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II • Honneurs militaires

Fiche pratique n° 15 L’ORGANISATION D’UNE RANDONNÉE DE LA MÉMOIRE

 


 

En juillet 2012, nous inaugurions dans l’Yonne les premiers chemins sur les lieux de maquis, une première dans un département profondément marqué par la mémoire de la Résistance comme en témoigne le nombre important de monuments commémoratifs qui jalonnent les routes et sentiers.

 

Pour en savoir plus sur ces chemins de la Mémoire, consulter le site http://www.arory.com et l’application Guidigo, « Chemin des stèles, d’Aillant à Bleury ».


 

Fin 2012, un comité de suivi des chemins de la Résistance était créé. Ses membres eurent l’idée d’organiser en juin 2013 un événement qui inviterait le plus grand nombre à venir marcher sur les pas des maquisards tout en honorant la mémoire de ceux qui ont combattu pour la liberté, valeur inaliénable de notre démocratie. L’idée de la randonnée était née, encore fallait-il l’organiser.

Aussi, enrichis de cette première expérience, nous proposons dans cette fiche quelques pistes qui devraient aider tous ceux que l’organisation d’une randonnée de la Mémoire intéresse.

 

A - Préparation de la randonnée

 

1/ Pertinence du tracé du parcours : il doit correspondre à un réel intérêt historique. Vous pouvez choisir un chemin forestier conduisant vers un lieu de maquis ou un sentier à travers champs menant vers un lieu de parachutage. Mais vous pouvez tout aussi bien proposer une promenade à travers la ville pour découvrir l’ensemble des monuments commémoratifs. Pour juger de la pertinence historique d’un parcours, il est donc conseillé de solliciter les connaissances d’un(e) spécialiste de la résistance locale. L’AERI1, les archives départementales voire l’Office national des anciens combattants pourront vous aider dans vos démarches.

 

2/ Balisage du tracé : à la différence d’une promenade urbaine, une randonnée dans la campagne doit faire l’objet d’un balisage sérieux. Il est préférable de faire appel à des baliseurs agréés par la Fédération française de randonnée pédestre. Ils faciliteront l’inscription de votre parcours au PDIPR2.

 

3/ Randonnée et animations : il s’agit d’un concept très en vogue qui permet de redynamiser une randonnée « classique ». En effet, en proposant des animations contextualisées, la randonnée devient plus attractive, instructive et interactive. Toutefois, une randonnée animée n’est pas un simple défilé de véhicules d’époque et de figurants armés ! La randonnée animée doit proposer la mise en scène des événements historiques, par la lecture des témoignages, elle doit aussi donner vie aux personnages qui ont marqué la mémoire collective. Aussi pour toutes ces raisons, il est nécessaire de solliciter les compétences de professionnels. Seul un metteur en scène saura choisir, diriger les comédiens, saura surprendre, émouvoir le public tout en le divertissant. Toutefois, il devra collaborer avec un conseiller historique lequel lui fournira la matière première nécessaire (documents d’archives, écriture des dialogues…) pour élaborer une conduite des animations qui soit la plus fidèle d’un point de vue historique. Car dans la randonnée animée, c’est le théâtre qui doit se mettre au service de l’Histoire et non l’inverse !

 

4/ Contacter des collectionneurs : c’est nécessaire pour le prêt d’uniformes d’époque, de véhicules emblématiques comme la célèbre Traction, d’armes comme la Sten, mitraillette anglaise la plus parachutée en France… Après une recherche rapide sur Internet, il est facile de recenser les clubs spécialisés dans la reconstitution de la seconde guerre mondiale.

 

5/ Ne pas négliger la sécurité : surtout dans le cadre des parcours urbains, il est indispensable de réguler la circulation automobile par des arrêtés municipaux surtout aux abords des lieux où se dérouleront les animations.

Pensez également à contacter un service d’assistance médicale tel que la Croix rouge, surtout pour les randonnées en campagne.

 

B - Promotion de la randonnée

 

1/ Les supports publicitaires : pour réaliser un dossier promotionnel, les affiches, les dépliants et autres invitations, il faut s’adresser aux services compétents en matière de graphisme. Surtout ne négligez pas ce point, l’image est importante, c’est elle qui donnera envie au public de participer à la randonnée. Pensez également aux partenaires, vous pourrez plus aisément les convaincre en leur présentant un dossier qui mettra en valeur votre projet.

 

2/ Les médias : la presse locale, les radios voire les télévisions locales sont évidemment à contacter. La création d’une page sur les réseaux sociaux annonçant la randonnée est assurément un plus.

 


C - Déroulement de la randonnée

 

1/ Accueil du public : on privilégiera l’emplacement d’un monument emblématique de la Résistance. On peut choisir également un lieu accessible et disposant, si possible, d’une d’aire de stationnement. Dans tous les cas, pensez à matérialiser le départ de la randonnée par un panneau ou une affiche.

Pour favoriser la mise en contexte historique, il est important que les participants à la randonnée soient accueillis par un guide (si possible le conseiller historique) habillé en maquisard. Sonorisé, il présentera les objectifs de la randonnée, n’oubliera pas de citer tous les partenaires du projet. Ensuite, il distribuera un programme soit sous forme de tract, soit sous la forme d’un journal de maquis. Le randonneur doit pouvoir avoir accès aux informations essentielles que sont le tracé de la randonnée, le kilométrage ainsi que des informations historiques.

