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Le magazine des professionnels de la gestion territoriale.
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Article du numéro 403 - 15 juin 2010
Face à la mondialisation, « l'agir local » est encore une valeur sûre. Il y a là le moyen de construire des territoires où le vivre ensemble et la performance feront bon ménage. Tous les articles du numéro 403 |
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Hervé Sérieyx
hserieyx@libertysurf.fr
« Valeur ajoutée territoriale », « performance territoriale », « compétitivité territoriale », « Bonheur territorial brut » : la fréquence accrue de ces expressions dans les ouvrages ou les discours économiques ne traduit-elle pas une prise de conscience neuve des citoyens ? Celle d'une réalité nouvelle où une concurrence mondialisée dans laquelle l'Amérique et l'Asie semblent mieux parties que l'Europe, où la dictature du court terme engendrée par une économie financière sans morale et la multiplicité des occurrences brutales qui peuvent chambouler du tout au tout le destin des entreprises créent une conjonction d'incertitudes contre lesquelles un État de plus en plus impécunieux n'a plus guère les moyens de nous défendre.
Le territoire dans lequel on peut éprouver concrètement, pragmatiquement, charnellement une communauté de destin (bassin de vie, « pays », région) est ressenti dès lors comme une circonscription dans laquelle il est encore possible de
mobiliser une volonté collective, d'imaginer un avenir commun, de mailler ensemble toutes les énergies, tous les talents, toutes les compétences locales pour les mettre au service d'un projet partagé et tenter ainsi de s'affranchir, pour une part, des risques subis que nous fait courir dorénavant un monde devenu à ce point imprévisible.
Encore faut-il que les acteurs d'un même territoire veuillent et sachent construire et piloter ensemble une telle aventure, ce qui suppose une mutation des comportements (remise en cause de l'attitude Clochemerle - « ma ville passe avant la tienne » -, du syndrome d'Astérix - « ne mélangeons pas les acteurs publics et les acteurs privés » -, d'une conception hémiplégique de la politique - « je suis de droite, tu es de gauche, nous ne sommes pas du même monde » -, acceptation des différences, ouverture aux points de vue déviants etc.) et la maîtrise de méthodes rigoureuses qui ne font pas toujours partie du bagage des responsables politiques, administratifs et économiques du terrain (réflexion stratégique territoriale, conduite de projets, schéma directeur numérique, animation de réseaux, démarches d'innovation, GPEC territoriale...).
En tout cas, le territoire a le vent en poupe. Dans cette mondialisation, où « l'effet papillon » semble mener la danse et où des chaînes d'événements inattendus produisent de plus en plus des situations imprévisibles, l'endroit où nous vivons et les personnes avec lesquelles nous partageons le privilège d'y vivre composent un niveau d'action sur lequel il nous est encore possible d'agir librement et volontairement pour attirer investissements, emplois, chercheurs, centres d'excellence scientifique, technologique ou culturelle et pour « tricoter » ensemble toutes les ressources locales avec de bonnes chances d'obtenir des résultats heureux.
Dans l'amorçage et le pilotage de cette réflexion et de cette action collectives de tout un territoire prenant en main la définition et la maîtrise de son destin, les cadres territoriaux ont, bien sûr, un rôle éminent à jouer ; ce qui ne rend que plus urgents l'acquisition et l'approfondissement des outils méthodologiques indispensables pour exercer cette haute et nécessaire responsabilité.

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