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Le magazine des professionnels de la gestion territoriale.
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Article du numéro 421 - 01 mai 2011
Rénover ou créer un nouveau quartier n'est pas sans risques. Ces opérations soulignent en effet souvent la différence avec des quartiers plus anciens, moins équipés. Pour additionner les valeurs et éviter d'opposer les lieux urbains entre eux, il importe de travailler sur les liens urbains. Tous les articles du numéro 421 |
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Concevoir un projet de territoire consiste à imaginer un cadre capable d'accueillir la vie urbaine future tout en participant à la qualifier. Et c'est en même temps rendre meilleure la vie d'aujourd'hui en améliorant la ville existante.
Or souvent un développement ici induit un affaiblissement là. Le rapport qu'entretiennent les centres avec les nouveaux quartiers en témoigne. Une alchimie subtile est donc nécessaire, qui organise l'évolution urbaine de tous les quartiers en même temps. Elle doit élaborer des actions d'accompagnement, phasées judicieusement, condition pour que les valeurs nouvelles s'additionnent à celles qui existent déjà, les préservent et les renforcent. Question de stratégie.
S'il faut lancer une dynamique dans une ville pour attirer partenaires et investisseurs, il faut améliorer en même temps la qualité de vie au quotidien. Si un nouveau quartier est construit, il doit participer à la valorisation de l'ensemble de la cité et non former une île. Pour cela, l'on doit cumuler ses effets urbains aux valeurs que forment, par exemple, les centres existants et se garder de les mettre en péril.
Un des éléments de cette mise en réseau, en lien, en équilibre est l'espace urbain. Il est un des leviers pour intégrer un nouveau quartier dans une ville grâce à sa capacité à assurer des continuités. L'on doit ainsi mettre en cohérence l'accessibilité au territoire par les multiples moyens de déplacement disponibles (la voiture, les transports collectifs, le vélo, la marche) et l'inscrire dans l'utilisation de l'espace.
La création de parcours permet de rendre réelles, concrètes les continuités ou complémentarités commerciales entre les quartiers existants et le nouveau site. Il faut éviter un déséquilibre entre ce qui est récent et donc neuf et ce qui est déjà là et parfois dans un état médiocre. Les périmètres des projets doivent donc s'étendre aux quartiers alentours pour remettre à niveau ce qui doit l'être (une rue, des sols, des plantations, la maintenance...), relier dans les faits ce qui existe à ce qui est nouveau.
La cohérence doit aussi se traduire dans l'utilisation de vocabulaires urbains similaires (des matériaux, des mobiliers, des modes de mises en œuvre...), dans l'application dans ce qui est nouveau des démarches lancées à l'échelle de la ville (la mise en lumière, la stratégie de mobilité, l'approche du végétal, les principes de développement durable, la dimension culturelle...).
La dimension sociale elle-même doit trouver sa place et des échanges entre quartiers anciens et en construction doivent être favorisés par les espaces publics, les équipements, les services offerts...
Mais l'ordre dans lequel les actions sont conduites est déterminant. Ainsi, à Saint-Denis, de multiples travaux autour du centre risquaient d'en rendre difficile l'accès et d'avoir pour conséquence la mise en danger de son dynamisme, notamment commercial. Il a donc été nécessaire de le rénover, de le rendre accueillant avant que les travaux ne commencent et que les perturbations n'arrivent. À présent les chantiers sont en cours, mais le centre est dynamique et vivant. En appui, un travail fin de coordination entre maîtres d'ouvrage est assuré pour que les chantiers soient organisés ainsi qu'ils préservent l'activité des quartiers traversés.

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