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Prévention de la délinquance : généraliser les bonnes pratiques

Article du numéro 397 - 15 mars 2010

Leader

Jean-Marie Bockel Ancien député, maire de Mulhouse depuis 1989 et président de la communauté d'agglomération Mulhouse Sud Alsace, Jean-Marie Bockel est secrétaire d'État auprès de la ministre de la Justice et des Libertés.

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Jean-Marie Bockel
Ancien député, maire de Mulhouse depuis 1989 et président de la communauté d'agglomération Mulhouse Sud Alsace,
Jean-Marie Bockel est secrétaire d'État auprès de la ministre de la Justice et des Libertés.


Parmi les 60 propositions du rapport et les bonnes pratiques qui y sont présentées, lesquelles vous semblent les plus intéressantes ? Pouvez-vous donner quelques exemples des bonnes pratiques ?

Je pense que tout ce qui concourt à décloisonner les différents acteurs et à les amener à travailler entre eux de manière plus transversale pour atteindre un même objectif - la prévention de la délinquance des jeunes mineurs et des jeunes majeurs - est le plus important. On a toujours un peu ce défaut, en France, d'être traditionnellement très cloisonnés. Mais la délinquance a changé, ces questions ont évolué.
Il y a sept ans, à Mulhouse, j'ai mis en œuvre les coordinations territoriales, avec pour objectif le traitement en temps réel dès qu'un acte prédélinquant ou un premier acte est commis. Il faut avoir la capacité de le détecter et de réagir ensemble, tant au niveau de l'auteur, de sa famille que de la victime.
Il y a un aspect très concret qui fait l'originalité de cette expérimentation, c'est le secret partagé, objet de débats à plusieurs reprises. À Mulhouse, nous le pratiquons avec des magistrats, des policiers, des acteurs sociaux, mais avec une déontologie stricte qui en sept ans n'a jamais été transgressée.
Un autre exemple concerne tout ce qui relève de l'école des parents. Que les parents soient en demande d'un soutien ou qu'ils soient contraints, ne se rendant pas compte de la gravité des actes commis par leurs enfants, à reprendre les choses en main par un juge qui les estime déresponsabilisés, il s'agit de dire « vous êtes responsables des faits commis par vos enfants, vous avez une responsabilité y compris pénale ». Le juge peut décider de faire suivre un stage aux parents et d'instaurer un suivi, une évaluation du comportement parental. On vous tend la main, mais on le fait de manière parfois contraignante.


Vous évoquez un socle commun des politiques de prévention de la délinquance : quel pourrait-il être ?

Je ne suis pas demandeur d'une grande loi. J'attache autant d'importance aux bonnes pratiques et à la capacité que nous avons de les étendre qu'à une loi qui réglerait tout. Le socle commun, c'est, au fond, cette idée de bonnes pratiques. Qu'elles existent déjà à titre expérimental ou qu'elles soient à inventer, il faut qu'elles fassent l'objet de démarches innovantes avec ou sans la loi.


Quel est l'objectif de la simplification et de la clarification de la coopération entre les acteurs locaux de la prévention ?

Il faut que cela devienne simple, naturel, et que ce ne soit pas une démarche difficile, exigeant d'obtenir des autorisations en cascade, ni que l'on soit confronté à des réticences idéologiques de ceux qui considèrent que l'école est un sanctuaire et qui ne veulent pas travailler avec l'extérieur. C'est vrai, l'école est un sanctuaire, mais dans le sens où il ne doit pas y avoir de délinquance, il ne doit pas y avoir d'intrusion. Mais ce n'est pas un sanctuaire au sens où il serait interdit d'y travailler ensemble.


Un rapport, des propositions

Jean-Marie Bockel a reçu le 18 février dernier un rapport sur la prévention de la délinquance des mineurs, remis par Jean-Yves Ruetsch, responsable du service « Prévention Citoyenneté » de la ville de Mulhouse. Ce rapport identifie les bonnes initiatives locales en matière de prévention de la délinquance et présente une série de propositions.
Téléchargez le rapport


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