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Pour une dynamique métropolitaine

Article du numéro 388 - 15 octobre 2009

Leader

Jean-Yves Le Bouillonnec est maire de Cachan et député du Val-de-Marne. Il a été élu pour un an président de Paris Métropole en juin 2009, lors de la création de ce syndicat mixte d'études, fort d'une centaine de membres et doté d'un budget d'un million d'euros.

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Jean-Yves Le Bouillonnec
est maire de Cachan
et député du Val-de-Marne.
Il a été élu pour un an président de Paris Métropole en juin 2009,
lors de la création de ce syndicat mixte d'études,
fort d'une centaine de membres et doté d'un budget d'un million d'euros.


Le Grand Paris doit-il se gouverner seul ou avec l'État, parce que c'est une région capitale ?

Tout d'abord, je remarque que la notion de Grand Paris devient une formule, tant chacun y met le contenu qu'il souhaite, des stratégies d'architectes qui nous conduisent jusqu'à la mer, jusqu'aux hypothèses de transports de Christian Blanc. Les élus de Paris Métropole, eux, parlent de dynamique métropolitaine. Cela suppose une reconnaissance de l'autorité et des compétences que la loi donne aux différentes collectivités. Cela ouvre également la possibilité de faire évoluer ces compétences dans le sens d'une meilleure gouvernance.
Il y a donc pour Paris Métropole un intérêt de l'État, qui reconnaît l'originalité et l'intérêt de cette démarche d'élus, mais dans le même temps - et cela provoque un grand trouble des élus y compris de la majorité - on assiste à une reprise en main de l'État sur les compétences et l'organisation institutionnelle des agglomérations. C'est d'autant plus troublant que l'État s'abstient de préciser son engagement financier.


Paris Métropole doit-il être dirigé par une majorité politique ou fonctionner au consensus, comme nombre d'intercos ?

Paris Métropole n'assure aucune maîtrise d'ouvrage. C'est un syndicat d'études, un  ­espace de débat et de travail, éventuellement de définition d'objectifs. Il affirme la volonté d'un espace politique non pas neutralisé, mais qui respecte chacun. Il y a ainsi un processus intégral d'alternance à sa présidence, une répartition paritaire pour l'ensemble des formations politique. Les statuts prévoient également que l'accueil de nouveaux membres provoque une mise à niveau des institutions pour préserver l'équilibre politique. Paris Métropole n'a de sens que s'il reflète et entretient la diversité ­politique. C'est pour cela que je m'active beaucoup pour que des élus de la majorité franchissent le pas et nous rejoignent.


Paris Métropole doit-il évoluer vers une institution de type communauté urbaine ou rester un syndicat d'étude ?

Nous avons une vocation de syndicat d'étude. Mais nous devrons un jour porter une réflexion sur la gouvernance de notre territoire métropolitain. Paris Métropole ne deviendra pas forcément cet outil de gouvernance, mais c'est sûrement lui qui permettra à tous les élus, avec l'État, de travailler aux différentes hypothèses.


Cette évolution ne va-t-elle pas buter sur les égoïsmes locaux et le refus de certaines villes de partager leurs ressources financières ou leur territoire ?


Évidemment, une partie de la disparité des ­situations de la région vient des égoïsmes, notamment en matières de logement. La ­région Ile-de-France ne doit pas être une ­exception institutionnelle à la décentralisation, mais elle présente de grandes difficultés d'application, notamment en matière d'intercommunalité. La loi n'est donc sûrement pas très adaptée à cette situation. Elle a même contribué à renforcer les disparités, notamment en permettant la création de communautés d'agglomération d'aubaine regroupant les « riches » pour préserver leurs intérêts.
C'est pour cela que nous faisons Paris ­Métropole : on ne résoudra les problèmes que si on construit des solutions plus ­cohérentes. Je défends ainsi depuis des années une compétence régionale large en matière de logement pour une action efficace de prescription, de stratégie, de ­financement, voire de sanctions. La particularité du territoire francilien ne doit donc pas nous faire exclure certains principes de la décentralisation. À partir d'une autre logique de rapports entre collectivité, nous pouvons ­reconstruire une stratégie de cohérence dans laquelle les égoïsmes seront, si ce n'est supprimés, au moins réduits.


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