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Article du numéro 424 - 15 juin 2011
Jean-Benoît Dujol est directeur général de l'Agence pour le service civique. Tous les articles du numéro 424 |
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Derrière la loi de mars 2010, il y avait deux hypothèses : d'une part qu'il y aurait un appétit du côté des moins de 25 ans en matière d'engagement et d'investissement personnel au service de la collectivité et de l'intérêt général ; d'autre part qu'il y aurait un intérêt du côté des structures pour concevoir des missions et mobiliser ces jeunes. On a pu vérifier au cours des premiers mois d'activité que ces deux hypothèses sont fondées. Beaucoup de dossiers d'agrément ont été déposés et près de 10 000 missions ont été agréées en 2010 (les organismes qui les proposent ne sont pas agréés en général mais pour chaque mission proposée, sachant qu'une mission peut parfois compter plusieurs dizaines de volontaires).
Côté jeunes, à ce jour près de 37 000 d'entre eux ont laissé leurs coordonnées sur notre site internet (www.service-civique.gouv.fr), ce qui témoigne de leur engouement pour le programme... 6 000 jeunes ont démarré leur service au second
semestre 2010, auxquels il faut ajouter 3 000 services civils achevés au premier semestre 2010 (N.D.L.R. : avec l'ancienne formule). Depuis le début de l'année, on est sur la même tendance : il y a chaque semaine 2 à 300 jeunes qui démarrent un service civique...
Il y a pour elles deux façons de s'impliquer : soit en déposant un dossier pour accueillir des jeunes dans leurs services afin de prolonger leur propre action. Soit, ce qui est plus intéressant à mon sens, en s'engageant à soutenir les volontaires du service civique de l'ensemble de leur territoire. La région Poitou-Charentes par exemple, accueille quelques volontaires dans ses services, mais surtout soutient tous les volontaires de son territoire en leur proposant un accompagnement pour l'insertion dans l'emploi à l'issue de leur mission, ou la prise en charge totale ou partielle de leur permis de conduire, ou encore la gratuité des transports pendant la durée de la mission... C'est un plus extrêmement intéressant où la collectivité se positionne en tant que partenaire et pas en simple usager du programme du service civique. C'est le genre de chose qu'on souhaite développer avec un maximum de régions, de départements et de collectivités locales...
Ce reproche peut parfois exister, le plus souvent à titre préventif. Nous reprenons ces critiques à notre compte et nous regardons de très près ce qui se passe dans les organismes quand on nous signale des difficultés. Mais cela n'arrive pas souvent. Toutes les missions mises en lignes sont examinées de façon très stricte et validées auparavant par l'agence, et ensuite, nous avons une politique de contrôle et nous suivons le déroulement des missions. Si nous constatons un écart entre la fiche de mission et ce qui se passe sur le terrain, nous pouvons intervenir auprès de la collectivité, voire lui retirer l'agrément...
De ne pas concevoir le service civique uniquement en tant qu'employeur ou que recruteur, mais aussi de penser à leur rôle comme ferment, levier, du service civique sur le territoire dont elles sont responsables. De se penser comme ensemblier, et de travailler par exemple à ce que les services civiques accueillis dans les associations de leur ressort le soient avec leur appui et leur soutien. Cela peut leur rapporter aussi beaucoup par ce lien indirect.

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