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Le magazine des professionnels de la gestion territoriale.
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Article du numéro 429 - 01 octobre 2011
François Hurel préside l'Union des auto-entrepreneurs (UAE) et le Forum international de l'entrepreneuriat de l'OCDE. Il est l'auteur du Rapport pour une politique en faveur de la création d'activités (remis au secrétaire d'État en charge des PME en janvier 2008) qui a conduit à la création du régime de l'auto-entreprenariat. (UAE : |
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Très bien ! L'objectif initial était de 200 000 auto-entrepreneurs. À la fin de l'année 2011, ils seront près d'un million. L'ambition de doter la France d'une densité d'entrepreneurs en ligne avec celle des autres pays comparables est en passe d'être atteinte. Compte tenu de sa population active, notre pays, avec 2,6 M. d'entreprises, était en retard. Avec près de 4 M. d'entrepreneurs, nous atteindrons un seuil comparable à celui de l'Italie, de l'Espagne ou de la Grande-Bretagne. Au-delà du nombre, c'est un changement de mentalité qui s'opère. Au discours dominant qui affirmait que les Français n'ont pas l'esprit d'initiative, se substituent les faits : ils sont entreprenants dès lors qu'on leur en donne la liberté.
Le régime de l'auto-entrepreneuriat a pour avantage de pouvoir être cumulé avec une pension de retraite, un salaire... Certains entrepreneurs vont utiliser le statut pour tester leur idée et lancer leur projet, puis transformer l'essai et créer une entreprise. D'autres vont continuer à cumuler les activités. Sont-ils des entrepreneurs pauvres ou des actifs qui cumulent des sources de revenus ?
L'idée de base est simple : financer les projets localement en réorientant l'épargne des particuliers. On permettrait ainsi au plus grand nombre d'auto-entrepreneurs de devenir entreprises. Aujourd'hui, nombre de créateurs rencontrent des problèmes de financement, au démarrage ou pour se développer. Les besoins sont pourtant accessibles : sur 230 000 créations annuelles, 92 % ont nécessité moins de 8 000 euros au démarrage et pour les autres, un investissement moyen de 20 000 euros.
On peut imaginer créer un Livret E, comme entreprise, collectant de l'épargne à l'échelle d'une ville moyenne ou d'une communauté d'agglomération. Les épargnants pourraient y flécher 1 ou 2 % de leur épargne, via un contrat signé avec leur banque. Les fonds seraient gérés par une structure d'intermédiation locale, avec les banques, les chambres de commerce et de métiers, des experts-comptables, des élus locaux, etc. Leur rôle serait de collecter l'épargne et de l'orienter ensuite vers les projets et entreprises locales qu'ils auraient sélectionnés.
Celui de trait d'union entre les prêteurs et les entrepreneurs. Elles pourraient s'investir dans la sélection des emprunteurs, mais aussi assurer la promotion de cette « épargne citoyenne », en consentant aux épargnants un avantage fiscal sur leur taxe d'habitation ou leur taxe foncière. Avec La Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, nous travaillons à la faisabilité technique du projet à Vannes et à Bourges. Une fois écrite la partition, nous la proposerons aux collectivités.
La crise financière a rendu les épargnants à la fois plus méfiants et plus attentifs. Nous avons fait réaliser une enquête par OpinionWay : 88 % des répondants souhaitent investir leur épargne dans la vie économique locale ; 66 % affirment préférer financer des petites sociétés employant moins de 20 salariés. J'ai l'habitude de dire que « Mme Michu » n'a pas besoin de leçons d'économie pour comprendre que l'emploi de demain - le sien, celui de ses enfants... - doit être près de chez elle. Justement, l'épargne collectée en proximité et orientée vers les entrepreneurs près de chez soi permet de recréer un lien charnel entre l'individu qui prête et l'entreprise.

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