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Article du numéro 434 - 15 décembre 2011
Les défis posés aux jeunes sont de difficulté croissante. Pourtant, ils sont de moins en moins bien armés pour les relever. C'est pour les aider que les missions locales ont créé l'Institut Bertrand Schwartz « pour comprendre et agir pour et avec les jeunes ». Tous les articles du numéro 434 |
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Le 4 octobre dernier, à la Bourse du travail de Saint-Denis, les missions locales tenaient leur journée nationale annuelle. À cette occasion était lancé l'Institut Bertrand Schwartz « pour comprendre et agir pour et avec les jeunes ». En présence de cet homme remarquable qui sut imaginer en 1981 les missions locales et qui, à 93 ans, conserve lucidité,
rigueur, force de proposition et humour, cet institut annonçait sa haute ambition. Trente ans après l'apparition de cette innovation sociétale, dont on aurait pu penser alors qu'elle n'aurait qu'une existence provisoire, l'institut donne aux missions locales un nouveau souffle, en leur permettant de bénéficier d'un puissant think tank, à la fois lieu national et international d'échanges, d'expérimentation et de formation-action pour que cette insertion des jeunes - qui pose des problèmes de plus en plus complexes, graves et urgents - puisse trouver des solutions neuves et fidèles à l'esprit de Bertrand Schwartz, c'est-à-dire telles que les jeunes eux-mêmes en soient les principaux acteurs.
L'économie en crise, l'éducation en crise, la société en crise : évidemment, tout cela fait système et complexifie sans cesse un peu plus l'insertion des jeunes dans la vie sociale et professionnelle. Et comme chaque fois que l'on doit affronter une situation complexe où mille paramètres et variables s'enchevêtrent et sont alternativement causes et effets les uns des autres, chacun préfère se défausser : c'est la faute des politiques, des enseignants, des entreprises, des parents, d'internet, des médias, de l'immigration, des jeunes eux-mêmes... Et pendant ce temps, la situation des jeunes s'aggrave.
C'est un constat partagé par tous ceux qui ont pu suivre l'évolution, dans le temps, de la rencontre des jeunes avec la société et l'univers professionnel : beaucoup d'entre eux, aujourd'hui, semblent moins équipés (maîtrise des mots, des concepts, du raisonnement, des nombres, des échelles de grandeurs, des codes...) que leurs prédécesseurs, alors même qu'ils doivent affronter un monde dorénavant plus dur, tant l'offre professionnelle, à tous niveaux et pour des raisons multiples, se fait plus exigeante et plus rare. D'où la difficulté croissante d'insertion dans l'emploi de jeunes de plus en plus nombreux même s'ils sont parfois de plus en plus diplômés.
C'est la conscience de cette aggravation qui a suscité la création de l'Institut Bertrand Schwartz ; d'où les cinq principes de réflexion et d'action qu'il a retenus et qui vont orienter son développement :
- penser l'insertion sociale et professionnelle des jeunes dans sa complexité et sa globalité ;
- partir des jeunes et d'une réelle écoute de ce qu'ils sont, de leurs attentes, de leurs projets ;
- soutenir l'approche territoriale et réaffirmer le rôle des acteurs locaux ;
- comprendre et favoriser les conditions de l'innovation et de l'action au plus près des jeunes et des territoires ;
- concevoir la recherche sans la dissocier de l'action en impliquant l'ensemble des acteurs. (1)
En suscitant la création de cet institut, l'Union nationale des missions locales (UNML) prend une initiative majeure qui devrait permettre aux missions locales de fortifier toujours mieux ce rôle essentiel qu'elles jouent au sein d'une société, qui sans elles, risquerait de se couper toujours plus d'une partie de sa jeunesse et donc d'obérer gravement son avenir. Il n'est que temps !
1. Est ici reprise la formulation de ces principes telle que publiée par l'article de Centre Inffo du 7 octobre 2011.

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