consultation guide des usages, du protocole et des relations publiques

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I • L’installation du conseil municipal

Fiche pratique n° 2 LE PROTOCOLE D’UNE OPÉRATION « NETTOYAGE DE PRINTEMPS »

 

La propreté urbaine regroupe l’ensemble des opérations destinées à nettoyer les espaces publics d’une commune. Cela comprend le balayage mécanique ou manuel des voiries, le ramassage des corbeilles, le nettoyage après des opérations spécifiques comme les marchés, les animations. Le nettoyage par les équipes de propreté urbaine correspond donc à l’entretien courant lié à l’usage de l’espace. C’est un thème presque inépuisable de communication.

 

La thématique de la propreté en ville reste d’une très grande actualité. Les élections municipales ont révélé à quel point les Français se préoccupaient de cette question, aussi importante à leurs yeux que celle de la sécurité par exemple. Selon OpinionWay(*), pour les Français, la propreté est même le premier critère qui définit la ville idéale (45 %) suivi d’un taux de chômage bas (40 %), de transports en commun et d’espaces verts (36 %) et d’absence d’embouteillages (17 %).

 

Les opérations « semaine propre », « nettoyage de printemps » tendent d’ailleurs à se généraliser à l’approche des beaux jours. Les collectivités locales, et plus particulièrement les communes, en sont fréquemment les organisatrices. Ces manifestations s’appuient généralement sur une logistique adaptée, mais plus largement sur une mobilisation des services et des populations qu’il faut préparer avec soin. À rebours d’une idée répandue, ce ne sont pas nécessairement de simples opérations de communication, sans lendemain, mais bien des manifestations s’inscrivant dans une démarche plus globale. Ces opérations peuvent revêtir bien des formes. Les problèmes d’incivilité en matière de propreté urbaine varient fréquemment selon les territoires. Et les possibilités sont importantes : micromanifestation (type journée de nettoyage), sensibilisation dans les écoles, démonstrations de machines (balayeuses, nettoyeurs haute pression…), semaine d’initiatives, voire parfois accompagnement d’initiatives citoyennes. Réussir une opération nettoyage de printemps nécessite dans tous les cas de prendre en compte un certain nombre de recommandations concrètes ici rappelées. Ces préconisations portent aussi bien sur le protocole à observer en matière de communication, mais aussi en termes de matériel à rassembler pour réussir cette opération.

 

Propreté et protocole, quels liens ? Qui dit propreté urbaine pense fréquemment campagne de communication ou de sensibilisation, mais moins au protocole. Entendu au sens large, lier propreté et protocole n’a rien d’absurde. D’abord, parce que toutes les opérations « ville propre » nécessitent l’apport de matériel pour en assurer la réussite. Mais, plus largement, parce que le protocole, gros organisateur de manifestations municipales, peut essayer d’en réduire le plus possible les impacts. Nous avons ici rassemblé quelques recommandations utiles pour réussir son opération « nettoyage de printemps », « ville propre » en mobilisant le plus d’acteurs locaux.

 

À noter
Trouver le bon niveau d’action est important. Ce type de campagne est fréquemment conduit à l’échelle des villes qui sont les lieux de proximité par excellence. Mais les agglomérations sont en première ligne pour proposer des actions en direction des citoyens au regard de la compétence du tri des déchets qu’elles exercent. La coordination et le relais des campagnes constituent un véritable plus.


 

1. Bien choisir sa période (et sa durée)

 

C’est sans aucun doute le premier point et le plus important, au regard de l’intitulé de ces opérations. Il est recommandé de choisir une période en lien avec le printemps et l’arrivée des « beaux jours ». Il est à noter que la Semaine nationale du développement durable qui avait lieu chaque année dans les premiers jours d’avril est devenue, en 2015, la Semaine du développement durable avec une entrée européenne ! Elle se déroulait en 2015 du samedi 30 mai au vendredi 5 juin. Il peut s’agir à l’avenir pour une ville d’une opportunité de créer un lien (aussi modeste soit-il) avec cet événement plus ou moins relayé dans les communes. Intérêt de cette « inscription » : manifester une volonté de ne pas tenir la propreté pour une simple question de vie quotidienne et la réinsérer dans une approche plus globale.

