consultation guide des usages, du protocole et des relations publiques

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II • Réussir sa prise de parole

Fiche pratique n° 3 DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE ET CONSULTATION GRAND PUBLIC

 

Une action de démocratie participative, ou consultation des habitants, nécessite méthodologie et rigueur pour en garantir l’efficacité et la crédibilité.

Pour éviter toute démagogie ou populisme, il ne s’agira en aucun cas d’ouvrir une page blanche pour demander aux électeurs ce que les élus doivent faire. Un maire ou un président de collectivité territoriale a été élu sur un programme, sur une volonté politique qui dessine les contours de son action.

La consultation de la population permet en revanche de déterminer un ordre de priorité dans la mise en œuvre des actions, sachant que l’état des finances publiques ne permet pas de tout mener de front.

 

A - L’esprit et la règle

 

1. Pourquoi engager une action de démocratie participative ?

 

Pour :

- apporter la preuve par l’exemple d’une volonté d’écoute, de dialogue et de concertation sur un territoire considéré ;

- engager une stratégie de communication ascendante, de la population vers les élus, puis de communication descendante lors de la restitution des résultats ;

- renforcer la crédibilité de ceux qui sont à l’initiative de la consultation pour proposer une vie meilleure aux habitants en adéquation avec leurs attentes au quotidien ;

- favoriser un dialogue, entre les générations au sein de la cellule familiale, sur ce qui devrait être fait pour améliorer la vie de chacun et préparer l’avenir des plus jeunes ;

- les élus sont dans leur rôle – avoir un projet de gouvernance – les répondants choisissent en termes de priorité d’action et de réalisation.

 

2. La valeur, technique et politique, d’une consultation

 

- Placer l’action de la collectivité au cœur de la vie quotidienne des habitants à un moment où il est difficile de savoir qui fait quoi entre la mairie, le département et la région.

- Cerner précisément les attentes et les besoins de la population au regard des propositions exprimées par les élus, toujours en termes de priorité.

- Hiérarchiser ces attentes et déterminer en conséquence les priorités d’actions de la collectivité, toujours dans le cadre de son programme.

- Dresser un état des lieux de l’opinion à l’égard de son cadre de vie et apporter un jugement sur les faiblesses en termes d’aménagement et d’équipements.

- Démontrer que la collectivité intervient déjà dans tous les domaines constitutifs de la vie des habitants et que les élus ont une vision pour l’avenir du territoire.

- Plus le taux de participation à la consultation est élevé, plus la légitimité de la collectivité a engager les actions retenues est forte.

- Une consultation peut avoir valeur de référendum (chacun choisit de soutenir, ou pas, un projet qui lui est proposé).

 

3. Les outils de la consultation

 

- Une lettre jointe au questionnaire, à la signature du maire ou du président de la collectivité expliquera les enjeux de la consultation et l’intérêt qu’ont les administrés à participer à cette action de concertation.

- Un questionnaire organisé par grandes thématiques (économie et emploi, culture et loisirs, éducation et insertion…), clair, en couleurs et illustré de photos représentatives de ce qu’est le territoire de la collectivité et proposant des questions fermées.

- Un mode d’emploi du questionnaire : comment remplir les questions ? quand et comment renvoyer le questionnaire ? les temps forts de l’opération.

- Des renseignements permettant de mieux identifier les répondants (sexe, âge, situation familiale…), tout en respectant l’anonymat, pour un traitement et une analyse fine des résultats.

- Un nombre limité de questions (base 15) permettra d’éviter toute lassitude du répondant et démontrera les axes prioritaires de la mandature.

 


 

4. Règles de la consultation

 

- Déterminer les propositions concrètes des élus dans chaque thématique proposée (éducation, transport, environnement…).

- Confronter ces propositions (période de concertation) avec tous ceux qui ont une légitimité de représentation et une expertise professionnelle (expérience professionnelle, action sur le terrain, mandat électif).

- Valider un questionnaire qui soit compréhensible par tous les publics en évitant les termes trop techniques et les questions trop générales ou à double entrée.

- Ne proposer que des actions qui sont techniquement, financièrement et institutionnellement réalisables.

- Traiter exclusivement des sujets qui concernent l’institution et dont le champ d’action se limite aux frontières de la collectivité.

- Rédiger un questionnaire qui se rapproche d’une aide à la réflexion personnelle, à une discussion, alternant des questions simples et rapides.

- Organiser un dispositif de communication, indispensable pour que chacun ait connaissance de la consultation et en favoriser ainsi le taux de participation.

