| Lettre du cadre | Techni.Cités | Tessolidaire | Profession territoriale | Fiches pratiques | Dossiers d'experts | Classeurs |
Le magazine des professionnels de la gestion territoriale.
|
Le magazine des professionnels de la gestion territoriale.
|
A partir de : |
![]() |
Article du numéro 423 - 01 juin 2011
C'est une première dans l'histoire de l'association : deux listes s'affrontent pour l'élection au conseil d'administration de l'Association des administrateurs territoriaux de France. Ils sont en effet deux à briguer la succession du président sortant, Jean-Christophe Beaudouin : Marie-Francine François, DGS de la communauté d'agglomération du Pays de Montbéliard, et Laurent Roturier DGS de la ville de Bron. Quel est le sens de leur candidature ? Quel est leur projet pour l'association ? Quelle est leur vision du cadre d'emplois ? La Lettre du cadre leur a proposé de répondre aux mêmes questions. Le verdict aura lieu lors du congrès de l'Association, les 23 et 24 juin à Saint-Etienne. Tous les articles du numéro 423 |
Télécharger cet article en PDF
Marie-Francine François
AATF ensemble
Le blog de la liste : http://aatfensemble.canalblog.com/
Laurent Roturier
ATTF Innovation
Le blog de la liste : http://aatfinnovation2011.blogspot.com/
Marie-Francine François - Notre liste est portée par une partie des membres du bureau sortant, et s'inscrit résolument dans la continuité de l'action menée par l'association depuis sa création. Cette association a une histoire, a porté et porte toujours une vision forte du service public territorial, de ses spécificités et du rôle des administrateurs
Par ses prises de position, elle a contribué à faire ce qu'est aujourd'hui la formation des élèves administrateurs, a soutenu le développement de l'INET et elle a construit des passerelles avec les autres fonctions publiques et avec les autres organisations de cadres territoriaux. Elle porte aussi des propositions d'évolution du statut, par exemple l'an dernier auprès de la commission présidée par Philippe Laurent.
Nous voulons poursuivre ce travail, l'approfondir et mieux le faire connaître. Nous nous sommes fixé cinq axes de travail :
- renforcer la visibilité de l'association et affirmer la place du cadre d'emplois des administrateurs ;
- faciliter l'intégration et la mobilité professionnelle ;
- renforcer les échanges entre les administrateurs et dynamiser l'action des délégations régionales ;
- faire connaître nos métiers et renforcer l'attractivité du cadre d'emplois ;
- enfin, contribuer à la réflexion sur l'évolution de la société et ses conséquences sur la décentralisation et sur le rôle des collectivités.
Laurent Roturier - « AATF Innovation » est une liste paritaire, pluraliste, représentative des fonctions exercées aujourd'hui par les administratrices et les administrateurs, dans les collectivités territoriales mais aussi dans des organismes tels que les SDIS ou dans la fonction publique d'État.
Notre association, née en 1988, a atteint aujourd'hui une maturité certaine qui lui permet dans cette période précédant le Congrès de Saint-Etienne d'ouvrir un débat riche et approfondi, sur le rôle que nous voulons lui voir jouer dans l'avenir.
Pour nous, cette élection n'est donc pas celle d'une liste contre l'autre. Bien au contraire, il s'agit, l'une avec l'autre, de préparer le projet de l'association dans un climat de saine émulation démocratique. Tous les jours, nous recevons de nombreux témoignages de sympathie de collègues, qui se félicitent du fait que, grâce à cette première, on discute autant au sein de l'AATF en ce moment ! C'est d'ores et déjà un acquis important, gage de mobilisation renforcée d'un grand nombre de collègues pour l'avenir, dans le cadre d'une gouvernance s'adaptant à ces nouvelles attentes.
Mais cette aspiration au débat provient aussi vraisemblablement des remises en cause, nées ces dernières années, des fondements même du service public territorial en France et les membres de l'AATF savent combien il est nécessaire aujourd'hui de promouvoir l'action publique et de mieux faire connaître leurs actions, notamment auprès des associations d'élus.C'est la raison pour laquelle la liste « AATF Innovation » propose que notre association prenne, davantage encore, sa place dans le paysage public, comme « laboratoire d'idées et de propositions ».
