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Transport au menu... et à la carte

Article du numéro 389 - 01 novembre 2009

Boîte à outils

Boom du transport à la demande (le « TAD »), gratuité plus ou moins généralisée, calculateurs et sites internet de transport, réseaux entièrement repensés, les collectivités locales innovent sans cesse en matière de déplacement. En milieu rural, en moyenne ou grande agglomération, les mesures destinées à favoriser les modes de transport « doux » se bousculent.

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Augmentation de la population ­urbaine, fin de la suprématie de la voiture, apparition de nouvelles façons de se déplacer et de nouveaux services, explosion de la fréquentation des transports publics : les comportements des Français évoluent. Les 22es Rencontres nationales du transport ­public organisées en novembre prochain à Nice se saisiront d'ailleurs d'une question qui fait l'actualité : « Faire face à la demande de transport public : vers une nouvelle mobilité ». Un sondage (1) pour le compte de l'UTP, a montré que les déplacements en transport public en ville sont enfin plébiscités par les Français : 75 % de nos concitoyens ­vivant dans les agglomérations de plus de 50 000 habitants, émettent des ­jugements négatifs sur les ­déplacements en voiture. Pour améliorer la ­vitesse commerciale des transports ­publics, 36 % demandent la création de lignes express et 27 % réclament des voies réservées.


Solutions multiformes

Départements urbains, ruraux, communautés de communes, agglos... les collectivités ne négligent aucune piste quand il s'agit de transports. À l'image du conseil général de l'Isère qui communique sur les solutions multimodales proposées aux habitants : « Circulez en toute liberté », titre une campagne départementale incitant ses habitants à profiter de l'abonnement combiné Transports en commun (TAG, Transisère, SNCF) et Alpes-­AutoPartage » (véhicules accessibles 24 h/24 à proximité des réseaux).
La communauté d'agglomération d'Agen (sept communes, 63 000 habitants) offre, de son côté, un nouveau réseau de transport urbain plus étoffé avec des prix stables. Le réseau Transbus compte dorénavant six lignes ­régulières, deux lignes TER, un service de transport et d'accompagnement de personnes à mobilité réduite, et enfin, onze lignes scolaires, dont six nouvelles. Un véritable réseau de bus ­urbains cadencés sur un territoire ­rural, c'est le défi récemment relevé par la communauté d'agglomération du Grand Dole. Pour 30 euros par an (20 euros pour les moins de 26 ans), ce service bénéficie à tous les habitants qui choisiront d'utiliser TGD (transport du Grand Dole), le nouveau ­réseau de bus urbains des quarante et une communes de la communauté d'agglo.


Gratuité ou prix symbolique

Autre levier utilisé : celui du prix. Parfois, la gratuité totale est de rigueur (lire encadré). À ce jour, une douzaine de collectivités seulement ont franchi le pas. Ailleurs, on choisit de proposer un tarif symbolique. Dans les Pyrénées-Orientales, une nouvelle tarification à 1 euro est mise en œuvre depuis près d'un an, permettant aux quelque mille voyageurs par jour du réseau de réaliser de sensibles économies. Cette opération complète notamment le dispositif de transport à la demande afin de permettre aux communes les plus reculées d'être en lien, au moins une fois par semaine, avec le bourg le plus proche.
Enfin, le pays Couserans a, il y a peu, mis en place une plateforme de mobilité pour faciliter les déplacements des habitants de cette zone rurale. Elle ­regroupe quatre services sur un même site : la location de véhicules pour les demandeurs d'emploi et un atelier ­mécanique associatif où chacun peut apprendre les bases de la mécanique et dispose des outils pour entretenir ou réparer les véhicules.

1. Sondage réalisé du 12 au 18 novembre 2008, ­auprès d'un échantillon de mille personnes, dans des agglomérations de plus de 50 000 habitants.


À lire
Sur www.lettreducadre.fr, rubrique « au sommaire du dernier numéro » : « La gratuité des transports avance lentement », La Lettre du cadre territorial n° 369, 15 nov. 2008.

Pour aller plus loin
« La mobilité durable - Les aides aux transports urbains », « La création et le fonctionnement d'un syndicat mixte de transport », des ouvrage de Territorial Éditions. Sommaire et commande sur http://librairie.territorial.fr rubrique « Essentiel sur ».


