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Veillée d'armes à Versailles

Article du numéro 396 - 01 mars 2010

Urbanisme

Depuis des mois, la ville de Versailles et le promoteur Nexity s'opposaient sur l'aménagement d'un nouveau projet de ville. Le conflit vient de se terminer par un accord mutuel, mais chacun garde un fer au feu. On peut être tombé d'accord et continuer à se méfier.

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La ville de Versailles et le promoteur Nexity viennent d'éviter un procès au tribunal. Après plusieurs mois de tractations, les deux entités ont fini par trouver un apport commun concernant une zone d'aménagement concerté. Bilan : la ville économise 25 millions d'euros sur les près de 45 prévus. Une économie réalisée grâce à cette âpre renégociation du projet mais aussi à une aide de 6 millions d'euros de l'État et du département.
Lancé en 2000 par l'ancien maire Étienne Pinte, le projet prévoyait la création d'un nouveau quartier avec une gare transformée, des bureaux, des logements et un multiplex. En 2008, François de Mazières (DVD), qui s'était opposé à une partie du projet de la ZAC, notamment la question du multiplex, devient maire : « La renégociation du projet faisait partie de mes engagements de campagne, assure le premier magistrat. Ce que j'ai fait. Nous sommes parvenus à simplifier le projet sans le minimiser. »


Une épée de Damoclès

À l'automne dernier, Nexity menaçait de déposer un recours auprès du tribunal administratif si la ville ne payait pas 16 millions d'euros correspondant au « blocage » du projet en raison des permis de construire non délivrés. Le promoteur avait alors donné deux mois à la ville pour s'acquitter de sa dette. Les négociations n'aboutissant pas, le promoteur a effectué le 24 décembre un recours devant le TA.
Mais un accord a été trouvé en début d'année et le nouveau projet a été présenté lors du conseil municipal du 14 janvier dernier. « C'est un projet important pour notre équipe, explique François de Mazières. Il n'était pas question de l'abandonner mais de le retravailler car la ville n'a pas les moyens de débourser 45 millions d'euros. Le projet est désormais simplifié. Il permet à chacun de partir sur de nouvelles bases. Assurant que le promoteur parvient à « un taux de marge identique à l'ancien projet », le maire souligne que la négociation a permis de diminuer les coûts des travaux et de réduire les charges qui incombaient à la ville. Le multiplex a disparu, « ce qui évitera la concurrence avec les cinémas du centre-ville ». Parallèlement, les surfaces commerciales ont été diminuées et la proportion de bureaux et de logements a été renforcée. Le projet passe ainsi de 53 000 à 40 000 mètres carrés.


Paix armée

Le projet est donc relancé : les premiers travaux sont en cours. Une seconde tranche débutera sous peu, mais elle implique notamment une modification du plan local d'urbanisme. Si tout va bien, les premiers permis de construire devraient être délivrés d'ici à 2012, avec deux ans de retard sur le calendrier prévisionnel.
Cependant, après des mois de rapports de force, les adversaires n'ont pas déposé les armes. La machine judiciaire est toujours en marche : Nexity n'a pas retiré son recours devant le tribunal administratif et la ville en a déposé un de son côté. Les recours maintenus, cela permet à chacun de conserver ses outils juridiques. « C'est une garantie de sécurité », assure François de Mazières. Une paix armée en quelques sorte...


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