En effet, la capacité de réflexion, d'expertise, et donc de force de proposition potentielle des administratrices et administrateurs est considérable et doit être exploitée au maximum. Concrètement, cette démarche reposera sur une réflexion menée au sein des différentes délégations volontaires, en lien avec le bureau et le conseil d'administration, à partir de sujets inscrits à l'agenda politique et social du pays, en recherchant le plus souvent possible les échanges avec nos collègues membres d'autres associations de territoriaux ou œuvrant dans les autres fonctions publiques.
Dans un contexte de réforme territoriale qui a laissé paradoxalement très peu de place à la voix des territoriaux jusqu'à aujourd'hui, la réaffirmation de la valeur d'un service de proximité à la population est un des axes de notre projet.
Les mois qui viennent, compte tenu de l'agenda politique de 2012 seront propices à l'émergence de débats structurants pour notre société. Nous y avons notre place, pour peu que nous sachions promouvoir les valeurs qui nous rassemblent.
MF F - Notre cadre d'emplois est encore jeune et reste moins bien connu que les corps comparables de l'État. Or, la connaissance est un préalable essentiel à la reconnaissance. Nous devons donc rendre les administrateurs toujours plus visibles, et nos efforts de conviction seuls ne suffiront pas. La politique de publication impulsée depuis quelques années doit se poursuivre, en lien avec l'INET. Le récent rapport sur la parité montre bien que les propositions que nous pouvons faire suscitent l'intérêt et le débat.
Pour l'avenir, je vois deux directions où porter nos efforts : notre présence auprès des associations d'élus (le travail sur la décentralisation que nous proposons de mener pourrait en être le vecteur) et auprès des commissions sur les réformes qui nous concernent. Je trouverais d'ailleurs logique que des cadres territoriaux, siègent dans ces commissions au même titre que les fonctionnaires de l'État.
LR - D'une plus large et meilleure reconnaissance, pour rester le plus attractif possible. Beaucoup a déjà été fait par celles et ceux qui ont animé l'association dans le passé, pour assurer la réussite de ce cadre d'emplois encore jeune. Pour autant, il sera nécessaire d'agir encore à l'avenir en lien étroit avec le CNFPT, pour soutenir les efforts faits pour promouvoir l'INET, qui favorise le développement des compétences de chacun, par une pédagogie originale basée sur la réussite des parcours individuels et collectifs de ses élèves, bien loin des discussions sur les vertus d'un classement de sortie.
Il existe en effet un fort enjeu pour assurer aux élèves issus de l'INET la meilleure intégration possible dans les métiers proposés par la FPT. Et dans des carrières de plus en plus longues, les nouvelles générations sont à la pointe d'une demande d'existence de véritables passerelles équitables permettant les mobilités vers la FPE par exemple.
Nous proposons également que les savoir-faire territoriaux permettent une ouverture internationale, par exemple en participant à la création d'une structure similaire à l'AATF au Maghreb, dans le cadre des liens tissés avec les stagiaires formés par l'INET et l'ENA de Tunis. En communiquant plus particulièrement sur la réussite des actions conduites au quotidien par les membres de l'AATF dans nos territoires, nous voulons donc promouvoir (et pas seulement défendre) ce cadre d'emplois.
MF F - L'AATF mène depuis longtemps des actions de promotion du concours : dans les IEP et dans de nombreuses universités, où la connaissance de cette carrière est moindre et l'autocensure plus grande. Cette action s'est étendue progressivement, en s'appuyant sur les collègues qui interviennent dans des formations et contribuent ainsi à faire connaître les métiers territoriaux. Nous nous associons aux élèves administrateurs pour apporter une information complète sur le concours, la formation, les métiers et la carrière.
Depuis deux ans, nous avons mis en place avec l'INET et les élèves administrateurs une organisation plus structurée. Il se trouve que je suis chargée, pour le bureau de l'association, de coordonner cette action. Nous avons recensé les formations susceptibles de conduire au concours. L'INET propose la tenue de réunions d'information et les élèves assurent les relances et l'organisation. Je me charge de trouver un administrateur en poste qui accepte d'aller parler de son métier. Globalement cette organisation a permis la tenue d'une vingtaine de réunions au cours de l'année universitaire 2010-2011.
Il faut maintenant poursuivre l'effort et élargir la cible, notamment pour mieux promouvoir le troisième concours. Pour cela nous aurons besoin de l'expérience des collègues qui en sont issus, et je compte bien les solliciter.
Enfin, nous devons continuer à rechercher avec le CNFPT le moyen de faciliter l'accès des cadres territoriaux au concours interne. Il y a aujourd'hui une réelle rupture d'égalité dans les conditions de préparation au concours entre les fonctionnaires de l'État et les fonctionnaires territoriaux, et beaucoup se découragent.