« La gratuité est une solution adaptée »

Alain Belviso,
président de la communauté d'agglomération du Pays d'Aubagne et de l'Étoile.

« Notre ambition est, depuis longtemps, de favoriser le transport public pour faire reculer le tout-voiture. Or, nous avons la conviction que ce choix de la gratuité représente une solution environnementale adaptée à notre territoire et efficace pour nos problématiques de déplacements. Avec la gratuité, nous voulons créer une dynamique pour répondre à la fois aux besoins des populations et aux enjeux environnementaux. Les maires des douze communes du territoire ont été unanimes pour porter ce choix fort et le rendre effectif et cela sans augmenter la fiscalité des ménages. C'est en effet via le versement transport des entreprises que nous réussissons à financer cette mesure qui bénéficie à tous. En quelques mois, les résultats dépassent nos prévisions les plus optimistes. L'objectif affiché était d'augmenter le nombre de voyageurs de 50 % d'ici 2011 et de plus de 80 % à l'horizon 2017. Et bien, depuis la mise en place de la gratuité, le 15 mai 2009, la fréquentation a augmenté de 64 % sur l'ensemble du réseau. Pour le seul mois d'août 2009, l'augmentation a été de 92 % par rapport à août 2008 ».


« Offrir un service égalitaire et harmonieux »

Christian Ferullo,
vice-président en charge de l'Éducation et des Transports scolaires au conseil général du Lot-et-Garonne

« Avant la réforme des transports scolaires engagée par le département de Lot-et-Garonne, il existait de nombreuses disparités dans ce domaine. Les familles devaient s'acquitter des frais de transports scolaires, variant de 27 à 550 euros. Nous avons souhaité rendre ce service plus juste et conforter le pouvoir d'achat en cette période de crise. La gratuité des transports scolaires répond à plusieurs enjeux :
- l'équité, puisque la règle du jeu est désormais la même pour tous ;
- la cohérence, car tous les élèves sont concernés, qu'ils soient transportés en service spécialisé, en ligne régulière départementale ou en service SNCF ;
- la maîtrise, car la gratuité se veut responsable ; c'est pourquoi le département a choisi de conserver la sectorisation de la carte scolaire pour veiller à la fréquentation des établissements et d'instaurer des frais d'inscription modiques pour s'assurer de la régularité de l'utilisation des transports ;
- la proximité, en maintenant un partenariat fort avec les organisateurs secondaires pour assurer une relation étroite avec les familles au niveau local.

Après plus d'un mois de fonctionnement, le premier bilan se veut positif. Le nombre d'élèves transportés gratuitement est sensiblement le même que pour l'année 2008-2009, ce qui prouve que le cadre défini est bien maîtrisé. En terme de financement, la participation du conseil général n'est guère plus importante puisque le département finançait l'ancien système à hauteur de 85 %. C'est donc une réelle satisfaction et cette réforme était nécessaire pour offrir un service, qui encore une fois, se veut plus égalitaire et harmonieux pour tous les Lot-et-Garonnais ».


Saint-Nazaire refond son réseau

La forme a valeur de symbole :
c'est dans un bus-expo itinérant que les habitants des dix communes de la Carene, la communauté d'agglomération de Saint-Nazaire (44), sont invités à donner leur avis sur la refonte totale du réseau de bus qui se trame. Détruite au sortir de la deuxième Guerre mondiale, l'agglo a été entièrement reconstruite pour la voiture : l'air du temps exigeait larges avenues et stationnement aisé. Résultat : 4 % seulement des déplacements y sont aujourd'hui effectués en bus (contre le double à Lorient, par exemple). Les bouchons restent rares et limités, mais d'ici à 2015, la ville pourrait accueillir 100 000 déplacements quotidiens supplémentaires (+ 21 %), selon la Carene. Pour répondre aux nouveaux besoins, l'agglomération s'appuiera sur la création d'une toute nouvelle ligne rapide, une « épine dorsale », avant septembre 2010. Sorte de busway, en site propre par endroits, elle desservira, en dix-huit stations, la gare, le centre-ville, la cité scolaire. Les habitants peuvent donner leur avis sur quatre tronçons du tracé, qu'une animation vidéo permet d'ailleurs de découvrir dans le bus-expo. Le réseau devrait être totalement restructuré d'ici à 2012.