 

Réussir ce type de manifestation implique donc d’avoir choisi un calendrier adapté. Généralement, il s’agit de l’arrivée des beaux jours, du printemps, entre fin mars et mi-avril, pour correspondre à une période où ces problématiques se trouvent à l’ordre du jour. On ne lance pas une semaine propre en plein hiver ou en été. La marge de manœuvre généralement possible s’avère faible : il est recommandé de ne pas excéder la mi-mai si l’on entend mobiliser la population. Au-delà, il est plus difficile de mobiliser tout le monde.

Outre la question de la période, se pose également celle de la durée de telles opérations. Sur une journée, voire une matinée pour une opération ville propre. Étalée sur plusieurs jours, si on souhaite donner une dimension supplémentaire à ce type de manifestation. Une semaine semble être le cycle maximal. On recommandera de retenir des durées raisonnables pour créer les conditions d’un accompagnement (pédagogique, scolaire, associatif…) suffisant. Dans tous les cas, on évitera un affichage qui mettrait en avant une durée excessive par rapport à un contenu trop pauvre. Attention à la tentation de « l’effet vitrine ».

 

À noter
Dans ce domaine, la régularité est importante. Si l’opération est amenée à se répéter d’année en année, il est bienvenu de choisir des dates régulières, repérées dans l’agenda local. Dans la durée, chacun s’y retrouvera. Attention plus particulièrement aux dates des vacances de Pâques si l’on souhaite travailler avec des scolaires dans leurs établissements. On insistera dans tous les cas sur l’intérêt de la récurrence d’une telle manifestation.


 

2. Choisir un nom à l’opération

 

Toute initiative de ce type passe par une appellation à déterminer : semaine ville propre, ma ville se fait belle, vive notre ville propre, nettoyage de printemps… Peu importe l’intitulé, mais il est important que chacun repère la manifestation, ce qui passe par une appellation « régulière », simple et efficace. Pas nécessaire de rechercher à tout prix l’originalité, il faut surtout se situer dans un esprit proche de ce qui correspond à la communication locale. Un nom d’opération peut tout à fait se doubler d’une mascotte (type bande dessinée) qui contribuera à l’identification de la manifestation. On insistera sur l’importance de ce nom notamment lors des manifestations récurrentes. C’est un gage de repérage pour l’ensemble des participants potentiels.

 

À noter
Pour donner de la force au nom d’une telle opération, par nature participative, on recommandera de travailler à un choix « partagé » pour le nom : pourquoi ne pas impliquer les participants au choix du nom, par exemple ? Une petite consultation n’est pas compliquée à organiser et elle contribuera à une dénomination largement partagée.


 

3. Travailler en transversalité

 

Pour réussir une initiative autour du nettoyage, la mobilisation commence en « interne » auprès du personnel communal, qu’il conviendra de mobiliser, de sensibiliser à l’opération. Concrètement, créer un comité de pilotage associant différents métiers de la collectivité – propreté urbaine, espaces verts, direction générale, cabinet du maire, mais aussi services sportifs, culturels, équipements (bibliothèque…) – représente un gage de succès. Plus les services se trouveront impliqués, plus il sera aisé de susciter une mobilisation au-delà des seuls services directement concernés. C’est un classique en matière de communication : la communication interne vient à l’appui de la communication externe. Les agents communaux sont d’excellents ambassadeurs. Et les campagnes de communication sur la propreté mettent fréquemment en scène les agents eux-mêmes.

