Tous les dessins d'actu

Envoyer Envoyer à un ami

La Lettre du cadre territorial

Le magazine des professionnels de la gestion territoriale.

Accueil > Presse en ligne > Lettre du cadre

La Lettre du Cadre Territorial

Le magazine des professionnels de la gestion territoriale.
Bimensuel de plus de 120 pages, à destination des cadres A+, A et B, filière administrative.

Ajouter au panier Vous abonner (voir tarif )
(Règlement par CB, chèque bancaire ou mandat administratif)

A partir de :

63 €

Pour un service maximum

Article du numéro 391 - 01 décembre 2009

Repères

Chaque journée de grève coûte une fortune à notre appareil productif. Il faut inventer des alternatives à la grève et permettre aux syndicats d'être plus représentatifs. Ces nouvelles solutions existent : il n'y a qu'à les généraliser.

Envoyer cette page à un ami

Soyez le premier à rédiger un commentaire !

Tous les articles du numéro 391


Télécharger cet article en PDF

Michel Godet,
professeur au CNAM -
michel.godet@laprospective.fr

Le débat sur le service minimum dans les entreprises publiques et les administrations est récurrent. La grève est un droit (et même parfois un devoir) mais la liberté de travailler et de se déplacer en est un autre. Les coûts pour la collectivité sont parfois exorbitants : chaque journée de grève de transports publics en Ile-de-France équivaut à une perte de production de richesse de 400 millions d'euros d'après l'Insee.


Légaliser les grèves positives donnant un service maximum

Le droit de grève est là pour gêner le patron et ce dernier n'est pas nécessairement l'État si la gestion du service public a été concédée. Gêner le patron pourrait, par exemple, dans le domaine des transports, consister à faire voyager les usagers gratuitement. De telles grèves positives seraient forcément populaires et n'entraveraient pas le service public. Mais les syndicats sont contraints de s'y opposer, car la « grève de la pince » est, d'après les textes, considérée comme une faute professionnelle, alors qu'il est légal d'empêcher les citoyens de se déplacer pour travailler ! C'est donc bien les textes qu'il faut revoir, pour légaliser le principe des grèves positives et imposer un service qui ne serait plus minimum mais maximum (puisque dans les transports le passager aurait le service gratuit sans compter le lien social et les échanges avec les personnels en grève amenés à parler de leur situation).

Qu'attendent les dirigeants syndicaux pour réclamer cette légalisation ? À l'Élysée et à Matignon, on affirme que jamais les syndicats n'ont exprimé ce v½u, même au moment du débat sur le service minimum dans les services publics. La sortie par le haut de cette impasse hypocrite est connue et, une fois légalisée, serait populaire et facile à appliquer dans les transports. Dans l'éducation, les solutions sont moins évidentes car les plus pénalisés par les grèves des enseignants sont d'abord les élèves les plus en difficulté qui auraient de toutes façons besoin d'un service maximum en permanence.


Le chèque syndical pour renforcer la représentativité

Pour éviter les conflits et progresser dans la nécessaire concertation entre les partenaires sociaux, il faut des syndicats puissants et soucieux de l'intérêt général. La réforme récente de la représentativité syndicale a largement profité à la CGT et à la CFDT au grand dam des autres syndicats. Il n'empêche que les syndicats restent peu représentatifs (moins de 8 % des salariés en France contre 30 % en Allemagne) et surtout (pour 60 %) implantés dans la fonction publique et les entreprises publiques de transports et d'énergie : il y a urgence car les syndicats seront d'autant moins corporatistes qu'ils seront puissants et représentatifs de l'ensemble des travailleurs.

Pour retrouver le chemin de l'engagement des travailleurs autour de syndicats soucieux de leur base électorale, nous proposons de généraliser le chèque syndical déjà en vigueur chez AXA : l'entreprise donne aux travailleurs un équivalent chèque d'adhésion au syndicat de son choix. Libre au travailleur d'utiliser ou non ce chèque qui autrement est perdu. Ce dispositif a permis d'améliorer la participation et les syndicats, au départ plutôt réticents, en reconnaissent les effets vertueux. Ils forcent les uns et les autres à être plus à l'écoute des attentes réelles de la base électorale et à avancer, au-delà des slogans généraux, des propositions constructives et opérationnelles. On pourrait d'ailleurs reprendre cette idée sur le plan politique en donnant un chèque de citoyenneté à ceux qui remplissent leur devoir électoral.


Mon panier

Votre panier est vide.