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"Favoriser l'autonomie des jeunes"

Article du numéro 398 - 01 avril 2010

Leader

Guillaume Macher sociologue, a suivi pendant trois ans des adolescents du Val-de-Marne. Il en sort un livre sur la place des ados dans la société, dont les acteurs publics et locaux doivent s'inspirer pour mieux appréhender cet âge multiforme.

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Guillaume Macher

Guillaume Macher
sociologue, a suivi pendant trois ans des adolescents du Val-de-Marne. Il en sort un livre sur la place des ados dans la société, dont les acteurs publics et locaux doivent s'inspirer pour mieux appréhender cet âge multiforme.


Comment les collectivités du Val-de-Marne, où vous avez enquêté, traitent-elles de la problématique de l'adolescence ?

Elles y sont venues de manière directe, à partir du dispositif sur les temps de vie. Après s'être penchées sur la double journée des femmes, elles étudient aujourd'hui le temps de vie des adolescents. Elles sont au début de leur réflexion. Sur Vitry, la commune où j'ai essentiellement travaillé, le service jeunesse réfléchit aux moyens d'aménager les horaires des services publics en direction des jeunes. Le grand défi reste de diriger les jeunes vers des dispositifs mais sans les contraindre.


Comment expliquez-vous que l'adolescence échappe aux dispositifs publics des collectivités ?

Les élus ont en effet du mal à appréhender la manière dont les adolescents interviennent dans l'espace public. C'est lié au fait que l'adolescence est difficile à insérer dans une tranche d'âge. Proposer des réductions aux jeunes pour aller à un concert est une bonne chose mais ce sont surtout les parents qui bénéficieront desdites réductions. Le plus important est éventuellement de réfléchir à la manière de transporter les jeunes sur place. Prenons le cas des TIC. Les jeunes les aiment, c'est un vecteur social, ils sont très branchés sur les réseaux. Ce sont donc aux collectivités d'occuper ce champ. Les jeunes se meuvent sur ce type de réseaux horizontaux. Ils ne sont pas systématiquement en opposition avec les adultes.


Et l'esprit MJC des années quatre-vingt s'est-il prolongé dans les centres sociaux ? Les jeunes les fréquentent-ils ?

Il serait bon que les centres sociaux se « relookent » quelque peu. Les MJC ou les foyers ruraux offraient des espaces vastes où les jeunes pouvaient se retrouver pour passer d'une activité à une autre. Le centre social est plus contraignant. Le grand défi est de parvenir à ce que les jeunes se prennent en charge eux-mêmes, qu'ils soient les acteurs de leurs activités au sein des services publics sans qu'ils aient le sentiment d'une tutelle adulte trop contraignante. Généralement, l'ado est perçu dans ses aspects dérangeants, il incarne un risque de délinquance, de perturbation de l'espace public, d'incivilités. Du collège au lycée, pendant les vacances, il faut être en mesure de proposer aux jeunes des activités dans lesquelles ils sont les plus réactifs. C'est le principe d'une autonomie qui se fait en marchant, en quelque sorte.
Les collectivités publiques doivent être en mesure de concurrencer les McDo ou les centres commerciaux où les jeunes se sentent à l'aise, ont l'habitude de se retrouver. Ils seraient réceptifs, ils n'ont pas d'opposition automatique à des propositions. Elles n'existent généralement pas, il faut les inventer.


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