 

L’exemple de Paris en 2013
 
Une nouvelle campagne de sensibilisation à la propreté était présentée en 2013 sur les panneaux d’affichage et les bennes municipales. Il s’agissait de rappeler en images que la propreté est la responsabilité de chacun. Cette campagne intitulée « Nous pouvons faire le maximum, mais pas l’impossible » avait pour objectif la responsabilisation des usagers de Paris sur le maintien de la propreté des rues.
La propreté demeure un des objectifs prioritaires de la ville. Au cœur de l’effort constant pour maintenir la capitale propre, les agents de la propreté opèrent chaque jour de l’année sur le terrain. C’est le rôle essentiel des agents de la propreté et la responsabilisation de chacun que Paris a souhaité mettre au centre de cette campagne de sensibilisation.
Cette campagne mettait ainsi en scène de véritables agents, qui ont accepté de se prêter au jeu pour porter un message simple : respecter l’espace public, c’est respecter les agents qui y travaillent tous les jours.
Les agents de la propreté collectent tous les jours 3 000 tonnes de déchets ménagers. « Ne passez pas sans les voir ; malgré leur travail difficile, ils restent à votre écoute et sont très appréciés des Parisiens. Pour mieux les comprendre, écoutez-les vous raconter leur quotidien », rappelait la ville de Paris.

4. S’appuyer sur un parc matériel en bon état

 

Dans ce type d’opération, il est indispensable de pouvoir s’appuyer sur le personnel (communal, intercommunal, selon les cas de figure), cela a été rappelé. On sait toutefois les difficultés parfois rencontrées en termes de parc machines : balayeuses en mauvais état, matériel obsolète correspondent à des situations relativement courantes. Si mobiliser le personnel communal s’avère indispensable – démonstrations dans les écoles, par exemple –, on veillera néanmoins à ce que ces temps ne soient pas prétexte à des « revendications » ou des manifestations. Il est donc nécessaire de savoir prendre appui sur un personnel municipal « satisfait » ou à tout le moins investi afin d’éviter de se trouver sous le poids des manifestations de mauvaise humeur. Et vérifier l’état du matériel est un préalable bienvenu… On ajoutera que le thème de la propreté, ses slogans, sont autant de thèmes qui se prêtent parfaitement à une approche ludique en termes, par exemple, d’objets promotionnels originaux : clés USB, magnets…

 

À souligner
Gants, balais, tenues fluo… on sera attentif à ce que le matériel « événementiel » ne vienne pas à manquer. C’est une des clés du succès d’une telle opération, en particulier en direction du public scolaire sur lequel s’appuyer est important. Ce public jouera un rôle d’interface essentiel en direction notamment des parents d’élèves.


 

5. Mettre en place un véritable plan de communication

 

Pour ne pas en rester au niveau d’un simple « one shot », il faut pouvoir disposer d’un vrai plan de communication, déterminant le calendrier de l’opération, les publics visés – scolaires, seniors, habitants, sportifs –, les différentes manifestations programmées et les objectifs attendus. Un budget global et par opération donnera du professionnalisme à l’initiative, témoignant d’une volonté de précision, de transparence et d’efficacité.

 

Le plan de communication fait appel à trois types d’opérations :
 inventorier et classer les destinataires en distinguant bien ce qui relève de la communication interne (pour informer, mobiliser, impliquer les adhérents) et de la communication externe (les partenaires, la presse, les participants invités…) ;
 concevoir les messages (définir les contenus) en fonction des situations de communication (commande de matériel, conférence de presse, invitation…), et les mettre en une forme adaptée à chaque média choisi (un même contenu pourra être diffusé sous différentes formes : affiches, annonces radio, tracts…) ;
 planifier les étapes, fixer un échéancier (les dates à respecter) pour chaque opération, et répartir les tâches entre les membres engagés dans l’action.

