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Article du numéro 400 - 01 mai 2010
La question des armes nucléaires revient sur le devant de la scène. Notamment depuis un fameux discours du nouveau président des USA, prix Nobel de la Paix, à Prague. Ce débat public mondial comporte des enjeux locaux bien réels et, symétriquement, il appelle des actions locales nécessaires aux solutions globales. Tous les articles du numéro 400 |
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Michel Cibot
DGS de la ville de Malakoff
Délégué général de l'AFCDRP et membre de la commission française pour l'Unesco
mcibot@ville-malakoff.fr
La question des armes nucléaires nous interpelle tous. Par exemple : comment traiter de développement durable, et nous le faisons tous, si nous oublions la menace de telles armes sur l'environnement, la santé, la tranquillité, la vie des habitants de nos collectivités ? Quatre des principes de Rio nous invitent à entrer dans ce débat.
Véritable « révolution dans la nature des armes » selon les stratèges de la guerre moderne, la bombe atomique a cette particularité de laisser peu de place aux controverses scientifiques. Les effets d'un conflit engageant le feu nucléaire sont clairs : à grande échelle, les principales villes du monde disparaissent, contaminées pour longtemps, et la survie humaine est en jeu. Serait-ce la seule façon imaginée par nos intelligences pour en finir avec les guerres ? Quant à un éventuel usage limité, il produira des effets incompatibles avec les droits de l'homme et même avec les « lois de la guerre » d'après Solférino.
L'article 6 du traité sur la non-prolifération (TNP) en conclut que l'élimination des armes nucléaires est nécessaire. On nous objectera la dissuasion : la bombe ne sera jamais utilisée... sauf qu'elle l'a été deux fois ! À quoi s'ajoutent les essais effectués de par le monde. L'opération « Gerboise bleue » et ses contaminations radioactives doivent nous servir de repère ! De tout cela il sera question en mai prochain à la conférence de révision du TNP.
Le réseau des maires pour la paix, animé par les villes d'Hiroshima et de Nagasaki travaille avec ténacité en vue de l'application de l'article 6 du TNP. Près de quatre mille collectivités de 143 pays le soutiennent ainsi que CGLU (Cités et gouvernements locaux unis) et sa commission « diplomatie des villes ».
En France, depuis quelques années l'AFCDRP (Association française des communes, départements et régions pour la paix) participe à ce réseau. Elle a rencontré de nombreux ambassadeurs chargés des négociations sur le TNP. Elle a enregistré avec satisfaction les prises de position nouvelles et récentes d'hommes politiques comme Michel Rocard, Alain Juppé, Alain Richard, Paul Quilès... Mais notre pays reste peu créatif. Faut-il rappeler que nous avons ratifié le TNP ? Malgré cela, nous soutenons trop timidement les petits pas de Barack Obama. Ainsi, nous obstinons-nous à moderniser l'arsenal (M51) et à refuser le « no first use », même quand il s'agit de ne pas viser un pays non détenteur d'armes nucléaires.
Nous savons qu'en cette matière, les pouvoirs locaux sont limités. Mais les citoyens s'interrogent et les collectivités locales ont un devoir d'animation de tous les débats publics importants. L'AFCDRP propose des outils d'action concrets. Elle diffuse la pétition « Nos villes ne sont pas des cibles » (www.afcdrp.com). Il faudra du temps... 2020 ou 2030 ? Avant, nous devrons poser d'autres questions : Comment la perspective d'une destruction totale influence-t-elle le présent ? Günther Anders, philosophe, parle « d'obsolescence » de l'Homme... vaste question qu'il est urgent d'explorer... Nous y trouverons matière à mieux comprendre bien des violences et bien des malaises du monde.

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