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Un modèle différent de microcrédit

Article du numéro 415 - 01 février 2011

Leader

Christian Sautter est ancien ministre de l'Économie, des Finances et de l'industrie. Adjoint au maire de Paris chargé du développement économique, de l'emploi et de l'attractivité internationale, il préside France Active depuis 2001. Cette association apporte un soutien technique et financier aux associations et aux entreprises solidaires, et favorise la création d'entreprises par des demandeurs d'emplois.
www.franceactive.org

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En quoi le modèle du « microcrédit bancaire garanti » défendu par France Active se distingue-t-il du microcrédit traditionnel ?

Les deux modèles partagent un objectif : permettre à une personne sans emploi, porteuse d'un projet de création d'entreprise, mais exclu des circuits de financement classiques, de trouver les ressources nécessaires à sa réalisation. Dans le cas du « microcrédit intermédié », le porteur de projet emprunte auprès d'un organisme qui a lui-même emprunté auprès d'une banque. Ce modèle pratique le plus souvent des taux d'intérêt élevés et fait appel aux cautions personnelles. France Active prône un modèle différent qui vise à impliquer la banque plutôt que de s'y substituer. Le microcrédit est accordé directement par la banque, qui est sécurisée par l'accompagnement et la garantie sur l'emprunt que nous apportons, et peut pratiquer des taux d'intérêt raisonnables et sans caution solidaire. En 2009, 78 % des crédits ont été obtenus à des taux d'intérêt inférieurs à 5 %.


En quoi cette inclusion bancaire est-elle déterminante ?

Avec l'accompagnement du créateur, c'est une clé essentielle pour que le projet devienne une entreprise pérenne. Il s'agit de financer des entreprises viables et non des créateurs qui, en raison de financements insuffisants ou trop chers, ne peuvent réaliser les investissements nécessaires à la viabilité de leur activité, la pérenniser et encore moins se rémunérer... Nous ne voulons pas transformer des chômeurs en entrepreneurs pauvres. 82 % des entreprises financées par France Active passent le cap des 5 ans.


On est loin du discours, l'auto-entrepreneuriat « solution » au chômage...

La création d'entreprise est une des solutions au chômage. Mais l'entrepreneuriat ne peut être la solution unique et globale. Encore faut-il en effet que le projet soit viable et que le plan de financement soit calibré pour que l'entreprise soit pérenne et assure un revenu décent au créateur. Et puis, sauf à nier la difficulté de l'exercice, on ne peut raisonnablement considérer que chacun puisse devenir un chef d'entreprise. En revanche, nous considérons que personne n'est inemployable ! C'est pourquoi nous finançons également les entreprises solidaires.


Quels partenariats développez-vous avec les collectivités ?

Nous travaillons avec les collectivités au développement et à la structuration de l'économie territoriale, c'est-à-dire une économie de proximité non exposée à la concurrence internationale. Services à la personne, éco-bâtiment, éco-recyclage... ces domaines connaîtront dans les dix ans à venir un formidable essor. Les collectivités contribuent d'ailleurs pour 29 % aux ressources de fonctionnement de notre réseau composé de 40 fonds territoriaux. Nous développons également avec elles 18 fonds régionaux d'investissement en faveur de l'ESS, les FRIS. Là encore, le mécanisme est celui de l'hybridation des ressources. Dans les Pays de la Loire, par exemple, où la région a investi 500 000 euros, en 2007, le Fonds a permis de mobiliser 5,8 millions d'euros de crédits bancaires en faveur de 79 entreprises de l'ESS. Grâce à un nouvel investissement du conseil régional en décembre dernier, le Fonds Pays de Loire Solidaire dispose d'un droit de tirage supplémentaire de 3,5 millions d'euros. C'est un formidable effet de levier pour les entreprises solidaires de la région !


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À découvrir
Les lettres d'information « Économie » et « Économie sociale et solidaire ».

À lire
- « Entreprises et collectivités : une ignorance partagée », La Lettre du cadre territorial n° 404, 1er juillet 2010
- « L'entrepreneuriat populaire : une réponse à la crise », La Lettre du cadre territorial n° 396, 1er mars 2010
- L'interview de Maria Nowak : « Permettre à chacun de créer son propre emploi », La Lettre du cadre territorial n° 350, 15 décembre 2007