 

6. Ne pas s’en tenir à une campagne de communication

 

L’idée est que cette initiative – dont les formes comme le contenu sont à « inventer » – donne lieu à une campagne de communication, mais qu’elle ne se réduise pas à cette seule dimension. Autour de l’idée que « la propreté, c’est l’affaire de tous et toutes », il est recommandé de voir comment lui donner une dimension civique, pédagogique et participative, en mobilisant des forces vives qui sont des ambassadeurs du territoire : associations locales, conseil municipal enfants, services concernés, bailleurs, centres sociaux… Pour ne pas engendrer quelque chose qui devienne trop lourd à gérer, il est intéressant de repérer un certain nombre d’actions déjà existantes et de les valoriser (voire « labelliser » si cela paraît opportun).

 

7. Jouer la carte de l’éco-communication

 

« L’éco-communication, aussi appelée communication responsable, consiste à travailler en prenant en considération l’environnement et à suivre une démarche développement durable » propose une des premières (parmi des nombreuses) définitions sur ce thème. L’éco-communication consiste à intégrer le plus en amont possible l’environnement dans la réflexion stratégique et la mise en œuvre d’une campagne afin d’en réduire les impacts sur l’environnement, pourrait-on résumer. L’Ademe, Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, propose une définition précise : l’éco-communication est une façon de « communiquer en ayant le souci de réduire les impacts environnementaux induits ». L’enjeu est de taille : comme tout processus de production au sein d’une organisation, l’ensemble des activités de communication a des impacts sur la sphère environnementale, sociale, sociétale et économique.

 

Les modes de communication associés à une telle opération peuvent faire l’objet d’une approche d’éco-conception pour réduire les consommations de ressources et les pollutions associées. Du simple carton d’invitation aux affiches sur ce thème de la propreté et objets de communication, tous les supports peuvent être modifiés en suivant les principes d’éco-conception.

 

> Mobilité durable

 

Dans ce domaine, le principe est de réduire la consommation d’énergies fossiles liées aux transports de personnes (visiteurs, conférenciers, exposants, congressistes, participants divers…), de matériels (supports de communication, stands…) et de marchandises (denrées alimentaires, décorations…). Parmi les solutions, on favorisera les transports en commun, le covoiturage, etc. Et surtout, des solutions seront mises en place pour le fameux dernier kilomètre (depuis la gare ou autre point d’arrivée). Les émissions de gaz à effet de serre résiduelles pourront être compensées.

 

> Accessibilité

 

Le lieu où se déroule l’événement doit en particulier être accessible à tous, notamment aux personnes souffrant de déficiences visuelles, auditives et motrices.

 


> Achats éco-responsables

 

Tout ce qui sera proposé aux visiteurs, participants de l’événement pourra trouver une alternative du côté des produits plus écologiques. L’éventail des possibilités est large. Le principe restera néanmoins de réduire les gaspillages et les achats inutiles. L’emploi de matériels et matériaux réutilisables, réutilisés ou recyclés permet également de réduire les déchets et les consommations de ressources. Un organisateur aura enfin un rôle incitatif, voire sélectif entre les divers prestataires selon leur engagement en faveur du développement durable.

 

> Sensibiliser

 

En se rapprochant des acteurs du monde de l’éducation au développement durable, nombre d’animations pédagogiques sont imaginables pour amener les visiteurs et participants à prendre conscience des enjeux du développement durable.

Les supports multimédias (films, bornes interactives…) ou traditionnels (affiches, brochures, publications…) transmettront différemment des messages de sensibilisation.

 

> Éco-gérer « le lieu »

 

Pendant l’événement, priorité à la réduction des déchets et à leur valorisation. Les bâtiments en eux-mêmes sont susceptibles de recevoir toutes les nouvelles solutions environnementales (éclairage économe, robinetterie économe…).

 

À noter
Sur un thème comme la propreté, trop souvent ramené à une simple dimension de gestion, il est préconisé de donner du souffle ou d’amener un minimum de contenu. C’est en ce sens que la notion d’éco-communication peut représenter un véritable plus. Il s’agit de donner des valeurs, des repères à l’opération mise en place. En impliquant les citoyens, autour de valeurs universelles, on favorise une plus grande adhésion.


