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Rater ses relations presse, mode d'emploi...

Article du numéro 418 - 15 mars 2011

Leader

Pierre Zimmer, conseil en communication, spécialiste des relations avec la presse et ancien journaliste à France Inter, au Monde et à L'Express, a co-écrit avec Bernard Giroux "Comment rater ses relations avec la presse". À l'usage de ceux qui souhaitent « saborder » leur plan média, ce manuel suggère quelques règles simples fondées sur l'expérience. Un antimanuel truffé d'exemples réels et d'anecdotes et un portrait sans concession de la "planète com".

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Vous intitulez votre ouvrage « Comment rater ses relations avec la presse ». Au-delà du clin d'½il, quel message souhaitiez-vous faire passer ?

Avec mon coauteur Bernard Giroux, nous n'avions pas envie d'écrire le énième livre pontifiant et ennuyeux qui aurait expliqué comment réussir à tous coups ses relations avec la presse. Au contraire, nous avons préféré opter pour la pédagogie du rire ou du sourire. Nous qui sommes ou avons été enseignants, savons que les matières dispensées sont plus faciles à mémoriser ainsi. Et puis, comme l'a dit Montesquieu, il faut traiter les sujets graves de façon légère et les sujets légers de façon grave, en montrant comment on peut planter totalement ses relations avec la presse et ce qu'il ne faut surtout pas faire en matière de communication, au travers d'exemples concrets et d'anecdotes vécues.

Le message subliminal est le suivant : les journalistes et les communicants sont aujourd'hui des adversaires. Le journaliste pense que le communicant va lui vendre sa « salade » alors que le communicant est persuadé que le journaliste ne connaît pas ses dossiers. Préjugés et malentendus les empêchent de travailler ensemble. Pourquoi ne pourraient-ils pas devenir partenaires en bonne intelligence ?


Les relations presse avec la PQR en province jouent un rôle de proximité important pour les collectivités. Pensez-vous qu'elles fassent courir les mêmes risques de dépendance, soumission... ?

La presse nationale et la presse quotidienne régionale ne remplissent pas les mêmes fonctions d'information. La première est généraliste, globale et distante. La seconde est ciblée, locale et proche. Ainsi, les relations avec les journalistes seront fondamentalement distinctes. Dans la presse nationale, le journaliste est une sorte d'icône intouchable voire inaccessible dont la principale occupation est de le rester. Il saute d'un sujet à l'autre, sans approfondir, faute de temps et d'espace. L'actualité est sa maîtresse intransigeante. En région, le journaliste est une personne abordable, près du terrain et des gens qu'il côtoie régulièrement. Le terroir est son maître docile. Ainsi, le comportement des communicants et des attaché(e) s de presse sera radicalement différent selon le type de presse ciblée.

Néanmoins, il y aura toujours des communicants débutants ou particulièrement retors qui appelleront les journalistes les jours de bouclage, à la mauvaise heure, ou bien tous les jours pour savoir si leur communiqué de presse, de la plus haute importance, a des chances de passer le lendemain dans le « support » du journaliste. Ça a le don d'agacer au plus haut point ce dernier qui travaille dans un organe de presse et pas dans un « support » accueillant de la publicité.


Quelles anecdotes vous viennent à l'esprit pour illustrer les limites ou les risques de ces relations ?

Une amie journaliste de radio prénommée Dominique me raconte que parfois des attaché(e)s de presse l'appellent et lui demandent sèchement de parler à ce journaliste : « Passez-le moi immédiatement, je LE connais très bien ». Ah, les prénoms mixtes !
Les journalistes souvent travaillent dans l'urgence. C'est leur lot. Leur déontologie les oblige à vérifier l'information qu'ils reçoivent. Ce n'est pas toujours le cas. Quand ils écrivent le nom de l'entreprise concurrente en lieu et place de l'entreprise qui leur a communiqué une information, l'accident industriel n'est pas loin.
Enfin, lorsqu'un(e) journaliste fait un reportage dans une usine, il n'est pas rare que l'attaché(e) de presse de l'entreprise soit un pot de colle insupportable, prêt à tenir la plume ou le micro du (de la) journaliste pour rédiger son papier. Quitte à confondre communication et information...


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