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Article du numéro 403 - 15 juin 2010
Philippe Laurent est maire de Sceaux (SE), conseiller général des Hauts-de-Seine et vice-président de la communauté d'agglomération des Hauts-de-Bièvre. Il préside la commission Finances de l'AMF et est auteur de plusieurs ouvrages dont le dernier, paru en 2009, "Décentralisation : pour en finir avec les idées reçues" (Éd. LGDJ). |
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Philippe Laurent
est maire de Sceaux (SE), conseiller général des Hauts-de-Seine et vice-président de la communauté d'agglomération des Hauts-de-Bièvre. Il préside la commission Finances de l'AMF et est auteur de plusieurs ouvrages dont le dernier, paru en 2009, Décentralisation : pour en finir avec les idées reçues (Éd. LGDJ).
Son blog : http://leblogdephilippelaurent.typepad.com
Le droit pour les élus communaux de décider de l'avenir de l'organisation du territoire est intrinsèquement lié à l'existence de la commune. Remettre en question ce droit, c'est remettre en question l'identité communale elle-même, ses équilibres, ses paysages, etc. Le « rationnel » - apparent - ne fait pas toujours bon ménage avec l'« existentiel »...
Il existe déjà des formules possibles, comme les SCOT, qui permettent une approche territoriale de l'utilisation des sols dont les communes doivent tenir compte, mais qui ne vont pas jusqu'à définir la destination finale des sols ou les gabarits précis des constructions. Et puis, rien ne garantit qu'une intercommunalisation des PLU permettrait de lutter contre l'étalement urbain. C'est assez mal connaître le fonctionnement de nombreuses communautés, au consensus permanent, que de le penser !
La clé de la réussite de l'intercommunalité a toujours été le volontariat et la prééminence de la commune. Les communautés procèdent des communes et non l'inverse. L'expression « échelon intercommunal » est en elle-même erronée : il y a la commune, qui délègue une partie de ses compétences à un organisme ad hoc qui ne détient pas la même légitimité. N'inversons pas le processus. Si, à un moment donné - et ce moment ne me semble pas éloigné -, on ne se pose plus la question de ce qui est confié à la communauté, mais celle de la place de la commune dans la communauté, on basculera dans un conflit de légitimité qui sera source de blocage. Si les communes décident de confier l'élaboration de leur PLU à la communauté, de façon libre et en toute connaissance de cause, tant mieux. Mais que la loi les y oblige, s'agissant d'une compétence essentielle, provoquerait un choc en retour détruisant le fragile équilibre de l'édifice intercommunal.
Le gel des dotations me semble inévitable, à condition qu'on en exclue bien le FCTVA, qui correspond à un remboursement, et que ce gel ne soit que temporaire pendant la phase de redressement des comptes publics. Même s'il y a une contradiction flagrante entre le gel des ressources, la perte d'autonomie fiscale et la décentralisation. Quant aux critères de bonne gestion, j'attends avec intérêt de savoir qui les fixera : la DGCL, Bercy, Matignon, l'Élysée ? Pour ma part, je n'en connais que deux en gestion publique locale : le respect des règles et la sanction électorale.
Pour ou contre le transfert de la compétence urbanisme aux intercos ?
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