 

8. S’appuyer sur les acteurs de terrain, relais de sensibilisation

 

La propreté d’un environnement ne dépend pas seulement des services gérant le nettoiement mais bien de l’ensemble des acteurs de l’espace public (élus, services techniques, usagers…). Pour diffuser et relayer l’ensemble de cette communication de proximité, les acteurs de terrain sont essentiels :

 

> Les mairies en première ligne

 

Les citoyens en quête d’information se tournent en premier lieu vers leurs mairies. Les campagnes de communication (par exemple intercommunale) peuvent facilement être insérées dans les magazines communaux – quand elles sont intercommunales – et une opération pédagogique autour du plan stratégique peut être conduite en mairie. Les campagnes de propreté sont fréquemment pilotées par les communes elles-mêmes.

 

> Les agents de nettoiement

 

Les agents de nettoiement présents en permanence sur le terrain sont le contact le plus évident entre les usagers de l’espace public et les services de propreté. Il convient donc de les associer au projet pour qu’ils se fassent relais de l’information et deviennent de véritables ambassadeurs. Leur matériel (gilet de sécurité, tenue vestimentaire, chariot, camion…) peut également véhiculer des messages lors d’opérations événementielles.

 

> Les instances de quartier, les commerçants, les associations et les particuliers

 

Les acteurs de proximité sont invités à devenir des ambassadeurs de la propreté dans leurs quartiers. Pour que les messages soient efficaces, il est nécessaire d’appréhender ou de cibler les usagers dans leurs diversités : habitants, migrants pendulaires, touristes…

 

> Les seniors

 

Actifs dans leurs quartiers, les seniors sont très présents dans le secteur associatif. Ils peuvent devenir de bons ambassadeurs du geste de propreté.

 

> Les enfants (conseils municipaux par exemple)

 

Beaucoup d’actions en France sont conduites, sur cette question de la propreté, par les enfants eux-mêmes. En 2015, 80 membres du conseil municipal des enfants de Lille ont récemment planché sur la propreté. Résultat : 14 affiches sélectionnées et placardées dans les rues, pour le 2e acte de la campagne propreté de la ville. L’idée : interpeller les citoyens ! Un « classique » du genre qui concilie bien des atouts : les enfants eux-mêmes sont d’excellents vecteurs de communication, ils sont sensibles aux thématiques liées au civisme et représentent les citoyens de demain. Plus que les enfants, les conseils municipaux dédiés constituent d’excellents lieux de sensibilisation à ces thématiques importantes de la vie quotidienne.

 

Des cibles à Pau et ailleurs
 
Des cibles pour les chewing-gums ont été installées sur trois sites de Pau (64) sur proposition des jeunes du Conseil local des jeunes pour améliorer la propreté de la ville de Pau : place Clemenceau (5 cibles), devant la Mission locale et le BIJ au Complexe de la République (1 cible) et rue Lamothe (1 cible). Le principe est simple : plutôt que de jeter son chewing-gum par terre, il suffit de le coller sur une cible représentant un dessin humoristique. Il y a quelques années, la ville de Besançon avait trouvé la solution pour limiter les dégâts causés par la présence de chewing-gums sur ses trottoirs. L’astuce : des panneaux où les accros de la pâte à mâcher étaient invités à coller cette dernière sur des affiches ludiques représentant des cibles. Résultat : une réduction d’environ 50 % du nombre de chewing-gums collés sur les divers revêtements de la cité franc-comtoise. De son côté, la ville d’Angoulême vient d’ériger son « arbre à chewing-gums », variante des totems.

> Les organismes en lien avec les touristes

 

Les touristes investissent fortement certaines communes. Les organismes en lien avec les touristes peuvent ainsi représenter un relais intéressant pour inciter les visiteurs au respect des espaces.

