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Article du numéro 434 - 15 décembre 2011
Echec ou réussite ? Le débat sur les effets de la politique de la ville et son évaluation ressurgit régulièrement. Tous les articles du numéro 434 |
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Échec ou réussite ? Le débat sur les effets de la politique de la ville et son évaluation ressurgit régulièrement. En effet, même si l'action sur le terrain ne s'est jamais essoufflée, reposant souvent sur l'engagement et le militantisme d'équipes pluridisciplinaires, il est inquiétant de constater que pour la sphère médiatique, l'existence ou non d'émeutes constitue encore bel et bien un indicateur de réussite ou d'échec des politiques mises en place. C'est au détriment d'une analyse objectivée des sujets de fond tels que ceux de l'accès à l'emploi, de l'habitat, ou de la présence des services publics et des entreprises sur ces territoires.
Bien au contraire, la politique de la ville, ou du moins la manière dont ses acteurs la mettent en œuvre au quotidien dans les quartiers, renvoie à tous les managers publics trois effets miroirs principaux .
Cela est particulièrement vrai dans ce domaine, car transformer des quartiers entiers nécessite de pouvoir travailler sur le long terme, notamment lorsqu'il faut agir dans un environnement composé de copropriétés dégradées.
C'est à ce prix que des résultats peuvent être obtenus. Ainsi, selon une étude remise au Comité de suivi de l'ANRU (1), il est rassurant de relever que les actions de rénovation urbaine menées dans de nombreux sites ont produit un commencement de diversification, et sont en voie de produire des effets d'attractivité.
À l'heure où l'action publique locale est parfois décriée, où une demande de « RGPP locale » recommence à poindre, un des ressorts essentiels de la cohésion sociale dans les quartiers les plus dégradés repose sur le volontarisme, et en particulier celui porté par les maires, comme vient de le souligner la Commission des finances de l'Assemblée nationale (2).
Et plus encore, dans cette période de mutation profonde pour les services de l'État déconcentré, cette même commission préconise d'une part un renforcement des prérogatives des collectivités territoriales, et plus particulièrement des communes, et d'autre part un remplacement des contrats urbains de cohésion sociale par l'apport d'enveloppes de crédits libres d'emploi aux collectivités.
Dans une période de raréfaction des ressources financières et de remise en cause des financements croisés, la politique de la ville a montré que localement, les cadres, territoriaux ou de l'État, ont su innover pour inventer de nouvelles pratiques professionnelles, privilégiant les échanges mutuels. Pour autant, sans cohérence de l'ensemble des politiques publiques de droit commun, leur action reste extrêmement fragile. Est-il logique par exemple, qu'avec la création du déjà fameux « FPIC » (Fonds national de péréquation des recettes fiscales communales et intercommunales), certaines communes éligibles à la dotation de solidarité urbaine soient également contributrices nettes à ce fond ?
1. « Les dynamiques sociales à l'œuvre grâce à la rénovation urbaine », étude commanditée par le Comité d'évaluation de l'ANRU et le secrétariat général du Comité interministériel des villes.
2. Rapport sur le projet de Loi de finances pour 2012.

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