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Collectivités et entreprises : les relations se tendent

Article du numéro 394 - 01 février 2010

Conjoncture

Délais de paiement allongés et plus grandes exigences d'un côté,
retour à des pratiques monopolistiques, mais sur de nouveaux
marchés de l'autre. Le paysage des relations entre les grandes
entreprises et les collectivités est en train de changer.

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La baisse des lignes de crédits consacrées aux investissements de voirie ou de bâtiments commence à inquiéter sérieusement nombre d'entreprises du BTP. Si les communautés de communes ou d'agglomération ont encore des budgets d'investissements élevés, des arrêts massifs et des reports des départements sont autant de signaux d'alerte. Des années blanches en matière de cofinancement de programmes d'investissements dans le cadre de contrats liant des départements et des communautés ont même parfois été clairement annoncées.


Des tensions confirmées

Mais à côté de cette forme « plutôt classique » que certains analysent comme faisant partie d'un « cycle électoral », des signaux plus inquiétants remontent au niveau des directions de certains majors du BTP et de concessionnaires ou délégataires de service public.
Le mois de décembre a ainsi vu des départements demander explicitement ou implicitement des délais de paiement quant à la facturation de certains services effectués dans le cadre d'une DSP. Ces faits précis donnent plus de « crédibilité » (vu du côté des entreprises) à ce qui pouvait ressembler à des « gesticulations préélectorales » du président de l'ADF, Claudy Lebreton, qui essaie d'obtenir un rendez-vous urgent auprès du président de la République sur la situation très difficile de nombre de départements.
La confirmation de ces « tensions », qui touchent particulièrement des départements ruraux, étonne encore certaines entreprises qui pensaient jusqu'à présent, qu'avec la montée du RSA, les départements plus urbains seraient plus touchés.


Des marges qui se tendent

Les réponses aux appels d'offres dans les domaines du bâtiment et de la voirie n'ont jamais été aussi basses ces dernières années au point où l'on se demande aujourd'hui quel est le prix véritable d'une prestation. Pour les DSP, on observe toujours que d'importantes sociétés multiservices n'hésitent pas à casser les prix pour obtenir des parts de marchés et des positions dominantes dans nombre de départements. La tentation est forte chez nombre d'élus d'accepter ces propositions, même s'ils savent que les lendemains risquent d'être difficiles, quand des monopoles de fait se seront constitués sur certaines régions ou départements.
On peut observer ainsi que certains « majors » tendent à abandonner des secteurs entiers d'activités où ils étaient très présents depuis de nombreuses années au profit d'autres secteurs en développement comme les transports, où leurs offres sont « assez surprenantes » aux dires de leurs concurrents.

Mais si les prix des prestations se stabilisent, voire diminuent par rapport aux années précédentes, c'est aussi, affirment des responsables de groupes privés, parce que les collectivités se sont donné des moyens et des compétences pour négocier et surveiller l'exécution de certains marchés. Pour les collectivités, l'heure est à la diminution du temps de délégation et à la recherche de marges de man½uvre dans tous les domaines. De plus en plus, l'investissement dans des capacités d'expertise propres sur des secteurs clefs devient un axe stratégique fort dont le temps de retour est rapide. Enfin, les regroupements intercommunaux, parfois plus larges que les seuls EPCI, poussent aux développement de groupements d'achats qui pèsent sur les prix.