- Assurer le SAV de l’opération par les élus, canton par canton ou quartier par quartier, pour en expliquer la finalité, apporter un complément d’information et rassurer sur l’exploitation qui sera faite des résultats.

- Traiter les questionnaires de façon totalement anonyme, idéalement par un institut de sondage, dans le respect de la loi « Informatique et libertés ».

- S’engager, dès le lancement de l’opération, à communiquer les résultats lors d’une réunion publique, sur le site Internet de la collectivité et/ou dans sa publication.

 

5. Les clés du succès

 

- Qualité : rédiger un questionnaire clair, attractif, concret et novateur.

- Rigueur : méthodologie de mise en œuvre et pédagogie sur la finalité de l’opération pour favoriser la participation (communication + enveloppe T + présence terrain).

- Crédibilité : analyse et traitement des données collectées par un institut de sondage.

- Transparence : restitution de l’intégralité des résultats pour une mise en œuvre immédiate des mesures plébiscitées par les répondants.

 

B - Mode d’emploi de la réalisation d’une consultation en sept étapes

 

1/ Constitution d’un comité de pilotage constitué d’élus et de techniciens :

- sélection des grandes thématiques (environnement, transport, sport, solidarité…) qui devront structurer la consultation ;

- identification de premières propositions concrètes qui vont enrichir les thématiques.

 

2/ Concertation des élus avec les instances représentatives, syndicales et professionnelles :

- synthèse de la concertation et réécriture du questionnaire ;

- séminaire des élus ;

- réécriture du questionnaire ;

- choix d’une signature générique pour l’ensemble de l’opération.

 

3/ Sélection d’un institut de sondage et validation technique du questionnaire :

- écriture finalisée du questionnaire ;

- rédaction d’un carton d’invitation pour l’ensemble des réunions publiques sur la consultation ;

- écriture de la lettre d’accompagnement du questionnaire ;

- stratégie de communication (message ; supports ; calendrier ; budget) ;

- signature d’une autorisation « enveloppe T » avec La Poste ;

- réservation de l’espace publicitaire ;

- maquette des documents.

 

4/ Validation et BAT sur l’ensemble du dispositif :

- impression et diffusion des documents ;

- campagne de relations presse.

 

5/ Temps de la consultation (base 3 semaines) :

- numéro spécial du magazine de la collectivité ;

- campagne de communication ;

- réunions d’information sur le terrain.

 

6/ Analyse des résultats par l’institut de sondage :

- commentaires des élus sur chaque thème ;

- sélection d’attentes exprimées prioritairement par la population, pour instruction par les services et inscription au budget de la collectivité.

 


7/ Maquette du document de restitution des résultats :

- présentation des résultats à l’assemblée d’élus ;

- diffusion d’un numéro spécial du magazine de la collectivité sur les résultats de la consultation ;

- convention grand public sur la présentation des résultats.

 

C - Boîte aux questions

 

1. Consultation ou sondage ?

 

- Un sondage ne concerne qu’une infime partie de la population (environ 700 personnes)… une consultation concerne potentiellement tout le monde.

- Un sondage est secret… une consultation permet à tout le monde de donner son avis et de mettre le territoire en mouvement.

- Un sondage ne permet pas le dialogue… une consultation fait l’objet d’une réflexion collective et familiale.

- Un sondage ne repose que sur un nombre très limité de questions… une consultation permet d’aborder tous les sujets avec des questions ouvertes et fermées.

- Un sondage est ponctuel… une consultation donne du temps aux élus et aux répondants.

 

2. Une consultation est-elle une opération politique ?

 

- Une consultation bien menée n’est pas une opération de politique politicienne ; c’est une agora moderne, un moyen d’engager un dialogue collectif et constructif pour répondre aux questions qui concernent chacun dans sa vie au quotidien.

- Une consultation exprime un projet pour un territoire, c’est le devoir des élus locaux que d’avoir une vision sur l’avenir du territoire dont ils ont la responsabilité.

 

3. Combien coûte une consultation ?

 

- Les moyens de communication utilisés pour assurer la notoriété de l’opération sont ceux habituellement utilisés par le service communication.

- Le coût essentiel de l’opération, essentiel mais non chiffrable, est celui du temps passé par les élus – pour présenter la consultation – et celui consacré par chaque répondant, pour y répondre.

- Principaux postes budgétaires à provisionner : l’intervention d’un institut de sondage, les frais postaux pour l’enveloppe T et le coût d’impression des documents (lettre, questionnaire, enveloppe T).

 

Paul CONSTANS

Paul Constans Consultants

 

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