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Article du numéro 423 - 01 juin 2011
Pascale Bourrat-Housni est directrice du développement social, de la santé et de la démocratie au conseil régional d'Ile-de-France et encadre à ce titre l'équipe de la Mission d'information sur la pauvreté et l'exclusion sociale (Mipes). Tous les articles du numéro 423 |
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L'indicateur de développement humain régional (IDH2) a été développé par la Mission d'information sur la pauvreté et l'exclusion sociale (Mipes) et l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France à la demande de Francine Bavay et Claire Villiers, alors vice-présidentes du conseil régional. Il s'agit d'un outil synthétique qui s'inspire de l'IDH élaboré par les experts du PNUD, à la fin des années quatre-vingt, et dont l'objectif est de proposer une vision multidimensionnelle du développement humain qui ne se limite pas aux indicateurs monétaires de type PIB. Au départ, l'enjeu était de disposer d'un indicateur qui permette d'objectiver la question du bien-être des Franciliens pour la mettre en discussion. Puis, la région refondant sa politique sociale, l'idée a émergé de passer de l'observation à l'opérationnalité, et de faire de l'IDH2 un instrument de politique publique.
L'IDH2 reprend les paramètres de l'indice du PNUD, mais avec des indicateurs adaptés à la situation régionale et disponibles jusqu'au niveau communal. À savoir : la capacité de bénéficier d'une vie longue et saine (l'indicateur retenu est l'espérance de vie) ; la capacité d'accéder à l'éducation (mesurée par le pourcentage de personnes diplômées dans la population âgée de plus de 15 ans) ; la capacité d'atteindre un niveau de vie décent (indiqué par le revenu imposable médian). La valeur de l'IDH est la moyenne des indices obtenus pour chacune des trois dimensions.
L'IDH2 permet d'illustrer la répartition inéquitable du développement humain sur le territoire régional et de comparer les évolutions dans le temps. En l'occurrence, nous avons calculé l'indice sur la base de données de 1999, puis de 2006. Plus avant, l'intérêt d'un indicateur multidimensionnel apparaît très clairement lorsqu'il s'agit d'identifier et de comprendre des phénomènes complexes et multifactoriels. Prenons le cas de la Seine-et-Marne : si l'on s'en tient au revenu médian, ce département - à la différence de celui de Seine-Saint-Denis, par exemple - n'est pas a priori identifié comme susceptible de questionner la capacité d'accéder à l'éducation de sa population. La réalité est pourtant différente, et c'est la mesure de la proportion de diplômés et le niveau de diplôme qui la donne à voir.
Le conseil régional a adopté, en avril, un plan d'action en faveur des adultes handicapés, de la lutte contre la précarité et de l'accompagnement du vieillissement. Ce plan, dénommé « bouclier social », prévoit que la région apporte un soutien financier à l'investissement et l'équipement en faveur des maisons d'accueil pour personnes âgées, des établissements pour personnes handicapées et des hébergements d'urgence. Le montant de l'aide régionale fluctuera selon un système de bonus fonction de l'IDH2. Concrètement, l'opérateur qui envisage la construction d'un équipement médico-social percevra une aide plus importante s'il s'installe dans une commune dont l'IDH2 est inférieur à la moyenne. De la sorte, nous concentrons les aides sur les départements sous-dotés en équipements et les communes qui accueillent une population particulièrement défavorisée. Ce système sera expérimenté durant un an. On verra alors si ce critère continue à être utilisé pour cette politique et/ou s'il peut être décliné pour d'autres politiques.
Contexte, mode de calcul, cartographie de l'IDH2... sont à retrouver sur : www.mipes.org

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