LR - Il est nécessaire que les futurs administra- (trices) teurs aient un excellent niveau de formation initiale, compte tenu des exigences de nos métiers. Le rôle des IEP et des universités reste et restera déterminant. Mais il est nécessaire d'agir en amont, pour élargir le plus possible le vivier de candidats potentiels sur la diversité de la société française d'aujourd'hui. Nous proposons donc de mieux faire connaître ces métiers par la présence identifiée d'un(e) référent(e) IEP-Universités dans les délégations régionales de l'AATF, qui soient ainsi en mesure de proposer un système de « parrainage » pour les étudiants intéressés par le concours. Nous souhaitons de la même manière favoriser l'accueil de nos collègues issus de la promotion interne et demain aider celles et ceux qui souhaiteront préparer le « tour extérieur ».
MF F - La démographie du cadre d'emplois évolue très rapidement : les générations fondatrices arrivent progressivement à la retraite, et nous intégrons chaque année un nombre important d'administrateurs issus du concours ou de la promotion interne. Il faut que chacun puisse se reconnaître dans l'association, dans son action et dans son projet, et donc que celles et ceux qui le souhaitent puissent s'exprimer.
C'est la raison pour laquelle nous voulons renforcer le rôle des délégations régionales, en leur proposant un cadre de travail plus formalisé. Le modèle ne peut pas être unique : il doit pouvoir s'adapter aux caractéristiques de chaque région. Il est plus difficile d'organiser une réunion régionale en Ile-de-France qu'en Franche-Comté, ne serait-ce que pour des raisons de taille et d'effectif.
Mais les régions doivent pouvoir proposer des thèmes de réflexion au bureau, ou travailler à quelques-unes sur un même projet. À l'inverse, le bureau devrait aussi définir chaque année un thème de travail et demander aux délégations d'y apporter leur contribution. Il faut sans doute aussi tirer davantage profit de la territorialisation des réseaux de recherche sur la décentralisation ou les politiques publiques et susciter des échanges plus nourris avec nos délégations régionales.
Ce sont les administrateurs eux-mêmes qui font vivre l'association. À chacun de définir comment il veut - ou pas - contribuer à la construction collective, car un réseau n'a de sens que s'il est porté par ses adhérents.
LR - Celui d'une ouverture la plus large possible sur la société dans toute sa diversité et sur les autres fonctions publiques, celui du développement de liens forts à tous les niveaux et notamment dans les délégations régionales avec les autres associations de cadres territoriaux, d'élu(e) s, pour être mieux reconnus... et pouvoir ainsi relever le défi de l'innovation.
Ne restons pas entre nous !
- Marie-Francine François, DGS, Pays de Montbéliard Agglomération
- Valérie Chatel, DGA, conseil général du Nord
- Marie-Louise Coquillaud, DGS, CA d'Orléans Val de Loire
- Jérémie Daussin-Charpantier, chef de projet, Agence Française de Développement
- Yann Guerrier, DGST, CA du Boulonnais
- Géraldine Hakim, directrice-adjointe, conseil général de l'Hérault
- Robert Limmois, conseiller auprès du président, CNFPT
- Béatrice Mérand, DGS, Ville et CA de Quimper
- Joël Neyen, DGS, conseil régional Midi-Pyrénées
- François Scarbonchi, DGA, conseil régional Poitou-Charentes
- Marie-Claude Sivagnanam-Fischer, responsable de mission, conseil général du Val-d'Oise
- Fabien Tastet, DGA, conseil général de l'Essonne
- Laurent Roturier, DGS, ville de Bron
- Chrystelle Audoit, DGA, ville de Bordeaux
- Philippe Laporte, DGS, ville de Périgueux
- Isabelle Dorliat, DGA, conseil général du Rhône
- Amaury Brandalise, chef de groupement, SDIS de la Gironde
- Céline Frey, DGA, ville de Mâcon
- Olivier Pernet, DGA, CA de La Rochelle
- Sophie Leduc, DGA, ville de Saint-Denis
- Cédric Grail, DGA, ville de Saint-Etienne
- Misoo Yoon, inspectrice des Finances, MINEFI
- Amaury de Barbeyrac, DGS, ville de Saint-Germain-en-Laye
- Anne Renault, directrice adjointe déléguée au développement des RH, conseil régional Nord - Pas-de-Calais

Votre panier est vide.