 

> Les citoyens

 

Impliquer les citoyens « lambda », c’est sans nul doute la piste la plus probante. Certes, mobiliser des publics cibles comme ceux décrits plus haut est recommandé. Mais les habitants eux-mêmes, les riverains doivent être sollicités et peuvent s’avérer très efficaces. Grâce à leurs smartphones, des citadins volontaires peuvent désormais signaler et photographier les anomalies environnementales constatées au cours de leurs déplacements urbains, dépôts sauvages, détériorations de chaussées, affichages interdits, malpropretés diverses… En fonction du type de problème soulevé et de sa « géolocalisation », les services concernés peuvent intervenir immédiatement ou donner instructions pour des interventions à effectuer dans le cadre du passage programmé des agents. Complémentaires des informations déjà fournies par les agents de terrain, ces sources nouvelles permettent d’augmenter la réaction des services gestionnaires vis-à-vis des habitants.

 

Exemple de message type
La propreté, c’est l’affaire de la municipalité, mais c’est aussi l’affaire de chacune et chacun d’entre nous. Des petits gestes propreté, simples et quotidiens sont aussi efficaces que des armées de camions et d’agents d’entretien, et tellement moins chers pour la collectivité ! C’est dans cet esprit qu’a été lancé un nouveau plan propreté. 


 

9. Adopter un message de responsabilisation

 

Aujourd’hui, tout message doit renforcer l’idée de responsabilité nécessairement partagée entre les services de la propreté (communaux, intercommunaux) et les usagers de l’espace public. Il s’agit désormais d’inverser la logique du « on ne vous en demande pas tant », en soulignant l’étendue et les limites du travail accompli par les services du nettoiement :

- les moyens déployés et la détermination, dont fait preuve la collectivité en matière de propreté, doivent être mis en lumière ;

- ce travail est inopérant s’il n’est pas accompagné par un comportement plus discipliné de la part des usagers. Les « petits gestes » doivent être présentés comme déterminants pour que l’idée d’une coresponsabilité soit mieux comprise.

 

10. Éviter la culpabilisation

 

Il est recommandé d’éviter les « discours » moralisateurs ou culpabilisants dans ce type de campagne : en matière de développement durable en particulier, on raisonne en privilégiant le positif – bénéfices attendus, retombées liées à un petit geste du quotidien. Il faut proscrire les messages négatifs et jouer la carte de l’incitation (formule du jeu concours, calcul du bénéfice…). C’est un principe simple mais toujours indiqué…

 

11. Accompagner l’opération dans la durée

 

Pour s’assurer du succès de l’opération, il est indispensable de l’accompagner comme il se doit, avec des messages, une communication appropriée, mais surtout, en ne se limitant pas à une simple information certes nécessaire. Bien entendu, une plaquette listant les différents dispositifs communaux en termes de propreté sera toujours utile, mais rien ne vaut l’accompagnement humain d’une telle manifestation. Imaginer s’en tenir à un simple « affichage » serait illusoire… On l’a vu, ces opérations sont construites autour de l’idée qu’elles sont « l’affaire de tous ». Dès lors, l’accompagnement est un gage de succès.

 

À souligner
Le succès d’une initiative de type semaine propre passe par la mobilisation en soutien du personnel, qui est en lien souvent quotidien avec la population. Il passe aussi par une bonne coordination entre les agents communaux eux-mêmes.


 

12. Communiquer sur les chiffres pour marquer les esprits

 

Un territoire est souvent réparti en secteurs afin que, chaque semaine, l’ensemble de la ville soit traité. Les chiffres sont un vecteur intéressant de communication pédagogique.

On a du mal à imaginer la somme d’efforts entrepris pour rendre la ville propre ;
ce sont des centaines de détritus, métaux, plastiques, objets en tout genre qui sont ramassés par ces agents, quel que soit le quartier. Plusieurs tonnes par semaine sont souvent ramassées pour des kilomètres de trottoirs, sans compter les espaces verts !

Communiquer sur des chiffres clés qui marquent les esprits est souvent une technique de communication efficace.

