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II • Honneurs militaires

Fiche pratique n° 16 IMPLICATION PARTAGÉE DES INSTITUTIONS À LA CÉRÉMONIE DU 11 NOVEMBRE

 


Introduction

L’Éducation nationale, la collectivité territoriale locale et la préfecture travaillent en étroite collaboration. Les autorités respectives (préfet, directeur académique, maire) entretiennent des relations codées au service de la collectivité. Elles sont amenées à se rencontrer pour gérer des situations complexes (d’effectif, d’ouverture/fermeture de classes, d’établissement, de sécurité, du choix des formations par rapport au bassin économique…). Elles sont à l’écoute des citoyens, représentés par les associations, les syndicats, relayés par la presse. Le citoyen est parent ou élève, électeur et/ou candidat, syndicaliste…

 

Mais l’implication partagée des autorités, des citoyens, avec les intermédiaires (enseignants et fonctionnaires de la collectivité territoriale) est plutôt rare. La cérémonie officielle du 11 Novembre peut être une de ces occasions non contraignante (temps, coût) à l’impact civique partagé garanti.

 

A - De l’élaboration du projet au premier contact avec les autorités

 

Les programmes scolaires réservent une part de moins en moins importante aux deux guerres mondiales. La Grande Guerre, en classe de 3e, doit se faire en trois séances. Progressivement, elle devient un sujet d’un autre temps, rattachée aux questions géopolitiques du XIXe siècle, d’autant plus éloignée de l’apprenant que la génération des élèves n’a pas pu croiser celle des anciens combattants de 1914-1918.

 

Elle a l’avantage de figurer en début d’année et peut être étudiée dans la semaine qui précède l’armistice. Il est donc facile de profiter de la commémoration pour étudier ce chapitre à ce moment de l’année où la réceptivité des collégiens est forte.

 

Beaucoup d’élus déplorent l’absence des élèves aux cérémonies officielles. Dans les petites communes, la fermeture des écoles y est pour beaucoup. Mais même dans les bourgs plus importants, on ne peut ignorer les difficultés pour les maires et anciens combattants de réunir à leurs côtés une brassée d’élèves.

 

Tout est une question de mobilisation de la part des professeurs des écoles ou de ceux du secondaire ; ils sont l’élément clé pouvant changer le cours des choses. Leur succès repose sur le fait que leurs élèves deviennent de véritables acteurs dans la cérémonie. Ils ne font pas que déposer une gerbe aux côtés du maire, ils prennent la parole et deviennent une courroie de transmission de la Mémoire.

 

En 2002, en tant que professeur d’histoire-géographie, je m’engage à déplacer une vingtaine d’élèves chaque année à la cérémonie, de sorte qu’avant le centenaire, nous ayons lu le nom de tous les soldats morts pour la France inscrits sur le monument aux morts de la ville (694 noms pour le chef-lieu du département), après l’autorisation exceptionnelle du secrétaire général de la ville.

 

En février de l’année qui suit la première intervention, une délégation d’élèves est conviée à une réunion concernant le protocole des cérémonies officielles à la préfecture. L’aventure va s’inscrire dans la durée et marquer pour dix ans la commémoration de la Grande Guerre dans la ville.

 

B - Une aventure inscrite dans la durée

 

Tous les ans en fin d’hiver, une réunion dirigée par le préfet se tient à la préfecture en présence de toutes les associations d’anciens combattants, des victimes, des anciens déportés, des institutions (Croix-Rouge, pompiers, police municipale, Éducation nationale, délégation militaire départementale, mairie, présidents des associations départementales de l’ordre national du Mérite, de la Légion d’honneur) et autorités religieuses. Toutes les cérémonies sont passées au peigne fin, dans l’ordre calendaire. La lecture du déroulement de la cérémonie est faite (horaires, défilé, intervenants). Chacun prend librement la parole pour indiquer toute proposition de modifications. Les propositions sont débattues et obtiennent l’acquiescement de l’assemblée.

