, bâtiments publics etc.) pour accéder à internet via leur ordinateur portable, leur tablette ou leur Smartphone. Dans une certaine mesure, le WiFi gratuit concourt également à réduire la fracture numérique (certes, le concitoyen devra disposer d'un appareil mobile avec une carte WiFi). La collectivité se dote ainsi d'une image de ville moderne en phase avec son temps. Pour une ville touristique, l'accès WiFi offre un atout indéniable : le touriste, par définition nomade, disposera d'un accès internet dans ses pérégrinations au sein de la ville. La collectivité pourra également mutualiser ce réseau WiFi pour  la vidéoprotection (les caméras de surveillance pourront se connecter au réseau WiFi sans génie civil), la gestion de trafic (les caméras assurant la gestion du trafic pourront également se connecter sur ce réseau) et la gestion des parcmètres. Grâce à des parcmètres WiFi, Barcelone a ainsi économisé trois millions d'euros par an (1).
Cela permet aussi le désengorgement des réseaux 3G. Les opérateurs pourront basculer une partie de trafic 3G sur le réseau WiFi.
Au final, les utilisateurs disposeront d'une meilleure qualité de service. La collectivité pourra également bénéficier des avantages de la géolocalisation. En fonction de l'emplacement de la borne WiFi, l'utilisateur pourra se voir proposer un service et/ou un contenu personnalisé : une information municipale personnalisée en fonction du lieu (comme la présentation de l'actualité d'un musée) ou une publicité locale (pour un restaurant par exemple).


Quel modèle économique ?

L'utilisateur dispose d'une connexion gratuite à internet via le réseau WiFi pendant une durée limitée (souvent une demi-heure ou une heure) à un débit de 512 k. Au-delà de ce terme et/ou pour un débit supplémentaire, la connexion devient payante. En, contrepartie, le fournisseur d'accès affiche des publicités sur l'écran de l'utilisateur. Les publicités présentes sur les sites internet sont remplacées par celles choisies par l'opérateur. Naturellement, la municipalité conserve un droit de regard sur le choix des annonceurs. De même, des quotas de publicité sont mis en place afin de ne pas matraquer l'utilisateur avec du contenu promotionnel.
Enfin, l'opérateur privé gère l'intégralité de l'installation, du fonctionnement, de l'entretien et des revenus publicitaires.


Les obstacles à surmonter

La mise en place d'un réseau WiFi rencontre naturellement certaines résistances comme les craintes de la population pour la santé. L'installation d'un réseau à base d'ondes est un sujet hautement sensible auprès des populations voisines des antennes. Le débat sur la nocivité des ondes des réseaux de téléphones portables reste ouvert. Les résultats des nombreuses études scientifiques restent controversés à ce sujet. La mise en place d'un réseau WiFi va immanquablement rencontrer les mêmes résistances, notamment si le secteur couvert par le WiFi contient des espaces sensibles comme une école maternelle ou une maison de retraite. Heureusement, les antennes ne sont pas placées au hasard. D'une part, l'opérateur mène une étude d'impact. D'autre part, les antennes peuvent être soit multi, soit unidirectionnelles. Orienter le rayon d'ondes de manière adéquate reste donc tout à fait possible.
De même la population ne manquera pas de soulever le problème de la pollution visuelle. La crainte est en effet que l'installation d'antennes défigure l'habitat. À ce sujet, les risques sont moindres. En effet, une antenne WiFi mesure environ vingt centimètres et peut se dissimuler dans une cache. Une antenne a une portée d'environ deux cents mètres.


Des contraintes juridiques

À cela s'ajoutent des contraintes juridiques.Fournir un accès internet suppose de respecter la législation en vigueur. En vertu du décret du 24 mars 2006, le fournisseur d'accès doit notamment conserver les données relatives au trafic des communications électroniques. Les utilisateurs du WiFi gratuit mis en place par la collectivité devront ainsi s'authentifier pour se connecter au réseau. Lors de la première connexion, un numéro de téléphone leur est demandé. L'utilisateur reçoit alors sur son téléphone les codes de connexion nécessaires. Les personnes qui ne possèdent pas de portable sont invitées à se rendre en mairie pour obtenir (après vérification de leur identité) ces mêmes codes.
C'est l'opérateur privé qui endosse le rôle de fournisseur d'accès internet.


Et la sécurité informatique ?

Un réseau WiFi reste plus fragile aux attaques de pirates informatiques. Des petits logiciels disponibles gratuitement sur internet offrent la possibilité de récupérer les éléments nécessaires pour usurper l'identité des utilisateurs auprès de certains services en ligne. Sécuriser le réseau WiFi de point à point (notamment par un cryptage adéquat) reste donc une nécessité, non seulement pour rassurer les utilisateurs, mais également pour répondre aux obligations légales en la matière. En effet, en vertu de la loi Hadopi (loi n° 2009-669 du 12 juin 2009) le titulaire d'un abonnement internet (en l'occurrence le fournisseur d'accès également), doit sécuriser l'accès à son réseau pour éviter qu'une personne ne s'en serve à des fins illégales (téléchargement d'œuvres protégées, pédophilie etc.).

1. Source : http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0201818853819-l-operateur-wi-fi-gowex-deploie-des-reseaux-municipaux-publics-269714.php.


Bordeaux, première ville WiFi

Bordeaux est la première ville française à offrir le WiFi gratuit à ses concitoyens. La rive gauche de la Garonne ainsi que les principaux bâtiments publics seront équipés de points WiFi. Les Bordelais et les nombreux touristes pourront ainsi surfer sur internet en toute liberté dans les principaux lieux publics de la ville. Afin que l'accès au réseau WiFi soit totalement gratuit, la ville s'est appuyée sur sa propre infrastructure de fibres optiques, pour y connecter les points d'accès WiFi. L'utilisateur dispose d'une connexion 512 Ko pendant une heure. Au-delà de ce terme, il devra se reconnecter. Chaque utilisateur est authentifié sur le réseau à travers un portail d'accès à internet fourni par la société Gowex sélectionnée par appel d'offres.


Docdoc

Pour aller plus loin
La société Gowex, titulaire du marché pour la fourniture du portail d'accès pour la ville de Bordeaux a mis en place un site internet pour expliquer son offre :http://municipalites.gowex.com/index.html
Cette offre s'adresse également aux associations et aux entreprise