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Article du numéro 113 - 23 novembre 2009   - Réf. 1-2

L'actualité financière

Au terme d'une année exceptionnelle qui restera dans l'histoire économique, les collectivités locales doivent tout de même faire leurs courses. Des courses modestes puisque les flux d'emprunt seront en vif recul : à la classique temporisation post-électorale s'est ajouté un coup de frein « instinctif » en réflexe d'une ­crise qui violente les finances locales. Sagesse et réactivité des collectivités qui tranchent avec l'effondrement des finances étatiques symbolisé par la flambée de la dette nationale. Que ce soit à court ou long terme, les conditions d'accès se sont améliorées tout au long de l'année, récompensant une fois de plus ceux qui ont su être patients et qui appliquent une véritable stratégie indépendante du joug bancaire.

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Fondamental de la gestion de dette : de quoi ai-je besoin ?

Ne pas se laisser porter par la conjoncture ou par les banquiers est essentiel. Une ­dette territoriale doit être équilibrée entre taux fixes et taux variables, voire majoritairement flottante quand les taux fixes sont très chers comme depuis trois ans. C'est malheureusement rarement le cas et la rigidification de la dette est une erreur souvent commise, notamment depuis l'essor des produits structurés très largement construits pour abaisser le coût des taux fixes. On sait maintenant que cette baisse ne peut être qu'éphémère et que le surcoût guette.
La stratégie est donc claire, notamment pour les collectivités qui sont majoritairement exposées en taux fixe : il faut faire du taux variable et réciproquement.


Taux variable : la validation d'une stratégie pertinente

Le niveau actuel des taux variables exceptionnellement bas n'est pas ­pérenne : il ne peut justifier en soi une sou­daine atti­rance pour les taux flottants. En revanche, il permet de rappeler, ­comme nous n'avons eu de cesse de le ­faire depuis trois ans, qu'un taux variable varie à la hausse, ce qui a été le cas, mais aussi à la baisse.
Depuis dix ans, un prêt indexé sur Euribor 3 mois ou 12 mois offre un coût moyen nettement plus modeste qu'un prêt à taux fixe réalisé au même moment ; et même que les meilleurs taux fixes long terme réalisés. C'est indéniablement la stratégie qui a offert sur la dernière décennie le meilleur ratio coût/risque. Depuis 1999, un prêt à taux variable a présenté une facture moyenne de 3,40 % ; depuis 2001, de 3,10 %, et ce, alors que la période ­actuelle est évidemment opportune pour les index monétaires.

Les prêts à taux variable bénéficient dorénavant de marges à la baisse reflétant un retour à la normale des marchés monétaires.
Après avoir atteint des sommets fin 2008 et début 2009, les marges facturées par les banquiers qui ont pu grimper jusqu'à 150-200 points de base, fondent et se situent dorénavant entre 0,50 % et 1 %. Une large part est donc laissée à la négociation.
Deuxième point de vigilance : les pénalités de remboursement anticipé qui n'ont aucune justification sur ce type de prêts et que les banquiers glissent dans les contrats pour figer des marges historiquement élevées. L'emploi du pluriel pour les banquiers est d'ailleurs inexact : un seul pratique cette carabistouille : Dexia, qui décidément ne renonce jamais à abuser les collectivités. On n'est pas numéro 1 par hasard !


Des taux fixes tentants

Pour les collectivités qui ont encore de la place pour des taux fixes, le marché devient porteur. Nous n'avons eu de cesse dans ces colonnes de prôner la gestion pluriannuelle des taux fixes et que le bon taux fixe, ce n'est pas celui qui est le plus bas d'une consultation de dix établissements s'il ressort à 4,80 % ou même 4,50 %. Le bon taux fixe, c'est celui qui est fait au bon moment quand les taux longs autorisent de vraies opportunités, ce que l'on n'avait pas vu depuis trois ans.

On peut dorénavant emprunter à 4 % et moins sur quinze ans annuités constantes et c'est, à nos yeux, la barrière entre les bons et mauvais taux fixes.
Les collectivités qui respectent cette stratégie ne le regrettent pas : leurs taux variables ont généré une rémunération ­moyenne largement inférieure à 4 %, leurs frais financiers se sont écroulés depuis le début de l'année et elles peuvent dorénavant engranger des taux fixes de qualité. Vu le niveau des taux, les produits structurés sont moins présents sur les flux nouveaux, mais toujours proposés en réaménagements.
Inutile de préciser qu'on n'en voit pas l'intérêt a fortiori dans une conjoncture qui a démontré le machiavélisme de ces produits.

Enfin, ce qui caractérise le marché des collectivités est dorénavant une pluralité d'acteurs puisqu'au-delà des traditionnels banquiers locaux, BNP ou Banque populaire répondent, ainsi que les banques étrangères : que les collectivités toujours libres de faire ce qu'elles veulent profitent de cette belle et saine concurrence !