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Le magazine des professionnels de la gestion territoriale.
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Article du numéro 425 - 01 juillet 2011
Longtemps oublié dans l'urbanisation, le piéton semble reconquérir sa place face à celle de l'automobile. Mais ce mode de vie peine pourtant à devenir une priorité dans la distribution de l'espace public. Tous les articles du numéro 425 |
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On ne redécouvre pas la marche à pied, mais ceux qui produisent la ville redécouvrent la marche à pied. Ce n'est pas exactement pareil. On a toujours marché et aimé à marcher en ville et cette pratique ne s'est jamais perdue.
Mais longtemps, la fabrication de la ville s'est fondée sur autre chose : en raison de la modernisation, de l'adaptation à l'automobile, on s'est intéressé au développement économique, à l'habitat, pas aux autres pratiques urbaines telles que celles de la quotidienneté. Or on vit en ville, et pas seulement comme travailleur ou automobiliste. Alors, quand on produit de l'espace public, il faut se demander comment on va à l'école, faire ses courses, participer à une manif... en fait, comment on vit.
Le mode de production de la ville a toujours un train de retard sur les modes de vie. Aujourd'hui, revendiquer la marche comme un moyen de déplacement naturel en ville paraît gagné. C'est gagné dans les têtes, pas dans les faits. Élus, techniciens, associations... tout le monde tient le même discours, mais dès lors que l'on passe des revendications générales aux choix particuliers, dans un territoire à dimension finie, les choses se corsent.
Tant qu'on ne donnera aux piétons et aux autres que ce qui reste quand la voiture est passée, on n'arrivera pas à faire le pas qu'il faut pour rendre la ville véritablement confortable. On ne peut en rester aux prises de position théoriques, générales. Des choix doivent être faits forcément au détriment de la place de la voiture. Sinon l'on mettra dix ans pour faire ce que l'on pourrait réaliser en deux ans.
Nous avons un problème dans le passage à l'acte. Cela tient aux priorités des politiques mais aussi aux compétences mobilisées dans les administrations. Pendant quarante ans, les villes ont été faites par des édiles et par des ingénieurs qui privilégiaient la route. Nous commençons seulement à en sortir. Les élus, assez pragmatiques, souhaitent en général sincèrement une ville plus confortable. Encore faut-il qu'ils fassent les bons arbitrages. Mais aussi que la technostructure évolue, s'adapte. On peut penser à présent que les nouveaux ingénieurs sont des « urbanistes », mais c'est assez récent.
Faites l'expérience de parler du thème de l'espace public et, très vite, l'on abordera la circulation, les flux, les carrefours, pas les transports, les piétons, les vélos... Or, la circulation, la voiture ne sont qu'un des modes dont on dispose dans notre activité journalière : il faut parler des modes de vie des gens, y compris quand ils sont contradictoires.

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