 

Avec deux élèves, nous présentons notre projet. Deux classes de 3e s’engagent à établir des recherches sur une soixantaine de soldats pris dans l’ordre alphabétique, de les classer chronologiquement et par secteurs sur le front. Le résultat de leur recherche est ensuite lu au cours de la cérémonie du 11 Novembre.

 

Un aboyeur annonce le secteur et la période et en binôme, les élèves énumèrent les noms et prénoms, la date du décès et les circonstances. Ils s’inclinent ensuite devant le monument aux morts et se mettent de part et d’autre du monument face aux autorités.

 

Ainsi les représentants institutionnels, les élus, les militaires, anciens combattants et les familles constituent un « carré » fermé représentant l’ensemble de la communauté réunie sous le drapeau national.

 


C - Déroulement et impact

 

Sur dix ans, suivant le même procédé, plus de 200 jeunes collégiens se sont déplacés à la cérémonie.

 

Des variantes ont été proposées, donnant encore plus de cachet à la cérémonie. Rapidement, la préfecture accorda sa totale confiance dans l’ébauche préalable des propositions du professeur, analysées préalablement par le secrétaire général de la mairie.

 

De jeunes Allemands, « ambassadeurs de la Paix », ont participé. L’harmonie municipale pour leur rendre hommage a joué l’hymne européen. Cette contribution exceptionnelle a été faite après la clôture de la cérémonie. L’assemblée enthousiaste applaudit – fait rare pour une commémoration de l’Armistice.

 

Une autre année fut consacrée aux prisonniers morts dans la ville et aux soldats de la cité morts à l’étranger. Les élèves volontaires ayant des origines plus ou moins proches des pays cités tenaient en leur main le drapeau actuel des pays cités.

 

Les soldats morts dans les pays méditerranéens et les ressortissants des pays méditerranéens morts dans la ville ont également été cités. Selon le même principe, les jeunes représentaient simultanément leur pays d’origine et tenaient son étendard. Cérémonie colorée… qui a fait l’objet de longues discussions à la préfecture, à la mairie, sans satisfaire tout le monde : elle a pu malgré tout se réaliser et interroger les personnes présentes.

 

Des collégiens, des lycéens, des étudiants, mais aussi des délégations étrangères, allemandes, italiennes, hongroises ont été accueillis. En 2014, pour le centenaire, 80 jeunes de 15 à 35 ans ont représenté la moitié des soldats morts entre le 3 août et 11 novembre 1914. Parmi eux se trouvaient de jeunes parents, des fils de gendarmes, des étudiants infirmiers… L’objectif était de faire prendre conscience de l’importante hécatombe des premiers mois du conflit. L’âge et la profession des « morts pour la France » étaient cités.

 

L’événement a pris de l’ampleur. Les jeunes l’attendent. D’une année sur l’autre, ils reviennent pour voir la relève. Les familles accompagnent leur enfant. L’assemblée grossit…

 

Tous les partenaires sont satisfaits :

- les jeunes volontaires ayant conscience de rafraîchir la mémoire de la communauté urbaine ;

- les parents fiers de la présence active des enfants ;

- la ville, la police municipale, les pompiers, ainsi que l’armée et la gendarmerie heureux de voir une jeunesse responsable et respectant les anciens, la Mémoire, l’histoire, le drapeau national ;

- les élus et la préfecture conscients que la contribution des scolaires et des étudiants dans une commémoration est une preuve de respect intergénérationnel et d’unité ;

- les associations départementales des ordres nationaux (Légion d’honneur et du Mérite) soulignent l’événement en invitant le professeur à faire une conférence, en remettant un prix d’encouragement aux élèves.

 

Astuces
 
- La simplicité de l’action : deux séances de recherche en classe, aucun frais engagé ;
- L’impact local, départemental et national de l’action : l’événement local est reconnu par des associations départementales et fait l’objet d’une reconnaissance nationale (Accessit au prix national du Civisme, 3e prix national de l’ordre national du Mérite).


 

Pour en savoir plus
http://grandeguerreauxerre.blogspot.fr


 


Olivier Chollet de la Jousselinière

Principal, collège Leroi-Gourhan, Vermenton

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