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« Miser sur l'attractivité culturelle »

Article du numéro 426 - 20 juillet 2011

Leader

Hervé Schiavetti est maire d'Arles depuis 2001. Il est conseiller général des Bouches-du-Rhône depuis 1997.

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Quelles sont les retombées d'un grand événement culturel comme les Rencontres de la photo pour une ville comme Arles ?

La commune y consacre 5 millions d'euros par an, autant que pour l'organisation de la Feria. Ce sont 300 personnes sur six mois qui travaillent à l'élaboration de chaque édition. Bien entendu, en termes d'attractivité, les Rencontres constituent un point d'orgue pour la ville. Nous faisons des efforts considérables, comme la mise à disposition de tous les lieux publics. Les 100 000 visiteurs prévus cette année consacreront entre 150 et 200 euros à l'hébergement, à leurs frais de restauration, d'achats divers. C'est donc une plus-value indéniable.


Percevez-vous une tendance de développement d'un tourisme culturel ?

Arles dispose d'un patrimoine et de traditions qui lui permettent de jouer en première division des communes qui misent leur attractivité sur la culture. Nous n'avons pas le choix : nous ne disposons pas d'atouts industriels ou de la présence d'une grande entreprise à proximité. Nous devons être à l'écoute de tous les projets, de toutes les bonnes idées. C'est le cas avec la Fondation Luma créée en 2004, qui projette depuis 2007 de faire naître un « site culturel de production artistique et de pensée » sur le Parc des Ateliers, à Arles, où se déroule actuellement une partie de la programmation des Rencontres.

Pour l'heure, l'architecte Franck Gerhy souhaite construire un immeuble de haute taille (56 mètres) mais la Commission supérieure des monuments historiques a rendu en mars un avis défavorable sur ce projet. Mais nous parviendrons à nos fins, avec le soutien du ministère de la Culture, pour une inauguration autour de 2015. La fondation Guggenheim de Bilbao attire 400 000 visiteurs de plus chaque année. Nous n'atteindrons peut-être pas un tel chiffre mais Arles bénéficiera d'une exposition médiatique encore plus importante. L'objectif est de faire d'Arles la capitale française de la photo.


François Hébel, directeur des Rencontres, a récemment égratigné la mairie, estimant que vous pourriez faire plus. Comment une ville peut-elle se positionner entre les demandes des organisateurs d'un événement vital et les réalités budgétaires ?

Le plus important reste la préservation de l'institution. La photo, à Arles, c'est comme Le Louvre à Paris : peu importe le contexte politique, l'institution survit aux contingences de la vie politique. François Hébel se trompe lorsqu'il assure que la part de la ville dans le budget des Rencontres stagne. Nous faisons dans la mesure de moyens qui sont moins importants que ceux de la région ou du département. Mais nous avons un poids politique évident, notamment lorsqu'il s'agit de boucler les budgets et de convaincre nos partenaires de s'investir un peu plus. Nous avons l'habitude de travailler ensemble. D'ailleurs, Arles est partenaire de Marseille capitale européenne de la culture 2013. Et les projets se mettent d'autant plus facilement en place que les pratiques de partenariat sont forgées par le temps et l'expérience.


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