 

a) Faire place à l’illustration

 

Une mascotte, une formule de type bande dessinée, des schémas simples et compréhensibles constituent des ingrédients fréquemment rencontrés. Ils permettent souvent de montrer simplement ce qu’il est parfois difficile de dire simplement. Ce n’est pas un hasard si les publications qui s’adressent aux enfants privilégient ce mode de communication (les jeux de l’oie, images interactives…) et la déclinaison, adaptée, en direction des adultes nous paraît être un gage de succès.

 

b) Porter des messages ou slogans accrocheurs

 

Autour de l’avenir, de la terre de demain, de la propreté, beaucoup a été écrit. Dans plusieurs quotidiens nationaux, une accroche toute simple retenait notre attention : « En lisant ce journal, vous respectez votre ville. » Le lien ? « Comme la plupart des produits usagés en papier ou carton, votre journal sera récupéré et votre ville restera propre. » Émanant de l’industrie de papier, cette campagne toute simple (un texte) avait le mérite d’accrocher le lecteur, sans « tromperie sur la marchandise » mais en jouant sur une perception a priori paradoxale.

 

c) Adopter un discours positif

 

Adopter des formulations résolument positives (« Triez vos emballages, la nature s’en souviendra », Eco-Emballages, « Vous êtes l’énergie de ce monde. Nous sommes fiers d’être la vôtre », EDF) plutôt que des messages culpabilisateurs est important. Il y a sept ans (déjà), un sondage CSA essayait de répondre à la question : qu’est-ce qui définit un bon citoyen aux yeux des Français ? Mettre son bulletin dans l’urne emportait alors les suffrages (61 % des personnes interrogées). Mais le respect de l’environnement (59 %), des règles de la société dans laquelle on vit (57 %) et le respect des autres, quelle que soit leur origine (57 %), n’étaient pas très loin. Cette enquête avait tenté d’estimer le potentiel « civique » de la population, et de cerner les raisons qui pourraient transformer les Français en citoyens plus « actifs ». 85 % des interviewés disaient vouloir se mobiliser sur des opérations « ville propre », 77 % prendre part à une enquête d’utilité publique. On peut raisonnablement penser qu’avec les moyens d’information modernes, ces chiffres auront augmenté aujourd’hui. Et que le message civique est bien accepté des Français, dans la mesure où ils en perçoivent l’utilité.

 

d) Se focaliser sur des points précis, concrets

 

Plutôt que de multiplier les annonces, autant prendre les différentes questions environnementales une à une. Par exemple, communiquer sur le tri nécessite une pédagogie de la répétition qui n’interfère pas avec d’autres messages sauf à « noyer » les destinataires visés.

 

e) Ne pas avoir une vision statique de la communication

 

Souvent, on pense la communication sur ces questions sociétales en termes d’outils. Or, le développement durable, la propreté permettent au contraire des initiatives complémentaires tout aussi pertinentes : expositions, visites de sites, concours… qui contribuent à « booster » une politique de communication. Le succès de ces initiatives s’explique par le fait qu’elles touchent de nouveaux destinataires (et particulièrement les plus jeunes).

 

13. Quelques idées d’actions possibles

 

- Organiser des démonstrations de matériel dans des écoles ou dans les quartiers.

- Organiser une journée « ville propre » où les habitants volontaires sont équipés (sacs-poubelle, gants…) pour participer au nettoyage d’un lieu précis : parc, canal, bords de rivière…

- Créer un label « ville propre » que la ville « attribuerait » à des associations ou partenaires impliqués dans des actions spécifiques.

- Réfléchir à une charte de la propreté qui rappellerait les engagements de la ville, des bailleurs, des habitants dans ce domaine.

- Mettre ce thème à l’ordre du jour des instances de concertation (conseils de quartier, instances de proximité…).

- Relayer des actions de sensibilisation au tri.

- Promouvoir le compostage et le recyclage.

- Valoriser les démarches de chantiers propres auprès des entreprises.

- Élaborer un indicateur de suivi de la propreté.

