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Article du numéro 405 - 15 juillet 2010
Il y a longtemps que l'on regrette l'incapacité des politiques à prendre les décisions nécessaires et à les faire appliquer. Malheureusement, les choses ne changent pas. À quand le sursaut ? Tous les articles du numéro 405 |
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Lors de la parution de l'un de ses ouvrages nous présentant « Ce qu'était De Gaulle », Alain Peyrefitte commentait, avec finesse et humour tout à la fois, le processus de définition de l'action publique à conduire adopté par le Général. Celui d'un moteur à quatre temps : à la phase de réflexion permettant de définir la politique à conduire succédait dans l'ordre celles de la rédaction apte à formaliser les orientations retenues, puis celle de la communication afin d'expliquer et de convaincre et enfin celle de l'action conduisant à la réalisation de la politique déterminée et retenue. Et il ajoutait, avec un brin d'ironie triste : « Aujourd'hui, les hommes politiques se contentent du troisième temps, quelques minutes avant le JT de 20 heures ! »
Triste constatation. Nous étions à la fin du XXe siècle.
Récemment, Régis Debray, dans une interview au Journal du Dimanche, regrettant la disparition des hommes d'épée et de plume comme l'était De Gaulle, déclarait : « La politique a décroché de l'Histoire. C'est le rendez-vous des médiocres. Ceux qui rêvent d'une voiture avec chauffeur ».
Triste confirmation. Nous sommes en 2010.
À quand le sursaut, face à la montée des périls ? Périls structurels et non conjoncturels et qui affectent progressivement toutes les données économiques, sociales, intellectuelles et politiques de la vie en société, individuellement ou collectivement considérée.
Il est plus que temps, en effet, que la politique redevienne ce qu'elle doit être, de par sa nature profonde, et qu'elle n'est plus, en quittant le seul terrain qu'elle occupe actuellement, celui, clinquant et brillant, de l'annonce médiatique. Il est impératif que le politique assume sa mission, celle de prendre la mesure des décisions à prendre, de les organiser, de les faire accepter et de les concrétiser vraiment. Vraiment et pas seulement en empilant des textes de lois souvent inadéquats, inapplicables ou inappliqués.
Que de révisions déchirantes à effectuer, que de réformes d'importance à mener à bonne fin ! Toutes choses égales par ailleurs, comme en 1959, après l'élaboration et la parution du rapport Armand-Rueff demandé, justement, par le Général De Gaulle.
Pour terminer, en recourant aux proverbes et aux axiomes émaillant souvent le bon sens populaire, « demain on rasera gratuit » ne doit plus être le maître mot de la pensée politique - à droite comme à gauche - ; « adopter la politique de l'autruche » ne doit plus caractériser l'action des responsables ; « faire la sourde oreille » ne doit plus être la réponse de la société et des citoyens.
Mais il se peut que, contrairement à l'adage, « l'habit fera le moine ». Ou, autrement dit, soyons optimistes et espérons que « la nécessité faisant loi », l'ampleur des difficultés actuelles, enracinées dans des décennies d'indécisions, redonnera de la vigueur et de la rigueur aux politiques et du sens comme de l'efficience à la politique.

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