 

2/ Conduite de la randonnée : elle sera assurée par le guide, lequel s’efforcera d’adopter un rythme adapté aussi bien aux randonneurs confirmés qu’aux marcheurs occasionnels. Il est important de maintenir l’unité du groupe afin que chacun puisse apprécier sereinement les animations et écouter les commentaires historiques du guide.

 

3/ Quelques exemples d’animations (randonnée de la Mémoire du 16 juin 2013, sur les traces d’un maquis de la Ferté-Loupière, Yonne)

 

Photo 1 (Droits ARORY) - Plus de 300 randonneurs répondant à « l’appel du 16 juin » ont pris le maquis !


 

Photo 2 (DR, graphisme F. Joffre.) - Programme sous forme de journal de maquis


 


Photo 3 (DR) - Les Feldgendarmes recherchent des maquisards


 

Photo 4 (DR) - Passage d’une Vivastella (Renault) conduite par des résistants FFI


 

Photo 5 (DR) - Lecture d’une lettre d’un résistant fusillé


 


Photo 6 (DR) - Maquisard poursuivi par les soldats allemands


 

Photo 7 (DR) - Arrestation d’un groupe de résistants


 


Remarque
Après chaque animation, le guide proposera des commentaires historiques qui permettront de mettre en perspective l’événement venant d’être mis en scène (témoignages, réception parachutage, attaque de maquis…). Il est donc important de choisir un guide maîtrisant son sujet !


 

4/ Fin de la randonnée : organisation d’un vin d’honneur

 

C’est l’occasion des discours des officiels et de tous les représentants des soutiens qui ont permis l’organisation de la randonnée. Mais c’est aussi un moment de convivialité qu’il convient d’apprécier à sa juste valeur. En effet, il permet à tous, participants, comédiens et organisateurs, d’échanger voire pour certains de livrer des témoignages.

 

D - Bilan de la manifestation

 

Dès septembre, le Comité de suivi des chemins de la Résistance se réunissait pour tirer un bilan de la randonnée et évoquer les grandes lignes de la prochaine édition. Cette première randonnée de la Mémoire dans l’Yonne a attiré plus de 300 personnes ! Certes les conditions climatiques favorables du jour ont favorisé cette affluence record. Mais on peut penser que beaucoup de familles ont été attirées par le concept novateur de la randonnée animée menant vers un lieu historique.

 

Toutefois, les organisateurs n’avaient pas prévu un nombre aussi important de participants d’où un désagrément majeur : la perte de la proximité entre les comédiens et le public. La solution pourrait être de proposer deux randonnées au lieu d’une sur un même week-end ce qui permettrait de limiter le nombre de participants à 150 et donc de gérer plus facilement le nombre.

 


Enfin, en décembre 2013, un film de la randonnée d’une durée de 20 minutes a été projeté devant une centaine de personnes qui ont pu redécouvrir, ou découvrir pour certaines, les animations proposées lors de la randonnée. Mais ce film était aussi l’occasion de recueillir les impressions des participants. La majorité d’entre eux a éprouvé la sensation d’avoir été immergée pendant quelques heures dans l’histoire. Beaucoup ont aussi apprécié d’avoir pu partager en famille un moment autant agréable qu’instructif. Finalement, les organisateurs ont donné rendez-vous en 2014 pour participer à la prochaine édition prévue l’année de la commémoration des 70 ans de la Libération.

 


Astuces
 
- Proposez un parcours accessible, une boucle de préférence avec départ et arrivée au même endroit, sans grand dénivelé et d’une distance raisonnable, pas plus de 6 km ! C’est l’assurance d’attirer un large public qui dépassera le simple cadre des randonneurs confirmés.
- Faites correspondre le jour de la randonnée avec une date historique : par exemple le 8 mai, les 6 et 18 juin ou la période de la Libération vers la fin août.
- Pratique ! Pour les randonnées urbaines, proposez un système de navette pour transporter les personnes âgées.
- Créez un partenariat avec une agence départementale de développement du tourisme. Elle pourra prendre en charge tous les aspects logistiques, de la réservation à la promotion de la randonnée !
- Invitez des témoins de la Résistance au vin d’honneur et encouragez-les à témoigner ! C’est autant instructif qu’enrichissant surtout pour les plus jeunes, les citoyens de demain qui ne manqueront pas de venir en famille.

 


E - Conclusion

 

Au final, l’organisation d’une randonnée de la Mémoire nécessite plusieurs mois de travail ainsi qu’un investissement financier non négligeable mais cela en vaut la peine tant elle semble correspondre aux attentes d’un public qui aime marcher tout en découvrant une période de l’Histoire.

 

Aussi, au-delà de l’hommage rendu aux héros de la Résistance, chaque participant à la randonnée Mémoire pourra s’interroger sur l’attitude à adopter face aux périls qui mettent en danger la démocratie. N’est-ce pas là un moyen de réveiller, ou d’éveiller chez les plus jeunes, les consciences citoyennes ?

 

Thierry Roblin

Professeur d’histoire, coordonnateur du Comité de suivi des chemins de la résistance dans l’Yonne
et chercheur au sein de l’ARORY (Association de recherches sur l’occupation et la résistance dans l’Yonne)

 


 

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