- Mobiliser toutes les directions de la ville pour la propreté de l’espace public.

 

En guise de conclusion

 

Les collectivités sont, rappelons-le, un acteur essentiel du développement durable. Dotées de la capacité d’agir et de s’organiser pour adapter leurs politiques et leurs modes de fonctionnement aux exigences du développement durable, elles jouent par ailleurs, au plus proche de la population et des acteurs du territoire, un rôle important dans la sensibilisation et la mobilisation pour transformer leurs modes de production et de consommation. Leur « poids » est, en la matière, tout sauf symbolique…

S’agissant de la propreté urbaine, il serait malvenu d’en faire un thème à part. Au contraire, il s’inscrit pleinement dans une approche nécessairement participative et écocitoyenne sans laquelle il perdrait beaucoup de son sens. Les dernières élections municipales ont illustré la grande acuité de ce thème. La propreté, élément essentiel d’un territoire, est devenue un axe très fort de nombreuses politiques publiques. Or, l’organisation du nettoyage des collectivités territoriales a connu de profondes mutations ces dernières années. 
L’augmentation des comportements inciviques tels que déjections canines, tags, mégots, dépôts sauvages induit de nouvelles organisations : équipes spéciales, brigades propreté, campagnes de sensibilisation et de communication en faveur de la propreté. 


En parallèle, l’exigence des usagers en matière de propreté est de plus en plus importante, ce qui incite les collectivités à améliorer les prestations de nettoiement en organisant des plans propreté. Les opérations « nettoyage de printemps » participent de cette approche, avec une dimension plus « ludique ». Il s’agit non plus de répondre à une exigence des citoyens, mais de les impliquer dans la réponse apportée. Dès lors, il est nécessaire de favoriser leur juste mobilisation, de leur faire comprendre le travail de celles et ceux qui agissent au quotidien sur ces questions. Toute opération de ce type devra donc être conduite en étroit partenariat avec les habitants et associations impliqués.

On insistera enfin sur l’enjeu de l’évaluation de ces opérations. Pour réussir sa campagne de nettoyage de printemps, on privilégiera un « débrief » interservices ou avec les habitants mobilisés pour favoriser la remontée d’informations du terrain. Et améliorer encore les résultats l’année suivante.

 

Quelques repères et dates clés en matière de propreté
 
15 juillet 1975 : Loi sur l’élimination des déchets et la récupération des matériaux, dont la responsabilité incombe au producteur de déchets (principe du pollueur-payeur).
13 juillet 1992 : Objectif principal de la loi : la fermeture des décharges traditionnelles en 2002.
À partir du 1er juillet 2002, seuls les « déchets ultimes » (non valorisables, ou issus du traitement de déchets) pourront être déposés dans des « centres de stockage de déchets ultimes », répondant aux nouvelles normes réglementaires (étanchéité, traitement des effluents).
Cette loi introduit la nécessité de :

- réduire la production de la nocivité des déchets agissant sur la fabrication et sur la distribution ;
- valoriser et développer une industrie du traitement des déchets par réemploi, recyclage ou autre procédé ;
- procurer une meilleure information au public.
18 novembre 1996 : Obligation de la mise en place de plans départementaux d’élimination de déchets.
28 avril 1998 : Pour éviter la dérive du tout incinération, une circulaire du ministère de l’Environnement rappelle la priorité donnée à la valorisation matière, qui comprend le recyclage et le compostage de la fraction fermentescible des ordures ménagères.
17 janvier 2005 :
Circulaire relative à la décentralisation des plans d’élimination des déchets ménagers et assimilés (PEDMA) – Bilan et planification.
30 mai 2005 : Décret n° 2005-635 relatif au contrôle des circuits de traitement des déchets (JO du 31 mai 2005).
20 juillet 2005 :
Décret n° 2005-829 relatif à la composition des équipements électriques et électroniques et à l’élimination des déchets issus de ces équipements (JO du 22 juillet 2005).

 

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